L’information commence à dater, mais elle est importante à mettre en exergue. Ces derniers mois ou ces dernières années, des élus LFI ont fait des déclarations souhaitant l’élection d’europarlementaires, de conseillers municipaux ou de maires « racisés ». Ce sont en particulier Eric Coquerel puis Sébastien Delogu qui se sont illustrés en ce sens, apportant la énième preuve de ce que répète Bernard Anthony, fondateur et président émérite de l’Agrif : l’antiracisme est un racisme en sens contraire.
Une phrase a beaucoup circulé dans les médias de droite en janvier, après avoir été citée fin décembre sur des comptes de réseaux sociaux. Ils attribuaient à Eric Coquerel le propos suivant : « Il faut que les prochains maires de toutes les villes du 93, par exemple, ils aient la couleur de peau des habitants du 93. »
Coquerel et Delogu ont un nouveau mantra
Voilà des mots dont le caractère « raciste » est difficile à contester, puisqu’ils excluent une grande partie de la population française en voulant faire déterminer les choix politiques par la couleur de peau des candidats.
On aurait pu imaginer des poursuites du Parquet. Il semble que cette phrase, mise en circulation sans source très précise, ne soit pas très récente. Une vidéo non datée réalisée par « Cyclope » où le député LFI la prononce effectivement a été publiée fin décembre sur les réseaux sociaux. Coquerel y affirmait quelques secondes plus tôt : « Il va y avoir des élections européennes et municipales. » Il y a eu effectivement des européennes en 2019 et des municipales en 2020, il est donc raisonnable de penser que la vidéo date de 2019. Toute action judiciaire invoquant la législation antiraciste est donc impossible, puisque le délai de prescription dans ce cadre est d’un an.
En 2019, Coquerel avait déjà déclaré à Marianne : « Il faut que les candidats du 93 aient la couleur de peau des gens qui vivent dans le 93 », ce qui allait encore plus loin, puisqu’il s’agissait carrément de suggérer que certaines couleurs de peau soient exclues, à moins qu’il ne soit question d’un système de quotas qui est interdit par la loi en France, tout comme les statistiques raciales. D’ailleurs, n’est-il pas officiellement entendu que « les races n’existent pas » ?
Sébastien Delogu : « Une opportunité en or qu’enfin un racisé dirige »
Le Parisien rapportait le 30 décembre dernier des propos voisins de Sébastien Delogu en vue des élections de mars 2026. Celui-ci était venu soutenir la candidature de l’insoumis Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis et Pierrefitte en déclarant : « Vous avez une opportunité en or qu’enfin un racisé dirige ces deux villes et fasse en sorte que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici. »
Le « réel peuple de France » ? Reprendre le pouvoir ? On aura noté qu’on dépasse ici le simple communautarisme. Il s’agit bel et bien d’affirmer une sorte de légitimité supérieure des racisés qui devraient, bizarrement, revenir aux affaires dans des lieux définis, et l’illégitimité symétrique des Blancs dans les « quartiers populaires », dont il est confirmé que ce sont des quartiers ethniques.
Dépassé, le communautarisme est pourtant bien toujours présent, pour ne pas dire la préparation de la libanisation comme l’écrivait ici Pauline Mille. On suppose que Delogu considère Marseille comme une ville encore ethniquement à majorité blanche, puisque ce « caucasien » y était candidat et qu’il s’y est même retiré face à Benoît Payan…
Raciser le peuple par et pour un grand remplacement politique
Devant le tollé que les propos de Sébastien Delogu avaient déclenché dans ce que LFI appelle la « fachosphère » et la « droite anciennement républicaine » (ce sont les mots d’Eric Coquerel), ce dernier a réagi le 2 janvier :
« Oui, LFI assume d’être l’outil des classes populaires pour lutter contre toutes les discriminations qu’elles subissent. Cela revient aussi à ce que nos listes représentent toute leur diversité et à s’en dire satisfaits quand nous commençons à y parvenir. Dans cet objectif, il n’y a que les racistes qui ne comprennent pas que l’un des nôtres espère que la grande ville populaire qu’est Saint-Denis ait un maire “racisé”. »
Là, le commentaire est plus prudent, un peu plus sobre que sa sortie sur la couleur de peau des maires. Le président LFI de la Commission des finances à l’Assemblée n’en suggère pas moins que « populaire » et « racisé » sont des mots qui se recoupent.
C’est le « grand remplacement » du peuple de France au niveau de la politique, la naissance d’un « populisme » acceptable et en quelque sorte blanchi en tout sauf la couleur.











