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Déjeuner Fillon-Sarkozy :
A la recherche du plan A ou du plan B ?

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La presse l’attaque, la justice le menace, la fronde de ses amis demande sa démission et une autre candidature, le plan B : en sollicitant de Nicolas Sarkozy un déjeuner, François Fillon avoue son désarroi. Recherche-t-il auprès de son rival comment maintenir le plan A ou une sortie honorable ?
 
Il y a des saisons comme ça où l’anticyclone ne veut pas venir. Le ciel continue à tomber sur la tête de François Fillon, révélation après révélation. Comme d’habitude, on ne sait pas ce que valent les informations du Canard, mais elles font masse. Le bon sens populaire soupire, il n’y a pas de fumée sans feu. Les médias reprennent, ça les arrange. Et les amis politiques de Fillon, qui n’ont jamais digéré ses manières, se délecteraient de ce qui lui arrive s’il n’y avait les législatives derrière la présidentielle. Si le candidat de la droite et du centre ne gagne pas, ils vont se retrouver en liquette. Peut-être moins de cent cinquante à la chambre des députés. Après ça il ne sera plus temps de parler du salaire des assistants parlementaires.
 

Le « bal des hypocrites » n’ose pas le dire à Fillon : il faut un plan B

 
D’où la fronde. Georges Fenech, le coyote pilote de Sarkozy, demande depuis des jours la démission de Fillon, un plan B, pour le bien de la France, pour que le populisme ne passe pas, etc. Bref, pour conserver son siège, il lui est urgent de déboulonner le candidat Fillon. Celui-ci a répondu en substance au groupe parlementaire LR qui se réunissait à ce sujet : il n’y a pas de plan B, pas d’alternative meilleure que moi, j’y suis j’y reste.
 
Fenech fait observer que c’est juste lui qui le dit, il dénonce le « bal des hypocrites » de ses collègues qui n’osent pas dire la vérité à Fillon : n’empêche qu’il a retiré sa demande de réunion du comité exécutif pour parler du plan B. Pourquoi ? A cette question point de réponse. Peut-être le lui a-t-on conseillé. Son mentor s’appelle Nicolas Sarkozy.
 

Sarkozy boit du lait à déjeuner

 
Or c’est à lui que François Fillon a demandé un déjeuner. Rue de Miromesnil, dans les bureaux de l’ancien président de la République. C’est-à-dire à Canossa. Fillon n’a jamais pardonné à Sarkozy d’être resté cinq ans dans son ombre, ni que celui-ci le présente comme son « collaborateurs ». Il a en outre demandé à Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée, que les socialistes actionnent la justice contre Sarkozy. En septembre dernier encore, il reprochait au « système politico-médiatique » de passer trop vite sur les affaires judiciaires qui pèsent sur les élus et les candidats en ces termes : « Ca fait la une pendant trois jours et ensuite c’est fini, on n’en parle plus. » Et il recommandait ensuite à « ceux qui briguent la confiance des Français » d’en « être dignes » en se référant aux grandes figures du passé : « Qui imagine un seul instant le général De Gaulle mis en examen ? » Suivez mon regard, cette flèche du Parthe visait Nicolas Sarkozy, qui avait alors – qui a toujours – maille à partir avec la justice.
 

A la recherche d’un plan de sauvetage, A ou B

 
A en croire les journalistes bien informés qui répètent ses confidences, Sarkozy boit du lait depuis trois semaines, au point que beaucoup se demandent si ses réseaux ne sont pas derrière l’opération anti-Fillon. Est-ce pour cela que celui-ci lui demande audience, pour obtenir qu’il musèle sa meute afin de sauver le plan A ? Ou bien, comme l’a dit Christian Jacob, le patron du groupe LR à l’assemblée nationale, pour « se nourrir de l’expérience de Nicolas Sarkozy » (avec peut-être une pointe d’ironie à froid, parce qu’en matière d’affaires judiciaires, il est vrai que Sarkozy ne manque pas d’expérience) ? Quoi qu’il en soit des intentions de Fillon, il faut se demander quelles sont celles de Sarkozy.
 

Fillon, Sarkozy ou un autre : toujours le même déjeuner

 
L’homme est trop politique pour se laisser aller à une pure vengeance. Mais à en croire les confidences qu’on lui prête, il juge Fillon irrémédiablement fragile et pense que « le plus difficile sera de se mettre d’accord sur une procédure pour remplacer l’actuel candidat ». S’il pensait avoir un « trou de souris » pour y aller, l’ancien président, malgré ses adieux, serait candidat demain. Mais ce serait un tollé au centre et chez les juppéiste. Voilà pourquoi Fenech préconise maintenant un « saut générationnel » pour le plan B. Cela pourrait signifier la candidature de Wauquiez ou Baroin. J’en parle parce que cela passionne les Français et que cela donne de la lumière sur les mœurs du sérail. Mais du point de vue qui est le mien, ce sera de toute manière la même soupe mondialiste, avec un assaisonnement un peu différent. C’est quand il n’y a plus que des rutabagas qu’on se bat le plus pour le sel ou le poivre.
 

Pauline Mille