On ne le sait pas assez : l’extraordinaire amendement à la proposition de loi relative à l’aide à mourir créant un délit d’entrave à l’euthanasie a été introduit par des élus LFI. Il n’y a rien de semblable dans aucune législation au monde, même celles dites les plus « avancées ». Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du Centre européen pour la loi et la justice, lui consacre une étude passionnante sur le site de l’ECLJ. Il en souligne le caractère confus et flou, incohérent au regard des textes sur l’incitation au suicide, le champ d’application très large et jusqu’aux proches du candidat à l’euthanasie ou au suicide assisté. Le tout est assorti d’une véritable arme judiciaire donnée aux associations pro-mort, leur permettant de dénoncer et de poursuivre, en court-circuitant les procureurs, les personnes opposées à la mort d’un patient ou d’un proche – sans compter les responsables d’établissements de soins opposés à la médecine qui tue.
Ce caractère n’a pas totalement échappé aux parlementaires, puisque l’Assemblée nationale vient de créer en parallèle un délit d’incitation à l’aide à mourir, assorti d’une répression deux fois moins sévère, cependant, que l’entrave à l’aide à mourir, avec un champ d’application beaucoup plus déterminé et excluant, par exemple, les pressions par voie numérique.
En matière de suicide assisté, la notion de non-assistance à personne en péril passerait carrément à la trappe si cette loi était adoptée.
Ces points inacceptables, et beaucoup d’autres, juridiquement évalués et fortement dénoncés, méritent d’être connus de tous. Le texte est aisément accessible in extenso sur le site de l’association et sur les réseaux sociaux ; il faut le faire connaître au plus grand nombre.











