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Démographie : la Chine inquiète pour sa natalité

Demographie Chine Natalite
 
Il faut aller plus vite pour mettre un terme à la politique de l’enfant unique alors que le taux de natalité de la Chine descend. vers des zones très dangereuses ! C’est le cri d’alarme de l’Académie chinoise des sciences sociales qui a publié lundi un rapport selon lequel la démographie du pays risque de s’enliser dans le « piège » de la fertilité faible d’où il est extrêmement difficile de sortir. La Chine inquiète de l’« hiver démographique » ? C’est l’ironie de la nature, celle qui revient au galop quand les hommes ont trop joué à la contredire.
 
La violence de la politique de l’enfant unique en Chine comportait donc sa propre punition. Le cortège de stérilisations et d’avortements forcés – est-ce étonnant si les Chinoises connaissent le taux de suicide le plus élevé du monde ? –, de coercition et de désespérances qui ont conduit aussi à l’avortement massif des bébés filles pour pourvoir à la poursuite de la ligné et assurer les vieux jours, l’immixtion dans la vie privée des familles, le contrôle policier de la population aboutissent à la situation d’aujourd’hui. La Chine est inquiète devant le monstre qu’elle a créé.
 

1,3 enfant par femme = spirale de la dénatalité

 
Aujourd’hui, signale l’Académie chinoise des sciences sociales, le taux de fécondité est de 1,4 enfant par femme (comme en Italie, en Allemagne, en Grèce ou au Japon) : il faut, dans les conditions actuelles, 2,1 enfant par femme pour assurer le simple renouvellement des générations. Avec 1,4 enfant, c’est un tiers de la population qui est perdu à chaque nouvelle cohorte. A 1,3 (comme en Tchéquie, en Roumanie ou en Pologne), prévient l’institution, on tombe dans ce que les démographes du monde entier reconnaissent comme étant le « piège de la basse fertilité » où trois mécanismes qui se renforcent eux-mêmes maintiennent la fertilité dans une spirale baissière : mécanismes démographiques, sociologiques et économiques.
 
Le quotidien chinois China Daily n’en condamne pas pour autant le principe du contrôle de la population, soulignant que « grâce à la politique de l’enfant unique » la Chine a pu passer d’un taux de 4,77 naissances par femme pendant les années 1970 à 1,64 enfant en 2011. Mais les « effets positifs » de ce ralentissement sont en train de disparaître depuis 2010, affirme-t-il.
 
Manque de main-d’œuvre, poids d’une population vieillissante : Lu Yang, qui a participé à la rédaction du rapport, fait état de constats qui ne semblaient pas exiger des études d’experts.
 

Agir vite pour relancer la natalité et sauver la démographie en Chine

 
Mais ce qu’elle souligne, avec d’autres, c’est qu’il va falloir agir vite pour éviter le pire : pour assurer à la fois une augmentation du vivier de main-d’œuvre et assurer la stabilité économique pour l’avenir. Il est bien tard cependant : une première série d’assouplissements à la politique de l’enfant unique à niveau local et régional était censé assurer deux millions de naissances supplémentaires par rapport aux 15 millions enregistrées chaque année. Un an plus tard, en novembre, seuls 700.000 couples avaient déposé une demande de permis pour avoir un deuxième enfant.
 
« Le baby-boom attendu n’a pas eu lieu. Et la disposition des gens à avoir des bébés déclinera avec le développement économique. Plus tôt nous saurons promouvoir une politique du deuxième enfant, plus vite nous en verrons les effets positifs », a déclaré Cai Fang, de l’Académie chinoise des sciences sociales. Pas avant 2030, toutefois… Et seulement si la politique de l’enfant unique est abandonnée dans l’ensemble de la Chine. Dès 2050, on le sait déjà, un tiers des Chinois auront 60 ans ou plus.
 
Ce qui frappe, évidemment, dans ces considérations sino-chinoises, c’est l’idée que c’est au gouvernement de fixer la natalité, que ce soit pour la réprimer ou pour la promouvoir. Le comble du communisme. Une telle politique menée depuis des décennies ne peut pas ne pas avoir de répercussions négatives pour un pays, et il semble que la Chine doive en payer le prix démographique quels que soient les ajustements qu’elle inventera.