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Finance : la dette de la Chine est une bombe – et la mèche brûle, selon le “Lombard Street Research”

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De janvier à mars, l’économie chinoise a subi son premier trimestre de croissance négative depuis 2009, alors même que les prévisions annonçaient une croissance de 7 %. Asphyxiée par « la paralysie des gouvernements locaux et la dette des entreprises », la Chine a mis en place un plan de restructuration de sa dette qui relève au mieux « de l’ingénierie financière créative » selon une nouvelle recherche publiée par le Lombard Street Research. Pour Lombard, la Chine a encore la capacité de gérer la bombe de sa dette nationale, mais prévient que la mèche est en train de brûler.
 
Selon les estimations de cette étude, la dette non financière de la Chine a atteint 240 % du PIB en 2014, alors que la croissance du PIB corrigée de l’inflation a atteint seulement 4,5 % en moyenne.
 

La Chine devrait doubler sa dette qui risque atteindre 105 % du PIB selon Lombard Street Research

 
Le calcul de la mauvaise dette de la Chine est impossible, la Chine se contentant de la refinancer. En avril, la banque centrale de Chine a divisé par deux le montant des réserves des banques, dans une tentative de combattre le ralentissement de la croissance.
 
Lombard Street envisage un scénario extrême dans lequel la Chine devrait doubler sa dette publique pour la faire atteindre 105 % du PIB afin de renflouer ses banques. Cela créerait une économie reposant de manière (non) durable sur l’effet de levier de la dette, comme c’est le cas aux Etats-Unis ou en Europe.
 
Lorsque la Chine a cherché à réformer ses banques et les a ouvertes à l’investissement public en 1998, dans le cadre d’un effort de modernisation du système financier, les actifs douteux représentaient 20 % du total des prêts combinés des quatre plus grosses banques chinoises, soit 18 % du total du PIB.
 
En 1999, la Chine a souffert d’une baisse importante de la note de sa dette, qui menaçait de faire imploser son système bancaire. Mais l’économie chinoise a été sauvée en 2001, lorsque les Etats-Unis ont accordé à la Chine une clause de la nation la plus favorisée : il s’ensuivit une croissance spectaculaire de 14 % par an jusqu’en 2007. L’expansion de la Chine a provoqué la perte de 6 millions d’emplois américains sur cette période.
 

La dette de la Chine est une bombe, dont la mèche brûle…

 
Toujours selon le Lombard, il n’a fallu que 10 années d’hyper-croissance à la Chine pour atteindre un niveau d’endettement que le Japon a atteint en 25 ans.
 
C’est lorsque les Américains se sont mis à moins dépenser, lors de la crise financière de 2008, que la croissance de la Chine est passée de 22 % à – 4 % en seulement deux ans, créant une crise similaire à celle de 1999. C’est alors que la Chine communiste a réussi à organiser une grande expansion monétaire, deux fois plus importante et deux fois plus rapide que celle mise en œuvre lors du « stimulus » américain, en donnant l’ordre aux banques nationalisées de prêter sans tenir compte des risques ou des profits.
 
La croissance est revenue officiellement à 20 % en 2010, alors que certains calculs privés l’estiment négative. Pékin a découvert que « se contenter de jeter de l’argent au cœur d’une économie qui souffre de sur-investissement a provoqué une spéculation immobilière et l’explosion de la dette et de l’inflation sans créer de croissance réelle », conclut l’étude.
 
La dette des entreprises chinoises a augmenté de 50 % depuis 2007, pour atteindre 140 % du PIB, mais les dépôts bancaires de ces mêmes entreprises ont chuté, passant de 90 % à 60 % du PIB. Alors même qu’elles ont accès à de gros volumes de cash, les fonds de roulement des entreprises s’évaporent à une vitesse alarmante. Selon Lombart, les banques n’accordent pas de nouveaux emprunts mais refinancent plutôt des dettes et des intérêts impayés.
 
Moody a rapporté le premier cas de défaut sur des obligations publiques chinoises en mars 2014. Il a signalé trois cas en mai et juin 2015.
 

Béatrice Romée