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L’Eglise anglicane nomme un nouvel évêque pour toucher les minorités ethniques

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L’accord de la reine a été obtenu, l’Église anglicane crée un nouvel évêque afin de « toucher les minorités ethniques ». Ils ont trouvé la véritable cause de sa désaffection dans les villes à majorité non blanches : elle était trop « fondamentalement anglaise »… dixit le révérend Snow.
 
Une décision qui reflète à la fois la réalité du remplacement de population en Angleterre, mais aussi l’incapacité du clergé anglican dans la transmission de leur foi et la multiplication des églises évangéliques bien plus attrayantes…
 

Un nouvel évêque à Leicester

 
C’est le premier poste créé de toutes pièces depuis 1987 : basé dans le diocèse de Leicester, le nouvel évêque sera affecté à Loughborough. Les fidèles seraient en augmentation telle qu’il faudrait un nouveau pasteur de brebis ? Que nenni.
 
C’est pour se concentrer sur la diversité ethnique que cette nouvelle charge a vu le jour. Le frais évêque aura pour mission de créer de nouvelles églises qui reflètent les « changements culturels » dans la région. Autrement dit « permettre une plus grande représentation et un plus grand engagement des chrétiens BAME ».
 
« BAME », traduisez : « black, Asian, and minority ethnic ».
 
Le poste doit être pourvu un peu plus tard cette année.
 

« Faire quelques ajustements culturels » Révérend Snow

 
Haro sur Leicester. Pourquoi ? Parce qu’effectivement, quasiment 55 % de sa population est non blanche, et 37 % est asiatique. Et que, comme l’avait rappelé l’évêque Martyn Snow au Synode général en février, parmi la centaine d’églises à Leicester, fréquentées majoritairement par des Noirs et d’autres minorités ethniques, seulement trois sont anglicanes et… douloureusement blanches.
 
« La diversité de la ville ne se reflète pas dans nos églises », a déclaré au Guardian Martyn Snow, l’évêque de Leicester. « La majorité des gens qui vont dans les églises anglicanes sont des Britanniques blancs, alors qu’il y a plus de cent églises BAME, principalement néo-pentecôtistes ».
L’Église d’Angleterre est décidément trop « fondamentalement anglaise ». Seulement 1,2 % du clergé anglican est d’origine africaine ou des Caraïbes. Le nigérian Woyin Karowei Dorgu, ordonné évêque de Woolwich il a dix jours, était le premier évêque noir à être nommé par l’église depuis 20 ans.
 
L’anglican a cette image de « mâle, pâle et défraîchi », qui lui colle à la peau, comme ont osé dire certains religieux… « Si nous voulons vraiment inclure tous ceux qui vivent dans nos paroisses, alors nous devons tenir compte des changements culturels et des défis dans nos villes ».
 

Direction les minorités ethniques

 
Finalement, c’est assez raciste de penser que la foi ne peut bien se transmettre que par une semblable couleur de peau…
 
A la fin de l’année dernière, l’Église anglicane a même nommé son premier officier national des vocations ethniques minoritaires afin d’encourager davantage le clergé non-blanc. « Nous cherchons à savoir quelles sont les points de blocage » a-t-il confié…. « Nous devons reconnaître en nous-mêmes les préjugés et voir comment cela pourrait entraver le cheminement de quelqu’un vers l’ordination ».
 
On peut encore une fois admirer toute la différence avec l’Église catholique qui, elle, par un travail missionnaire, a toujours réussi à susciter un clergé local, et n’a jamais eu besoin de « s’identifier » par quelque moyen que ce soit avec ses fidèles ! Merveilleuse universalité de l’Église de Pierre…
 

L’Église anglicane au ban

 
Mais c’est un fait, les Anglicans ne savent plus comment investir ces fidèles « BAME » dont le nombre grandit et qui surtout préfèrent ces nouvelles églises chrétiennes évangéliques et pentecôtistes, tellement plus dans le vent… Si, entre 2008 et 2013, l’Église d’Angleterre a perdu 5 % de ses fidèles (et cette baisse devrait perdurer jusqu’au milieu du siècle), l’église nigériane « The Redeemed Christian Church of God » a augmenté de 64 % durant la même période, et les petites églises pentecôtistes de 23 % (chiffres de « Brierley Consultancy »).
 
Non seulement le nombre de chrétiens diminue, donc, mais, en sus, ils quittent les églises traditionnelles anglicanes… « C’est à cause de nous », a dit le révérend Snow au Guardian lundi, « car lorsque les immigrants sont arrivés dans les années 1950 et 1960, ils n’ont pas été suffisamment bien accueillis. Alors, ils sont allés créer leurs propres paroisses ». Des paroisses encore protestantes, certes, mais très modernes, ouvertes au rock, dont certaines manifestations (transes et parlers en langues) font craindre d’autres influences et/ou infestations…
 
Mais ce n’est pas ce qui gêne le haut clergé anglican : il est, à travers toutes ces décisions, orienté dans le « marketing » et la promotion de son propre « establishment ». L’Église anglicane institutionnelle a besoin d’une régénérescence. Elle passera vraisemblablement par là.
 

Clémentine Jallais