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L’Egypte copte pleure ses 21 martyrs, l’Iran accuse l’Occident et les pays arabes

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L’égorgement de 21 Coptes par l’Etat islamique a secoué l’Egypte et notamment l’Egypte chrétienne. Mais ils sont morts en prononçant le nom du Christ, comme en atteste la terrible vidéo relayée par l’Etat Islamique lui-même, signant là leur martyre. Un martyre que l’Iran relie directement à la complaisance dont les groupes islamistes ont bénéficié de la part de l’Occident et des pays arabes.
 
Monseigneur Antonios Aziz Mina, évêque copte catholique de Gizeh est formel : « Le nom de Jésus a été le dernier mot qui est venu sur leurs lèvres. Comme dans la passion des premiers martyrs, ils s’en sont remis à Celui qui, peu après, allait les accueillir. Ils ont ainsi célébré leur victoire, une victoire qu’aucun bourreau ne pourra leur enlever. Ce nom murmuré au dernier instant a été comme le sceau de leur martyre ».
 

Le président égyptien ordonne la construction d’une église dédiée aux martyrs coptes

 
Le sang des martyrs aura déjà permis l’envoi de quelques signes aux chrétiens locaux, inquiets de la présence islamiste dans le pays. Le gouvernement a commencé par proclamer sept jours de deuil national pour ces martyrs avant que le Premier ministre égyptien, Ibrahim Mahlab, n’annonce que le Président Abdel Fattah al-Sisi avait donné l’ordre de construire une église dédiée aux martyrs dans la ville de Minya, dont étaient originaire la majeure partie d’entre eux. Al-Sisi a également ordonné, par décret présidentiel, que les familles de ces victimes du terrorisme islamiste reçoivent un dédommagement financier et deviennent titulaires d’une pension mensuelle. Une aide précieuse pour ces familles dont la majeure partie était entretenue par ces fils, frères ou maris égorgés, partis travailler au loin pour assurer leur subsistance. « L’Eglise d’Egypte a été renforcée par le meurtre de nos frères en Lybie » commente ainsi l’évêque copte catholique de Sohag, monseigneur Youssef Aboul-Kheir.
 

Le jour du meurtre des 21 Coptes, la première église du Sinaï était consacrée

 
Le jour même de la publication de la terrible vidéo par l’Etat Islamique, l’église catholique copte célébrait la consécration de sa première église dans le Sinaï, Notre-Dame de la Paix, un nom choisi par Suzanne, la femme de l’ancien président égyptien Hosni Mubarak. « C’est un grand jour de joie pour les catholiques d’Egypte » avait alors déclaré l’évêque copte catholique d’Ismailia, monseigneur Makarios Tewfik.
 
Le sang des martyrs a déjà engendré des grâces en Egypte, mais les Coptes y sont néanmoins inquiets pour leur avenir. « J’ai peur des salafistes dans le pays » confie honnêtement monseigneur Aboul-Kheir. Les Frères musulmans sont hostiles à la société et le danger existe donc « pour l’Egypte » tout entière, précise-t-il. Les chrétiens craignent de voir de nombreux musulmans choisir des islamistes aux prochaines élections parlementaires.
 

Des Coptes inquiets de la montée de l’islamisme en Egypte

 
Le nouveau parlement devrait pourtant assurer enfin que « les chrétiens doivent pouvoir vivre comme tous les autres citoyens » précise l’évêque. Il espère que les chrétiens auront un jour la liberté religieuse et la liberté de construire de nouvelles églises dans le pays. Il a supplié les musulmans de choisir des représentants « modérés », précisant toutefois que l’Université Al-Azhar, considérée comme une force « modérée », ne l’était pas du tout « sous plusieurs aspects », et notamment « l’interdiction pour un musulman de se convertir au christianisme ».
 

L’Iran pointe la responsabilité de l’Occident et des pays arabes dans ce massacre

 
De son côté, l’Iran a condamné à plusieurs reprises l’assassinat des 21 Coptes égyptiens. Le président Hassan Rouhani a parlé d’« acte inhumain et sauvage » tout en évoquant la responsabilité de « ceux qui, depuis le début, ont soutenu ces terroristes et les ont financés et qui pour cela devraient demander pardon aux peuples et à l’histoire de leurs actions alors que la majorité d’entre eux soutient encore ces terroristes et qui ne manquent donc pas d’appui ».
 
Le ministère des Affaires étrangères et le Parlement iraniens ont également condamné le massacre ; le Parlement en particulier a mis en cause « les gouvernements occidentaux et les émirats régionaux » qui ont « renforcé ce groupe criminel et sur le compte desquels doit également être mis ce massacre ».