Un évêque catholique du Ghana interpelle le président sur les droits homosexualistes

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Mgr Joseph Osei-Bonsu, évêque catholique de Konongo-Mampong, a adressé le 3 avril une longue lettre ouverte au président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo afin que celui-ci s’exprime clairement sur la question des homosexuels et autres promoteurs des droits des personnes en relation avec leurs pratiques sexuelles. Il a notamment souligné que les précédents chefs de l’Etat du Ghana n’ont jamais cultivé l’« ambiguïté » à ce sujet et affirme que les Ghanéens demandent une semblable clarté. Le prélat a notamment souligné que la liberté de n’importe quelle pratique sexuelle ne constitue pas et ne peut constituer un « droit de l’homme ».

La lettre ouverte a été envoyée dans le contexte de pressions sur les pays qui pénalisent encore les actes homosexuels, notamment l’Ouganda qui vient d’adopter une loi plus sévère, au grand dam de la communauté internationale qui crie à l’atteinte aux droits de l’homme.

Le président actuel du Ghana avait répondu de manière ambiguë en 2017 aux questions d’Aljazeera concernant une possible dépénalisation des actes homosexuels, rappelle la lettre de Mgr Osei-Bonsu, invoquant ses propres opinions et des possibilités de changement ultérieur plutôt que de faire clairement référence à la loi en vigueur.

 

Pour l’évêque Joseph Osei-Bonsu la pratique de l’homosexualité n’est pas un « droit humain »

En 2021, cependant, le président avait assuré que la légalisation du mariage homosexuel n’interviendrait pas pendant son mandat : l’évêque s’en était réjoui, mais souligne son « trouble » depuis qu’Akufo-Addo a donné une conférence de presse conjointe avec la vice-présidente des Etats-Unis, Kamala Harris, le 27 mars dernier à Accra, sans la « corriger » alors qu’elle affirmait que cette question relevait des « droits humains ».

« Plus de 80 % des Ghanéens sont opposés à la normalisation de l’homosexualité dans le pays », ajoute la lettre ouverte.

Les actes homosexuels « ne peuvent faire partie de la liste des droits de l’homme » car « ils contredisent la loi et l’ordre naturels », ose écrire l’évêque en ajoutant que « tout droit humain doit être fondé que les besoins fondamentaux nécessaires au soutien de la nature humaine et à la survie » : « Les unions et activités homosexuelles vont plutôt à l’encontre de ce principe de la vie et de l’existence humaines ».

 

Le président du Ghana pressuré par Kamala Harris pour légaliser le mariage homosexuel

Mgr Osei-Bunso précisait encore : « Excellence, le mariage homosexuel est moralement répréhensible et va à l’encontre du dessein de Dieu sur le mariage. L’activité homosexuelle n’est pas une union complémentaire capable de transmettre la vie. À cet égard, la Cour européenne des droits de l’homme a statué que les “mariages” entre personnes de même sexe ne sont pas considérés comme un droit de l’homme, indiquant clairement que les partenariats homosexuels ne sont pas, en réalité, à égalité avec les mariages entre un homme et une femme. Cet arrêt, comme vous le savez certainement, Monsieur le Président, a été rendu par la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, en France, le 9 juin 2016. »

Le pape François a plaidé récemment pour la dépénalisation de l’homosexualité, tout en soulignant que les actes homosexuels sont peccamineux. Quelle sera la réaction de Rome face à l’appel de Mgr Osei-Bunso, qui va à l’encontre de cette distinction entre ce qui relève du droit pénal et l’affirmation de la morale traditionnelle ?

Pour ce qui est de la pénalisation par les pouvoirs publics, il s’agit d’un domaine qui relève de la prudence qui doit s’exercer en tenant compte du bien commun, en trouvant le juste équilibre entre tolérance de pratiques individuelles et sauvegarde de l’ordre de la société. On notera que Mgr Osei-Bunso parle en priorité contre les « droits » qui seraient attachés à l’exercice de l’homosexualité, en soulignant que celui-ci ne saurait être assorti d’un statut accordé par l’Etat.

 

Jeanne Smits