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Intelligence artificielle pour des « villes intelligentes » en Inde – et surveillance de masse des personnes

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L’intelligence artificielle et l’internet des objets pour répondre aux énormes problèmes causés par l’exode rural en Inde ? Si l’Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète avec plus de 1,3 milliard d’habitants, reste encore largement rurale, le taux d’urbanisation pourrait y atteindre 40 % d’ici à 2030 selon certaines projections. Outre l’accroissement rapide des villes existantes, on prévoit qu’il faudra au moins 500 villes nouvelles pour accueillir ces nouveaux citadins, selon les chiffres donnés dans le journal indien Financial Express par Abhishek Chaudhary, vice-président du Projet de couloir industriel Delhi-Bombay (DMICDC). La création de nouvelles villes offrira selon lui l’occasion de les concevoir en tenant compte des possibilités offertes par les nouvelles technologies de communication et d’information : le gouvernement indien va donc, selon lui, dans la bonne direction en investissant toujours plus dans ce domaine. Le programme ambitieux lancé sur instigation de Narendra Modi mobilisera quelque 30 milliards d’euros pour transformer 99 agglomérations en villes intelligentes. Mais si l’auteur de l’article publié dans le Financial Express s’enthousiasme pour les possibilités liées aux futures « villes intelligentes » de son pays, il serait peut-être bien inspiré de regarder du côté des Etats-Unis, où l’Etat fédéral et ses services de sécurité établissent des partenariats avec les Etats et les collectivités locales pour exploiter ce genre de technologies à des fins de surveillance de masse des citoyens américains.
 

Aux Etats-Unis, les caméras omniprésentes sont déjà utilisées par l’Etat fédéral à des fins de surveillance de masse

 
Les données engrangées par les « villes intelligentes » dont parle Chaudhary offrent en effet un extraordinaire potentiel dans ce domaine grâce aux caméras vidéos, aux capteurs en tous genres, aux systèmes de gestion du trafic et du stationnement, aux compteurs intelligents pour contrôler, voire limiter, la consommation d’énergie, aux véhicules connectés et aux téléphones mobiles. Toutes ces sources de données sont citées par le vice-président de la DMICDC comme pouvant permettre à des machines d’apprendre et décider en vue de résoudre les problèmes des grandes agglomérations indiennes, tout en optimisant l’utilisation des ressources et en améliorant les performances dans tous les domaines. Selon Chaudhary, même les messages et actions sur les réseaux sociaux pourront être mis à contribution pour permettre à des machines intelligentes de décider et d’agir ! Plus encore, les données collectées pourraient servir à la fois au secteur public et privé, pour faciliter le développement des start-ups.
 

En Inde, l’intelligence artificielle mise au service des villes pourra exploiter toutes sortes de données, y compris en provenance des réseaux sociaux !

 
Il ne s’agit d’ailleurs pour lui pas uniquement de gérer le trafic, mais aussi de veiller à la sécurité des habitants, y compris en reliant les systèmes des villes intelligentes aux bases de données de la police pour combattre le crime, et encore en gérant les foules, en contrôlant par exemple le port du casque, en suivant les objets et en favorisant une réponse plus rapide des autorités aux incidents (comme l’absence de casque ?) ou accidents. Comme on peut le voir, aujourd’hui déjà, et pas seulement dans la Chine communiste, l’intelligence artificielle et l’internet des objets au service des villes intelligentes ne vise pas seulement à réduire la consommation d’énergie et la pollution. L’Inde, pays modèle de la mondialisation pour la Banque mondiale et le Forum de Davos, vanté notamment pour sa décision d’imposer les paiements électroniques pour toutes les transactions, se donne les moyens de devenir une référence en matière de villes intelligentes et de surveillance de masse des personnes.
 

Olivier Bault