Nous notions il y a quelques jours que le roi Charles III d’Angleterre s’adresse plus volontiers aux musulmans, en formulant des vœux pour les grandes occasions islamiques de l’année, plutôt qu’à ses sujets chrétiens, qu’il n’a pas salués personnellement à l’occasion de Pâques. Cette préférence islamique se traduit aussi dans la vie sociale en général, comme l’observe Joanna Williams dans la revue américaine City Journal, qui s’intéresse à la manière dont fonctionnent les grandes villes dans une perspective de droite, au point qu’elle constate une « islamification de la Grande-Bretagne ».
Cette journaliste habite en Angleterre. Elle a constaté que, dans son supermarché, les messages dirigés vers les musulmans étaient omniprésents. « Donnez du sens à ce mois sacré », pouvait-on lire, ou encore « tout ce dont vous avez besoin pour l’iftar, le sahour et le reste », avec des rayons halal bien présents. En France, ce type d’expérience n’est pas non plus inédit…
L’article signale bien des faits qui démontrent la présence de plus en plus active de l’islam dans un pays qui, par ailleurs, n’est plus spécialement religieux, pas plus qu’une majorité d’autochtones ne s’est convertie en masse à l’islam. La décision d’interrompre le match de football entre Leeds et Manchester City au coucher du soleil pour permettre aux joueurs musulmans de rompre le jeûne a d’ailleurs été accueillie dans le stade par une bronca qui ne trompe pas. Pourtant, cela s’est fait pour l’ensemble des matches de la Ligue 1 depuis la mi-février et pendant toute la durée de la « sainte période du Ramadan ».
L’islamisation du Royaume-Uni par le peuplement des villes
La journaliste explique le phénomène en notant que la population musulmane grandit à la fois en importance et en confiance puisqu’elle affirme de plus en plus son identité, alors même que les « élites » politiques et culturelles du Royaume-Uni imposent le respect pour l’islam au nom de la diversité, du multiculturalisme et de l’antiracisme.
Cela commence dès l’école, puisque des pratiques islamiques y ont été promues et normalisées parmi tous les enfants par les autorités. C’est dans des milliers d’écoles que des fillettes et jeunes filles musulmanes ont obtenu le droit de porter le hijab en classe, même celles âgées de seulement 5 ans.
Dans d’autres établissements, toutes les élèves sont interdites de jupe afin de se conformer aux règles de modestie des communautés musulmanes. La viande servie dans les cantines est souvent halal, souvent à l’insu des parents. Comme nous l’avons évoqué sur RITV, les enseignants dans les zones à forte présence musulmane se voient mettre en garde au sujet des productions artistiques demandées aux enfants, car elles peuvent être considérées comme blasphématoires, voire idolâtres ; idem pour les leçons de musique et de chant. Joanna Williams raconte aussi que dans l’une des zones scolaires de Londres, il est recommandé aux enseignants de ne pas imposer de cours après l’école pendant le Ramadan, afin que les élèves puissent rentrer chez eux à temps pour rompre le jeûne.
Les lois antiracistes favorisent l’islam
Bien sûr, le simple volume des populations musulmanes fait partie de l’équation. Il existe aujourd’hui des villes, spécialement dans le nord de l’Angleterre, où l’on observe la présence de plus de 30 % d’habitants d’origine asiatique, le plus souvent de religion musulmane, comme à Bradford. Et la « ségrégation ethnique et religieuse » y est souvent de mise. A quoi Joanna Williams répond cependant que, dans une école du pays de Galles, la Cowbridge Comprehensive School, un parent s’est plaint en 2024 de ce que la viande servie à la cantine soit halal. Or, dans cette école et dans cette ville, les musulmans ne représentent que 0,2 % de la population.
Et de pointer le rôle clientéliste de l’islam vis-à-vis du Parti travailliste. On pense ainsi, dit-elle, qu’en 2019, plus de 80 % des musulmans électeurs ont porté leur vote sur le Labour, tandis que sur les 500 conseillers municipaux musulmans à travers le Royaume-Uni, les trois quarts sont membres de ce parti.
Tout cela déborde d’ailleurs vers d’autres domaines : le Parti travailliste ne s’étant pas montré assez pro-palestinien ces derniers temps au goût des musulmans du Royaume-Uni, les écologistes de Gorton and Denton ont profité de l’occasion lors d’une récente élection partielle pour dénoncer les liens travaillistes avec Narendra Modi ou Netanyahou, ce qui a abouti à l’élection de la pro-palestinienne Hannah Spencer sous drapeau vert. Pour faire bonne mesure, cela s’est accompagné du « vote familial », puisqu’on a constaté dans les bureaux de vote que les hommes musulmans expliquent souvent à leurs femmes qui ne maîtrisent pas forcément l’anglais, comment voter et surtout pour qui voter.
D’où cette observation du City Journal : « Depuis plus d’une génération, les responsables politiques britanniques répètent aux électeurs que “la diversité fait notre force” et que le multiculturalisme doit être encouragé. Pourtant, ce qui en est ressorti, ce sont des communautés résolument monoculturelles, prêtes à agir collectivement pour défendre leurs propres intérêts politiques – et une classe politique qui craint que le simple fait de commenter ce phénomène ne l’expose à des accusations de racisme ou d’islamophobie. »
Les musulmans du Royaume-Uni font brandir le drapeau palestinien
Aujourd’hui, observe Joanna Williams, le drapeau palestinien est omniprésent dans les villes britanniques et on hésite à les enlever pour ne pas « déstabiliser la cohésion communautaire ». Les étudiants juifs, eux, se plaignent de ce que l’antisémitisme ait été normalisé.
Cela n’empêche pas que les délits anti-musulmans aient deux fois plus de chances d’être poursuivis que ceux visant la communauté juive. Le phénomène a vocation à s’amplifier, puisque le gouvernement britannique vient d’étendre la définition de la haine antimusulmane qui vise à empêcher l’expression des stéréotypes, au risque d’empêcher la libre expression de critiques, de pratiques ou de comportements islamiques. Cela avait déjà bien commencé avec les histoires de bandes de violeurs pakistanais qui s’en prenaient à des jeunes filles blanches, et que l’on hésitait à poursuivre pour ne pas se voir taxer de racisme. « Mais même aujourd’hui, il est difficile d’évaluer l’ampleur réelle de cette criminalité, car de nombreux services de police hésitent à enregistrer ne serait-ce que des données sur l’origine ethnique ou la confession religieuse des auteurs », écrit la journaliste. En France, ce type de statistiques est carrément interdit, ne l’oublions pas.
Joanna Williams conclut en soulignant combien il sera difficile d’assurer l’intégration de populations dont l’allégeance principale s’adresse à l’islam.
Elle a raison mais cela mérite une précision. Les catholiques, eux aussi, servent Dieu plutôt que le roi (ou que le pouvoir civil) lorsqu’il y a contradiction entre les deux allégeances, et il leur est dit de respecter autant que faire se peut les autorités d’ici-bas. Mais à la différence de l’islam, il s’agit d’une fidélité religieuse doublée de l’observance d’une morale exigeante, dont les Dix commandements sont l’expression dans le domaine naturel. Le chrétien ne confond pas le temporel et le spirituel. L’islam n’est pas seulement une religion (fausse) mais un système totalitaire qui embrasse à ce titre tous les aspects de la vie et confond précisément le politique et le religieux. Au Royaume-Uni, cela se passe avec la complicité, volontaire ou non, du pouvoir politique, ouvrant précisément l’espace que l’islam cherche par nature à occuper.











