LDH contre Leggeri, ancien Patron de Frontex : les ONG veulent que les juges fassent la politique d’immigration

LDH contre Leggeri Frontex
 

La Ligue des droits de l’homme, LDH pour les intimes, vient d’obtenir qu’une enquête soit ouverte contre Fabrice Leggeri pour des faits commis lorsqu’il dirigeait Frontex, l’organisme européen chargé de surveiller les frontières de l’Union. Sous quelle qualification ? Crime contre l’humanité, excusez du peu ! Il est à espérer, et il n’est pas improbable, que la procédure n’ira pas à son terme. Mais elle révèle la tentative sans cesse répétée des ONG de transférer les décisions importantes du politique aux juges : ici c’est l’immigration comme ailleurs cela peut être le climat (voir les procès pour « inaction climatique »). C’était déjà le cas pour les Etats membres, dépossédés progressivement de leurs compétences régaliennes, voilà maintenant l’Union soumis au même gouvernement combiné des juges et de l’opinion manipulée par les ONG.

 

Leggeri accusé de transformer Frontex de passoire en barrage

Frontex est une agence de l’Union européenne dont les moyens sont limités. Ses agents, peu nombreux pour la longueur des frontières à protéger, manquent de moyens et ne sont pas armés. En cas de difficulté ils transmettent aux marines et gendarmes nationaux. Elle manque aussi d’ambition. Et l’on a pu dire sans erreur que l’UE, espace de Schengen en premier, avait des frontières passoires. Frontex, et son patron Fabrice Leggeri depuis 2015, étaient aux premières loges pour l’observer. C’est d’ailleurs pour cela qu’il en a démissionné en 2022. Historien, énarque, ancien sous-préfet passé par la Commission européenne, Leggeri s’engage au RN pour les européennes de 2024 pour être élu et raconter ce qu’il a vu à la tête de Frontex. En expliquant sa démission. Il entendait « combattre la submersion migratoire, que la Commission européenne et les eurocrates ne considèrent pas comme un problème, mais plutôt comme un projet ».

 

Le patron de Frontex cible politique que les ONG reprennent

La simple lecture de sa fiche Wikipédia suffit à comprendre le problème : il a été poussé à la démission par « deux ans de luttes larvées au sein de l’UE », avec en prime l’intervention du gouvernement turc qui voulait sa peau pour sa gestion de la crise migratoire de 2015-2016. L’OLAF, l’office de lutte anti-fraude de l’Union, les Verts au parlement européen et la Commission elle-même s’y sont ligués sous divers prétextes, mais leur argument massif commun est clair : on lui reproche, en européen, le « pushback » des migrants, leur refoulement, que les sociaux-démocrates suédois estiment illégaux. La Néerlandaise Tineke Strik, membre de la gauche verte, qui dirige au Parlement européen le groupe de surveillance de Frontex lui reproche ainsi de n’avoir « jamais compris que Frontex doit protéger les droits fondamentaux dans toutes ses actions. Le prochain directeur doit en faire une priorité absolue ».

 

La LDH utilise les droits de l’individu contre les nations

Il est donc tout à fait clair et explicite que Leggeri a dû partir parce qu’il souhaitait, un tant soit peu, remplir la mission de Frontex, protéger les frontières de l’Union et par là ses citoyens, quand l’appareil administratif et politique qui dirige celle-ci entend au contraire protéger ce qu’elle nomme les droits fondamentaux des migrants, c’est-à-dire leur accueil systématique sur le sol de l’Europe, quelle que soit leur qualité. Le prétexte de cette inversion est bien évidemment l’humanité, l’humanitaire. Le directeur juridique de l’ONG Front-Lex dénonce « les innombrables vies perdues et les séquelles dues aux sévices qu’ont subis (sic) les personnes maltraitées ». Et c’est dans ce discours ostensiblement révolutionnaire, et inversant grossièrement l’accusation, que la LDH a été chercher le « crime contre l’humanité » qu’elle reproche à Leggeri.

 

Les juges au secours de la politique d’immigration

Le mot est si exagéré qu’il en est douloureusement insignifiant. On sait qu’il a été inventé en 1945 pour le procès de Nuremberg qui jugeait les Nazis pour la Shoah, et que sa définition actuelle est la « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ». Quoi qu’on pense des incidents survenus aux frontières de l’UE auxquels Frontex aurait participé, rien ne justifie cette qualification. Mais l’exemple de l’outrance vient de haut : en 2017, Emmanuel Macron, faisant sa campagne présidentielle d’Algérie, y condamnait en parole les « crimes contre l’humanité » que la France y avait censément commis.

 

LDH : ligue des devoirs de la servitude volontaire

Ce qui subsiste de cette exagération pitoyable, c’est que la LDH, dont tout avoue désormais qu’elle s’est transformée en ONG hyper-politisée de la gauche arc-en-ciel, s’inscrit dans un puissant réflexe de peur du parti de l’invasion de l’Europe. Alors que plusieurs gouvernements des Etats membre de l’Union reviennent un peu sur leur politique d’immigration à tout va, alors qu’au Parlement européen lui-même, foyer de subversion prétendument « progressiste », des majorités de bon sens commencent à se rencontrer, les ONG tentent plus que jamais de prendre la main. Et devant les difficultés que connaissent la bureaucratie européenne et les grands chefs humanistes, Sanchez, Macron, Merz, elles en appellent sans mystère aux juges non élus, administratifs, constitutionnels, et en l’espèce pénaux, afin qu’ils se substituent au politique. Tout est bon pour protéger le pouvoir de l’oligarchie arc-en-ciel. La Ligue des droits de l’homme est devenue la ligue des devoirs de la servitude volontaire.

 

Pauline Mille