Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a l’habitude de parler haut et fort contre l’argent, le grand capital, les patrons semblables aux « rats qui quittent le navire ». Cette fois pourtant on ne l’a pas entendue. Les services ad hoc du ministère des Finances ont adressé au syndicat qu’elle dirige un courrier gênant : ils lui demandent de régler sans délai un arriéré de TVA sur trois ans, un ajustement de la taxe sur les salaires et un reliquat de taxe foncière. Le tout pour 1,45 millions d’euros selon notre confrère Le Canard enchaîné. Le fisc accepte de croire que la CGT ne s’est rendue coupable d’aucune fraude, et souffre seulement d’une comptabilité déplorable. Cette clémence, et la discrétion générale, surprend, car les exempts ne sont pas connus pour leur tendresse de cœur. Le plus piquant est que l’enquête qui a mené à cette découverte a été déclenchée par la CGT elle-même, qui a demandé en 2023 un remboursement de TVA s’élevant à plus de trois cent mille euros. Evidemment, certains patrons, régulièrement traités de fraudeurs et de profiteurs par la CGT, donnent dans l’ironie. Un certain Alain Weber, patron de PME, s’est écrié sur Sud Radio : « Je n’ose imaginer qu’un entrepreneur oublie de déclarer sa TVA. (…) Ce qui me dérange le plus, ce n’est pas l’erreur. (…) C’est l’indécence. » L’arrosoir à leçons de morale a été arrosé d’un redressement fiscal.











