Léon XIV condamne le visage Mar-a-Lago

 

Le pape Léon XIV est préoccupé par un phénomène qu’il sent monter aux Etats-Unis d’abord mais pas seulement : l’attention excessive, constante et obsessionnelle qu’une minorité croissante porte à son aspect extérieur. Un nombre étonnant de femmes jeunes ou moins jeunes demandent à leur chirurgien esthétique de leur faire le visage d’Ivanka Trump ou de la secrétaire à la sécurité Kristi Noem, le « visage Mar-a-Lago », lisse, grands yeux, lèvres pulpeuses. Chez les hommes aussi, le « lookmaxing » mène les jeunes Narcisses américains à dépenser des fortunes en opérations et cosmétiques, encouragés par TikTok. Le Saint-Père voit dans ce phénomène de société plusieurs péchés graves. Un manque de foi et de confiance. Les obsédés de l’aspect physique « refusent de lâcher prise et de s’en remettre à Dieu ». Un « culte du corps » qui confine à l’idolâtrie. Enfin un refus de la réalité créée : la chirurgie esthétique massive change « la perception du corps et de sa signification ».

 

Cette affection de l’esprit que condamne Léon XIV

Intitulé « Quo vadis, humanitas ? Réfléchir à l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios sur l’avenir de l’humanité », le document que Léon XIV vient de présenter rappelle que Dieu a créé l’homme à son image et que celui-ci a tendance à oublier cette donnée biologique : « En Occident notamment, les progrès de la chirurgie esthétique… offrent des outils qui modifient considérablement le rapport à son propre corps et donc à la réalité et aux autres. » Léon XIV ne condamne pas la chirurgie esthétique mais la maladie de l’âme que son abus révèle. L’accro à la chirurgie esthétique « n’est plus son corps, mais “possède” un corps, à partir duquel elle cherche à trouver une identité “empruntée” ».

 

Derrière le visage de Mar-a-Lago, l’éternel Menteur

Cette affection de l’esprit est capricieuse, elle modifie le corps et le visage « selon ses goûts du moment » et finit par engendrer une sorte de schizophrénie douloureuse. « Il en résulte une situation curieuse : le corps idéal est exalté, recherché et cultivé, tandis que le corps réel n’est pas vraiment aimé, car il est source de limites, de fatigues, de vieillissement. On désire un corps parfait, tout en rêvant de fuir son corps concret et ses limites. » Cette addiction idolâtre et malheureuse est une atteinte grave et profonde contre la foi : « Ces transformations influent sur la relation avec le Mystère de l’origine et de la fin ultime de la vie humaine. Lorsque l’être humain réduit la nature créée (personne, cosmos) à une matière à transformer, il ne manifeste plus la gloire du Créateur, mais se substitue à Lui. » A partir d’un sujet qui peut sembler futile à certains, Léon XIV rappelle que la vie est une du début à la fin et qu’un même tentateur pousse à refuser la loi divine dans toutes ses manifestations.

 

Pauline Mille