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Matières plastiques bannies aux Etats-Unis et en Europe… mais la pollution des océans vient d’Asie et d’Afrique

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La goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Alors que les villes occidentales sombrent dans la violence et la drogue, la municipalité de Washington DC, 16e ville la plus dangereuse au monde et plus fort taux de consommation de cocaïne par habitant, n’a rien trouvé de plus urgent que de partir en guerre contre les pailles et bâtonnets en matière plastique. Les édiles de la capitale fédérale américaine ne vont pas s’en prendre seulement aux commerces qui les proposent à leurs clients, mais aussi aux œuvres caritatives et religieuses qui offrent aux malheureux ce genre de paille ou de bâtonnets en matière plastique avec les boissons qu’elles leur distribuent, cafés gratuits inclus. Cette nouvelle étape dans la guerre obsessionnelle aux matières plastiques dans les pays occidentaux prétend résoudre la pollution des océans alors que la source de l’accumulation de ces matériaux en mer est ailleurs, bien loin des Etats-Unis et de l’Europe : en Asie et en Afrique.
 

Aux Etats-Unis, guerre est déclarée aux… pailles et bâtonnets en plastique

 
Les fonctionnaires du Département de l’énergie et de l’environnement en service à Washington DC vont entreprendre dès le 1er juillet 2019 de délivrer des amendes aux associations pour non-respect de l’interdiction des pailles et cuillères en plastique à usage unique, tandis que les gangs continueront de se canarder tranquillement dans les rues voisines. Selwyn Duke, chroniqueur pour thenewamerican.com, ironise : « Comme dans une comédie apocalyptique, on pourra voir des agents gouvernementaux embarquer de vieilles bénévoles grisonnantes travaillant pour des institutions religieuses caritatives et qui s’accrochent désespérément à leur cuillères en plastique. » Seule concession accordée par la toute-puissance publique : les commerces, Eglises et associations pourront conserver les pailles et les bâtonnets s’ils sont constitués de matières naturelles, chaume, bois ou bambou, ou d’acier inoxydable. Il fallait bien une troupe de fonctionnaires encravattés pour concevoir ça.
 
En fait il s’agit là de la dernière offensive en date dans l’impitoyable guerre lancée contre les matières plastiques aux Etats-Unis, où l’on prépare même l’interdiction des… ballons gonflables. Cette croisade prétend résoudre le problème – gravissime, c’est un fait – de l’envahissement des océans par les déchets plastiques, lesquels tuent la faune et infectent la vie marine de leurs microparticules. Or il se trouve que seulement un pour cent des déchets plastiques qui engorgent les océans proviennent des Etats-Unis. Amérique du Nord et Europe réunis ne participent même qu’à hauteur de 2 % à cette pollution ! C’est certainement trop, mais l’enjeu principal n’est évidemment pas là. Au demeurant, l’affirmation des environnementalistes américains selon laquelle 500 millions de pailles en plastique sont utilisées chaque jour n’est basée sur aucune étude sérieuse. Elle ne se réfère qu’à un mémoire scolaire vieux de neuf ans…

 
Dix fleuves apportent 90 % de la pollution aux matières plastiques : 8 en Asie, 2 en Afrique

 
Quand on sait que la généralisation des sacs en matière plastique a été imposée par le système techno-marchand dans les années 1970 sous le prétexte de limiter la déforestation et protéger les arbres menacés par l’industrie papetière, on se pince. Et on se pince d’autant plus quand on sait que, selon le Forum économique mondial lui-même, dix fleuves apportent à eux seuls 90 % des matières plastiques qui pourrissent les océans. Or où coulent ces fleuves ? Huit sont situés en Asie, soit le Yangtsé, l’Indus, le Fleuve jaune, le Hai He, le Gange, la rivière des Perles, l’Amour, le Mékong. Et deux sont situés en Afrique : le Nil et le Niger. Ne sont épinglés ni l’Hudson, ni le Mississipi, ni le Rhône, ni la Loire, ni le Rhin, ni le Saint-Laurent…
 
Selon les données de l’association Ocean Conservancy (2016), 60 % des déchets en plastique flottant dans les océans sont rejetés par la Chine, le Vietnam, les Philippines, l’Indonésie et la Thaïlande. Tous pays qui, contrairement à l’Occident, ont négligé leurs systèmes de gestion des déchets pour produire des biens à bas coûts qui envahissent nos pays tandis que leurs plastiques envahissent les mers.
 

La pollution des océans n’est pas le fait de l’Europe

 
Chez nous, un déchet plastique, s’il est correctement jeté à la poubelle, finit soit au recyclage, soit à la combustion, soit dans un enfouissement contrôlé avec possibilité de dégradation accélérée par des organismes tels que bactéries ou larves. Aujourd’hui les Etats-Unis connaissent une qualité de l’air et de l’eau comparable à ce qu’elle était il y a un demi-siècle, et les forêts y sont trois fois plus étendues qu’il y a un siècle. L’industrie des matières plastiques a inventé des matières plus rapidement biodégradables.
 
On est loin du politiquement correct, de sa perpétuelle culpabilisation des sociétés développées et de son ode énamourée à la pureté et à l’authenticité des nations « émergentes ».
 

Matthieu Lenoir