
Vous ĂŞtes italien, presque majeur, quasi sorti des bancs du lycĂ©e, la vie semble vous sourire sur l’Ă©cran de votre smartphone et pourtant… Tout laisse Ă penser que vous n’accĂ©derez Ă l’indĂ©pendance financière qu’après l’âge…de vos parents ! C’est ce que rĂ©vèle une Ă©tude de la Fondation Bruno Visentini : les vaches seront maigres pour les derniers Ă©lĂ©ments des « Millennials », ceux qui sont nĂ©s autour de l’annĂ©e 2000. Un horizon bien sombre pour cette Italie sur laquelle pleuvent les mauvaises nouvelles dĂ©mographiques.
Et après, on s’Ă©tonne qu’elle ne fasse plus d’enfants…
Pas d’indĂ©pendance financière avant 50 ans ?
C’est mercredi que la Fondation Bruno Visentini a lancĂ© ce triste avertissement dans un rapport intitulĂ© « Generation gap, from conflicts to solidarity » : « Conflit de gĂ©nĂ©rations, des contradictions Ă la solidaritĂ© ».
Les chercheurs estiment qu’en 2020, l’Italien moyen âgĂ© de 20 ans, mettra quelque dix-huit annĂ©es Ă parvenir Ă l’autonomie financière. Le concept d’« autonomie » signifiant, entre autres, avoir une maison, un revenu rĂ©gulier et la capacitĂ© de soutenir une famille.
L’ascendance de la courbe est choquante : les Italiens âgĂ©s de 20 ans en 2004 pouvaient ĂŞtre autonomes en moins de dix ans, tandis que les mĂŞmes en 2030 devront attendre vingt-huit annĂ©es…
Pour ceux d’aujourd’hui, donc, pas de sĂ©curitĂ© Ă©conomique avant d’avoir soufflĂ© leurs cinquante bougies – un dĂ©lai qui semble interminable. Après la Grèce, l’Italie serait le pays d’Europe le plus concernĂ©.
Le concept des « Neets » parmi les « Millennials »
Les remèdes ? Les auteurs de l’Ă©tude ont avancĂ© plusieurs solutions, comme la refonte du système fiscal, des fonds supplĂ©mentaires pour les politiques en faveur de la jeunesse. Ils ont rĂ©clamĂ© « un pacte entre les gĂ©nĂ©rations », qui nĂ©cessiterait un « apport de solidaritĂ© » d’un million d’Italiens âgĂ©s – ceux qui reçoivent de l’État les pensions les plus gĂ©nĂ©reuses.
Cet argent servirait d’abord Ă ceux qu’on appelle les « Neets », ces jeunes adultes qui ne sont ni employĂ©s ni inscrits Ă un programme d’Ă©tudes (Not in Education, Employment or Training) et dont le nombre s’accroĂ®t sensiblement.
Ce n’est pas seulement une nĂ©cessitĂ© « Ă©thique », mais une obligation « socio-Ă©conomique », certifie le rapport. Une certitude, dans la mesure oĂą le coĂ»t de ces « Neets » est, en Italie, de 32 milliards d’euros par an – un chiffre qui a fortement augmentĂ© puisqu’il Ă©tait de 23,8 milliards d’euros il y a un peu moins de dix ans…
Les deux tiers des jeunes chez papa-maman, en Italie
L’an dernier, pour la première fois, la gĂ©nĂ©ration millĂ©naire est devenue la plus pauvre, selon des donnĂ©es de « Caritas ». Et que fait-elle alors ? Elle reste « Ă la maison », traduisez chez papa-maman.
Les statistiques d’Eurostat en octobre 2016 ont montrĂ© que moins du tiers des 18-35 ans, en Italie, avaient quittĂ© leur foyer parental : ils sont 67 % Ă y demeurer encore, soit 20 % de plus que la moyenne europĂ©enne… (seule la Slovaquie la dĂ©passe)
Certes, les « Tanguy » sont une rĂ©alitĂ© socio-culturelle… Les « bambiccioni » comme on les appelle en Italie, « les grands bĂ©bĂ©s », ne trouvent pas dĂ©sagrĂ©able de rester entre des murs accueillants et gratuits, sans se confronter Ă la rĂ©alitĂ©, et surtout sans s’engager… effets de la mentalitĂ© moderne. Et les parents, bien souvent, ne les aident pas.
NĂ©anmoins, ils sont surtout une consĂ©quence de la crise, des conditions Ă©conomiques, du chĂ´mage….qui les atteignent, eux, les jeunes, d’une manière disproportionnĂ©e.
La gĂ©nĂ©ration Z fera-t-elle encore des enfants… ?
Tout cela ne prĂ©sage rien de bon pour l’indice de natalitĂ©… Cette gĂ©nĂ©ration Z, ultra branchĂ©e, nourrie au biberon de la dĂ©croissance et de l’Ă©panouissement strictement personnel, n’est dĂ©jĂ pas plus encline que les prĂ©cĂ©dentes à « faire » des enfants.
Mais si elles n’ont pas l’argent pour asseoir leur sĂ©curitĂ©, pour envisager de pouvoir les Ă©lever ?! Et qu’elles doivent collaborer, en sus, de plus en plus fortement, aux prestations d’une classe grandissante de retraitĂ©s qu’on a promis de financer ?!
On n’imagine mĂŞme pas ce qu’il pourra en ĂŞtre, dans cette Italie qui souffre dĂ©jĂ d’un indice de natalitĂ© drastique de 1,34 enfant par femme… Jamais aussi peu d’enfants sont nĂ©s en Italie depuis 1870, y compris durant la Première Guerre mondiale. On peut donc descendre encore plus loin.
Comme le rappelait dernièrement Jeanne Smits, « le déclin du peuple autochtone en Italie se confirme et accélère, et aucun redressement ne semble en vue ». Le suicide est à venir et on le tait.



























































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