Norvège : les cinq enfants Bodnariu arrachés à leurs parents proposés à l’adoption

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Marius et Ruth Bodnariu.


 
Les cinq enfants d’une famille chrétienne pentecôtiste en Norvège arrachés à leurs parents en novembre dernier par les services sociaux de l’enfance – le Barnevernet – vont être proposés à l’adoption, dès que Marius et Ruth Bodnariu auront été déchus de leurs droits parentaux comme le souhaite l’organisme de « bien-être de l’enfance ». C’est une décision qui est prise par le conseil local lors d’une audience nommée « fylkesnemnda » – dont la date n’a pas été fixée pour l’heure – et non par un tribunal. C’est pourtant la pire sanction que l’on puisse infliger à un père et une mère.
 
L’oncle des enfants, Daniel Bodnariu, a précisé à LifeSiteNews que l’avocat de la famille espère faire renverser la décision du Barnevernet devant la Cour supérieure de Norvège mais là encore, aucune date n’a été fixée.
 

La Norvège veut organiser l’adoption des enfants Bodnariu

 
Cela fait donc près de deux mois que les cinq enfants des époux Bodnariu, âgés de neuf ans à quatre mois, sont éloignés de leurs parents, et répartis dans trois familles d’accueil. Marius et Ruth ont le droit de voir leur nourrisson – qui était allaité par sa maman au moment où il a été arraché à son foyer – deux fois par semaine seulement. Les visites aux garçons âgés de deux et cinq ans sont limitées à une par semaine. Et ils n’ont aucun droit de visite auprès des deux aînées de 7 et 9 ans.
 
C’est l’histoire d’une surveillance étatique qui fonctionne en réseau, avec des notifications aux différents services qui ont des droits exorbitants par rapport aux familles, s’appuyant sur les signalements les plus banals. En l’occurrence, la directrice de l’école fréquentée par les aînées, Eliana et Naomi, avait appelée le Barnevernet pour signaler que les enfants étaient « frappées » chez elles.
 
Selon Daniel Bodnariu, elle cherchait simplement à obtenir que les deux fillettes reçoivent un conseil psychologique, et non qu’elles soient séparées de leurs parents. Mais en signalant aux services sociaux que les parents sont « très chrétiens » et que leur grand-mère « croit fortement que Dieu punit le péché », ce qui « handicaperait » les enfants, elle a donné au Barnevernet suffisamment de prétextes pour conduire celui-ci à enlever les cinq enfants à leurs parents au motif qu’ils subissaient des dommages physiques.
 

Arracher des enfants à leurs parents à cause de quelques claques

 
Tout est parti du fait que les deux fillettes ont raconté à l’école qu’elles recevaient parfois des claques de la part de leurs parents. Daniel Bodnariu précise que les services sociaux n’ont trouvé aucune preuve d’abus physiques, mais en Norvège toute forme de punition corporelle, y compris les « tapes légères » décrites pas les enfants, est illégale et susceptible de sanctions pénales.
 
L’ingérence de l’Etat dans la vie des familles se fait ainsi à la suite de faits qui dans d’autres pays seraient considérées comme totalement anodins, dans le cadre d’un relativisme moral et religieux qui supporte mal les convictions profondément ancrées.
 
A cela s’ajoute le fait que si Ruth, la maman, est norvégienne, son mari, ingénieur informaticien, est roumain. La Norvège multiplie les interventions dans les familles où au moins l’un des parents est d’origine immigrée, à tel point que 40 % des enfants actuellement placés dans des familles d’accueil ont au moins un parent étranger. Les familles d’accueil sont souvent des familles « de souche » où nombre des enfants finissent par oublier leur langue d’origine.
 
De là à susciter des rumeurs selon lesquelles la Norvège cherche ainsi à compenser son besoin de bébés autochtones il n’y a qu’un pas. Et de manière plus vérifiable, on peut dire que la question assombrit ses relations bilatérales avec bien des Etats, à commencer par la Lituanie et la Pologne qui y compte beaucoup d’immigrés.
 
Mais au-delà des rumeurs, c’est bien une intolérance aux droits parentaux et à la liberté éducative qui est à la racine de ces problèmes dans un pays dictatorialement libéral où même la prison pour les criminels est considérée comme presque abusive : la durée maximale d’emprisonnement y est de 21 ans et tout y tourne autour de la « réhabilitation ».
 
Les parents qui ont osé lever la main sur leurs enfants en vue de les éduquer ne connaissent pas ce type de bienveillance…
 
Des manifestations de soutien aux Bodnariu ont été programmées dans 24 pays devant les ambassades de Norvège entre le 5 et le 9 janvier, et une page a été ouverte sur Facebook.
 

Anne Dolhein