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L’Ofcom admet que la télévision britannique tire trop du côté des minorités ethniques et LGBT mais… exige toujours plus de « diversité »

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L’affaire est ubuesque, et pourtant, on devrait commencer à s’habituer. L’Office of communications (Ofcom) vient de publier un rapport éclairant sur la composition de l’industrie de la télévision britannique. L’égalité des sexes est presque atteinte ? Rien d’étonnant. Mais on y apprend surtout que, comparée aux caractéristiques du public britannique que cette industrie est censée représenter, la population y est non seulement trop jeune, mais surtout pas assez blanche, pas assez religieuse et pas assez hétérosexuelle ! Minorités ethniques et lobby LGBT tirent leurs épingles du jeu.
 
Et que dit l’Ofcom, prise en flagrant délit de discrimination positive ? Qu’il faut encore faire plus pour la diversité… Le ridicule, certes, ne tue pas, mais il sidère.
 

Toujours et encore, « beaucoup à faire en matière de diversité »

 
A quelques jours d’intervalle, nous avons eu droit à deux discours venant de l’Ofcom, le premier de sa directrice de politique en matière de contenu, faisant de cette diversité des minorités, de tout poil, une priorité essentielle et fondamentale ; le second, via un audit interne, affirmant malgré lui que ces mêmes minorités sont bel et bien surreprésentées par rapport à la réalité. Un paradoxe dont l’Ofcom s’accommode apparemment fort bien.
 
Lors d’un événement à Westminster, Jacquie Hughes a déclaré que l’augmentation de la représentation des groupes minoritaires était « une priorité » pour le régulateur, avertissant les radiodiffuseurs qu’ils seraient confrontés à un « désastre » si la diversité n’était pas au centre de leur travail.
 
Elle a affirmé que les jeunes en particulier, avaient « l’habitude de voir la diversité raciale, religieuse et sexuelle comme une norme ». Et que si on ne faisait pas de la représentation des populations LGBT et des minorités ethniques un enjeu majeur des programmes et des lignes éditoriales, les radiodiffuseurs seraient incapables de rivaliser avec Netflix…
 
« Si vous ne travaillez pas constamment là-dessus, vous ne faites pas que suggérer que certaines personnes sont invisibles, mais vous manquez l’opportunité de vous engager avec elles (…) Vous serez de moins en moins pertinent ».
 

Les minorités ethniques et LGBT surreprésentées

 
Opportunisme de parts de marché ou impératif moral progressiste ? Faut-il rapidement se mettre à la norme américaine/hollywodienne de peur de se faire distancer ou réparer une injustice de représentativité ? Un peu des deux assurément, avec un bon gros mensonge en sus – le préjudice n’est pas pour le camp annoncé.
 
C’est ce que nous prouvent les chiffres de l’audit interne 2018 de l’Ofcom sur la diversité et l’égalité des chances à la télévision, publié seulement quelques jours après le discours de Jacquie Hughes. Que ce soit à la BBC, Channel 4, ITV, Sky ou Viacom, les minorités sexuelles n’ont pas à se plaindre : 4 % des personnes travaillant dans le secteur de la télévision se déclarent lesbiennes, gays ou bisexuelles, contre 2 % dans la population générale. Seulement 49 % des employés ont déclaré être hétérosexuels, contre 93 % de la population en général. La communauté LGBT est donc deux fois plus représentée que dans la réalité !
 
Conclusion hallucinante du régulateur (ou devrait-on dire du commissaire politique) : les données officielles du gouvernement sur la proportion de personnes LGBT en Grande-Bretagne sont contestables, nous estimons qu’elles se rapprochent plutôt d’un pourcentage de 6,5 %, il nous reste donc encore du chemin à faire pour coller véritablement à la population de la Grande-Bretagne… embauchons davantage de lesbiennes, d’homosexuels et de transgenres !

 
A la télévision, il ne faut pas être trop blanc, trop religieux ou trop hétéro

 
D’autre part, si les chiffres indiquent que les hommes blancs continuent à dominer les postes de responsabilité, il n’en est pas de même de la composition générale : 13 % des employés de l’industrie de la télévision sont issus d’une minorité ethnique, contre 12 % du marché du travail britannique, et ce pourcentage passe à 15 % chez les travailleurs de Sky, à 18 % sur Channel 4 et à 19 % chez Viacom.
 
Face à eux, les Blancs sont sous-représentés : ils représentent 71 % de l’industrie de la télévision britannique, contre 88 % de l’ensemble du marché du travail.
 
Ça non plus, ça ne gêne guère l’Ofcom qui réclame plutôt aux cinq principaux radiodiffuseurs de se concentrer sur « l’amélioration de la représentation des employés issus de minorités ethniques »… déplorant que certains groupes, comme les Pakistanais et les Bangladais, soient « considérablement sous-représentés » dans les carrières télévisées.
 
L’idéal pour l’Ofcom serait de copier la composition londonienne où 36 % des travailleurs sont de minorité ethnique – qu’importe que ces caractéristiques démographiques ne soient pas représentatives de l’ensemble du pays.
 

L’Ofcom à rebours de l’identité de la Grande-Bretagne

 
On imagine l’influence, le lavage de cerveau quotidien exercé par ces médias qui formatent à l’envi à force de discriminations positives et donnent aux minorités un pouvoir véritablement politico-social.
 
D’autres chiffres attestent de cette volonté à rebours de l’identité de la Grande-Bretagne : seulement 22 % du personnel de la télévision (à l’exclusion du personnel à l’écran) est considéré comme religieux, contre 67 % de la population active du pays (dont près de 60 % de chrétiens). De même, les handicapés et les vieux ne font pas partie de la sélection audiovisuelle qui sont au moins deux, voire trois fois moins nombreux que dans la réalité.
 
Bienvenue dans le monde non réel de l’Ofcom !
 
Clémentine Jallais