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1917, la révolution bolchevique et les purges staliniennes.
La Russie de Poutine veut-elle oublier un passé qui dérange ?


 

Entretien avec Olivier Bault, correspondant à Varsovie de Réinformation.tv
Avec Armel Joubert des Ouches

 
C’est un fait. La Russie de Poutine relit l’histoire, à sa manière. C’est notamment ce qui ressort d’une interview accordée par Nikita Petrov, spécialiste de l’histoire sur les services de sécurité soviétique à un hebdomadaire catholique polonais. La Russie actuelle chercherait même à effacer de la mémoire collective un passé fait de meurtres de masse et de purges.
 

Une narration « soviétique » pour la Russie de Poutine

 
Le journaliste correspondant de Réinformation.Tv à Varsovie, en Pologne, confirme les propos de Nikita Petrov. Résidant en Pologne depuis 25 ans, Olivier Bault se rappelle des propos tenus par Vladimir Poutine en 2009, lors de sa venue en Pologne, afin de commémorer le 70ième anniversaire du début de la seconde guerre mondiale. « Je me souviens qu’il « resservait » devant les Polonais une narration « soviétique » de l’histoire. Il reconnaissait les effets très négatifs du pacte germano-soviétique mais il mettait cela sur le même plan que d’autres politiques menées par la Pologne dans les années trente vis-à-vis de l’Allemagne nazie, politiques considérées comme égoïstes, car défendant des intérêts nationaux. C’est une lecture soviétique de l’histoire tentant à démontrer que l’Union soviétique n’aurait pas été coupable d’avoir agressé, aux côtés de l’Allemagne nazie, la Pologne en septembre 1939. Cela rend les Polonais très méfiants à l’égard des Russes.… »
 

Et pourtant, la révolution bolchevique c’est 30 années d’exécution et de massacres, de déportations

 
On sait ce que fut la révolution bolchevique. A la faveur d’une économie en chute libre, d’une accumulation des défaites militaires depuis 1914 et d’un pays au bord de la famine, les Rouges renversent Nicolas II, assassinent toute sa famille et prennent le pouvoir. Lénine, Trotsky et bien d’autres éliminent toute résistance. Quelques années plus tard, Staline s’empare du pouvoir. Sous l’autorité de Félix Dzerjinski, on crée la terrible Tchéka, une organisation de sécurité d’Etat, sorte de police secrète chargée d’exécuter les ordres du nouveau tyran rouge. Impossible de connaître le nombre exact des meurtres, assassinats et exécutions de masse commis par la Tchéka. Mais son nombre est estimé autour de 20 millions de morts.
 

Comme pour la Vendée, un génocide suivi d’un « mémoricide » ?

 
Olivier Bault reprend l’analyse de Reynald Sécher, selon laquelle, en cherchant à relire l’histoire, la Russie veut effacer de la mémoire collective la révolution bolchevique et les purges staliniennes. « A ceci près que l’époque stalinienne est moins ancienne mais la nostalgie de Mélenchon pour Robespierre et celle de beaucoup Russes pour Staline finalement peuvent être comparées, même si Staline ayant régné plus longtemps, a fait beaucoup plus de morts ».