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Les États-Unis menacent la Chine de sanctions pour son cyber piratage

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« La Chine, ça suffit ! » C’est le Washington Post qui l’a rapporté hier, l’administration Obama est en train d’élaborer un ensemble « sans précédent » de sanctions économiques potentielles contre les entreprises et les citoyens chinois ayant bénéficié, via des opérations gouvernementales de piratage, de précieux secrets commerciaux américains – on parle de plans de centrales nucléaires, de codes sources ou encore de positions de négociation de grandes entreprises énergétiques … Si leur mise en place n’a pas été encore décidée, la décision finale pourrait survenir d’ici quelques semaines. Alors que le président chinois foule le sol des États-Unis ?
 

La stratégie des États-Unis contre la Chine

 
Nous sommes face à « une stratégie globale » déclarée. Déjà, en avril dernier, Barack Obama avait signé un décret exécutif autorisant le Trésor américain à geler ou bloquer les avoirs des personnes impliquées dans des attaques sur des réseaux informatiques américains « primordiaux » et dans le vol de données sensibles – secrets industriels, données bancaires.
 
Aujourd’hui, Washington « répondra selon un programme et un calendrier que nous choisirons », selon le responsable américain. Cette stratégie repose sur un engagement diplomatique et l’application de mécanismes légaux « pour répondre aux menaces » et « protéger nos réseaux et nos citoyens dans le cyberespace ».
 
« Cela envoie un message à Pékin : l’administration (américaine) va commencer à riposter à l’espionnage économique ». A quelques semaines de la visite d’État très attendue à Washington du président chinois Xi Jinping, c’est un avertissement soigneusement cadencé.
 
Certains, outrés, réclament l’annulation de cette visite qui sera très officielle – 21 salves de coups de canon à la Maison Blanche, somptueux dîner d’État – mais là n’est pas le but. Les États-Unis ne peuvent pas rompre avec la Chine. Davantage, cette déclaration pose les conditions du jeu informatique – qui est aussi devenu celui du pouvoir – et auquel les Américains s’entendent, également, particulièrement bien…
 

Piratage : la crainte de la cyberguerre ?

 
Le piratage informatique a en effet une place toute singulière dans le paysage virtuel des deux premières puissances mondiales que sont la Chine et les États-Unis. Le mois dernier, le FBI a déclaré que les cas d’espionnage économique avaient augmenté de 53% dans la dernière année, et que la Chine en serait majoritairement à l’origine. Début août, le secrétaire d’État John Kerry a même directement accusé la Chine et la Russie de lire « très probablement » ses courriels…
 
Le dernier piratage massif officiel aux États-Unis remonte au mois de juin et ciblait l’Office of Personnel Management (OPM) : quatre millions d’employés fédéraux s’étaient vus voler leurs données personnelles. Et la Chine avait été immédiatement montrée du doigt, ce que Pékin avait qualifié d’« irresponsable et sans fondement »… Une semaine avant, c’était le fisc américain, l’Internal Revenue Service (IRS) : 100.000 contribuables avaient « perdu » leurs données fiscales. Dans les deux cas, les systèmes de détection d’intrusion du gouvernement avaient échoué.
 

Sanctions : les conditions du jeu…

 
Selon un expert en cybersécurité, un stade nouveau a été franchi. « Les hackers chinois utilisent les technologies de pointe pour accumuler des bases de données massives sur le personnel militaire américain, ce qui pourrait être utilisé pour l’espionnage et le recrutement d’espions ».
 
Mais le bras de fer est aussi financier et commercial : le porte-parole du Département d’État n’a pas manqué d’avertir Pékin qu’il serait perdant si les entreprises d’investissements étrangers se mettaient à craindre pour leurs données…
 
Ne faudrait-il avoir peur que de la Chine et de la Russie ?! Le renseignement américain n’est pourtant pas une oie blanche. A contrario, des documents divulgués par Edward Snowden révéleraient que des cyberattaques auraient été montées pour récupérer certaines données chinoises. Le gouvernement de Xi Jinping s’en est déjà plaint – mais les voix chinoises portent moins. En la matière, c’est data pour data.
 

Clémentine Jallais