Ni sport, ni sexe, ni viande :
pourquoi les nones vivent vieilles

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S’appuyant sur l’étude des charançons, des chercheurs de l’université de Sheffield suggèrent que les nones vivent plus vieilles que les autres femmes parce qu’elles s’abstiennent de sexe. L’incidence de la viande ou du sport sur la longévité est envisagée par d’autres. Info ou intox ?
 
On se souvient de la réponse de Winston Churchill à un journaliste qui lui demandait le secret de sa longévité : « No sport » ! En revanche, il ne se privait ni de cigares ni de whisky. Et il biaisait un peu : du sport, ou du moins de l’exercice, il en avait fait pas mal du temps de sa jeunesse militaire.
 
Les chercheurs de l’université de Sheffield en Grande Bretagne font une autre hypothèse pour expliquer que les nones (et les « vieilles tantes célibataires ») vivent plus longtemps que les femmes mariées : c’est qu’elles s’abstiennent de sexe. On remarquera au passage que médecins et sociologues britanniques acceptent l’hypothèse que les nones restent fidèles à leur vœu de chasteté, contrairement à ce que la propagande anti-chrétienne a prétendu avec une insistance grivoise durant des siècles.
 

Les nones s’abstiennent de sexe et vivent vieilles

 
Les scientifiques de Sheffield ont donc observé que les charançons qui s’accouplent ont une vie plus courte. Les statistiques sont formelles et l’explication serait la suivante : l’accouplement diminuerait leurs défenses immunitaires, ce qui exposerait les pauvres bêtes à toutes sortes d’infections. L’auteur de l’étude, le docteur Michael Siva-Jothey, pense que, mutatis mutandis, le mécanisme est transposable à l’homme. Et il ajoute que, leurs défenses immunitaires s’abaissant quand ils s’adonnent au sexe, les hommes, contrairement aux charançons, peuvent contracter en plus des maladies sexuellement transmissibles.
 
Mais ce n’est pas la seule hypothèse pour expliquer la longévité des nones, moines et prêtres. On met en avant aussi une tension artérielle plus faible, qui réduit le risque d’affections vasculaires et cardiaques. La semaine dernière une étude établissait ainsi que les fous de piments ont 13 % (treize) de risques de plus de mourir jeunes. Les nones ne sont pas folles de piment et meurent donc vieilles.
 

Elles ne font pas de sport et mangent peu de viande

 
Tout autour du monde, les équipes de chercheurs ne sont pas avares de telles hypothèses scientifiques. Ont-elles pour intention d’informer sérieusement, ou reflètent-elles l’orientation des esprits ? Transcrivent-elles en quelque sorte l’idéologie dominante dans leurs publications – car on ne trouve le plus souvent que ce qu’on cherche. Peut-être la communication publiée en août dernier par l’hôpital général du Massachussetts donne-t-il un bon éclairage à ce sujet. Elle donne à penser que devenir vegan fait gagner plusieurs années de vie. Manger moins de viande et plus de céréales et de soja réduirait les affections cardiaques de 12 % et le reste des maladies de 10 %. Voilà qui est clair : respecter le vivant animal et réduire l’empreinte carbone est bon pour la santé. Voilà qui nous ramène à nos nones. Elles vivent vieilles parce qu’elles ne s’empiffrent pas de côtes de bœuf. Parce qu’elles sont au fond vegans avant la lettre, et les premières écolos du monde, amen.
 

Pauline Mille