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Theresa May, ministre de l’Intérieur : les musulmans du Royaume-Uni tirent un « grand » profit de la charia

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Elle est prête à lancer une enquête pour déterminer si les cours islamiques qui fonctionnent au Royaume-Uni contreviennent de manière « discriminatoire » aux principes de l’égalité de genre et des droits des femmes. Mais Theresa May, ministre de l’Intérieur, a tenu à déclarer dans ce contexte que « nombre de Britanniques de religions différentes suivent des pratiques et des codes religieux, tirant un grand profit de la direction morale qu’ils offrent ». Autrement dit, l’existence de tribunaux communautaires appliquant la charia est considérée par elle comme bénéfique pour les musulmans de Grande-Bretagne.
 
L’enquête indépendante qu’elle lance à la suite d’une enquête universitaire qui a mis en évidence les pratiques non conformes au droit britannique de ces tribunaux parallèles, sera menée par deux imams « de premier plan », aux côtés d’un ancien juge de haute cour, d’une avocate spécialisée en droit familial, d’un avocat musulman et d’une intervenante régulière dans une émission spirituelle à la radio publique, le Pr Mona Siddiqui. Cette dernière, musulmane et experte en théologie islamique, présidera la commission d’enquête.
 

La charia : d’un grand profit spirituel pour les musulmans britanniques ?

 
Pour évaluer les tribunaux islamiques, les pouvoirs publics du Royaume-Uni en appellent donc principalement à des musulmans, chargés de dire si oui ou non la charia est « abusivement » utilisée au service de pratiques discriminatoires à l’égard des femmes.
 
La baronne Cox, connue pour sa dénonciation des tribunaux islamiques qui, sans être officiellement reconnus, existent et fonctionnent aux yeux de tous au Royaume-Uni, a dénoncé l’initiative en déclarant que l’enquête allait simplement distraire l’attention de l’urgence, qui est de s’attaquer à la « discrimination ». « La réserve que je formule, c’est que l’enquête n’ira pas à la racine du problème. De nombreuses femmes musulmanes disent que les hommes de leur communauté se moquent de cette proposition d’enquête, il leur suffira d’opérer de manière clandestine, de telle sorte qu’il faudrait que l’enquête soit extrêmement serrée », a-t-elle noté.
 
C’est mal parti, dans la mesure où, comme le dit la baronne, elle part du principe que les problèmes liés à l’existence des tribunaux islamiques résulteraient d’un emploi « abusif » de la charia plutôt que de s’intéresser au contenu de la loi islamique. Il ne s’agit pas de dénoncer les prescriptions de jeûne ou de prière, assure-t-elle. « Mais les aspects qui justifient l’inquiétude – comme le fait pour un homme de pouvoir divorcer de sa femme en disant “je te répudie” trois fois – sont inhérents à la charia, comme l’est le droit de “châtier” les femmes, ou la polygamie. Je ne crois pas que ces choses relèvent d’une distorsion de la charia. Ce sont des aspects de la charia qui sont inacceptables », a-t-elle noté.
 

Les tribunaux islamiques du Royaume-Uni sous le coup d’une enquête

 
Un spécialiste de droit familial, Kaleel Anwar, affirme au contraire que la charia est fondée sur « l’égalité totale et l’équité pour tous ». Son communiqué assure que « dans cette affaire, ce n’est pas la loi qui est en cause – la loi n’a quasiment rien à voir avec tout cela ».
 
L’affaire des tribunaux islamiques au Royaume-Uni met en évidence les limites et même les dangers d’une approche laïque, ou plutôt laïciste et donc relativiste de la question. Si, comme la perspective maçonnique l’affirme, toutes les religions se valent et que l’on se contente de vérifier leur conformité avec la loi civile, on proclame de fait la supériorité de la loi civile sur toute loi morale, indépendamment de tout jugement de valeur ou de considération pour la vérité.
 
Elle apporte aussi une nouvelle preuve de l’ignorance, réelle ou feinte, des autorités publiques quant à la nature totalitaire de l’islam où spirituel et temporel ne sont pas distingués et où la religion régit tous les aspects mêmes les plus anodins de la vie.
 

Theresa May, ministre de l’intérieur, joue le jeu du relativisme

 
Le risque n’est pas négligeable de voir à terme tout tribunal religieux dénoncé comme « discriminatoire » par nature. Et notamment, bien sûr, les tribunaux canoniques qui régissent les fidèles catholiques sous l’empire des lois de l’Eglise, notamment en ce qui concerne le mariage, dont la définition, les caractéristiques et même la nature sont aujourd’hui niées par les lois civiles dans tant de pays.
 
Si le catholique dans un pays doté d’une mauvaise législation peut à titre personnel vivre comme si celle-ci n’existait pas – tant qu’il n’est pas obligé, par exemple, à participer à un avortement ou à subir un divorce civil dont il le veut pas –, il reste important pour lui de pouvoir s’en remettre à une juridiction d’Eglise pour nombre de problèmes qui peuvent surgir. Il ne faudrait pas que les tribunaux ecclésiastiques soient frappés du même opprobre que ceux de la charia. La vraie question est de savoir si la charia est conforme à la vérité et à la justice. Question que nos sociétés sécularisées s’interdisent de poser, puisque la vérité et la justice cèdent le pas devant la « volonté générale ».
 

Anne Dolhein