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En cédant sur l’aide du FMI à la Grèce, Trump cède sur la globalisation financière aux dépens des souverainetés

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L’administration Trump ne ferait finalement pas opposition à un nouveau plan de sauvetage financier de la Grèce avec l’aide du FMI. Elle céderait ainsi aux tenants d’un contrôle accru des Etats par le Fonds monétaire international, élément clé du projet de gouvernance mondiale. Une source gouvernementale américaine a fait savoir le 13 avril sous couvert d’anonymat au site euractive.com que Washington « soutiendrait les Européens pour une nouvelle aide de la Grèce (…) par l’intermédiaire du FMI, nonobstant les critiques de nombreux élus républicains sur les précédents programmes de soutien, en 2010 et 2012 ».
 

Le contraire de la position de Steven Mnuchin qui prônait l’arrêt du refinancement de la Grèce

 
Cette source prend le contrepied des objections émises le 22 février par le secrétaire au Trésor de Donald Trump, Steven Mnuchin, qui jugeait dans le Wall Street Journal que le FMI devait désormais adopter une attitude de fermeté vis-à-vis de la Grèce et cesser de renflouer ce pays en faillite – et ses créanciers –, fût-ce au prix de sa déstabilisation. Pour Mnuchin, « le problème grec est d’abord un problème européen ». L’inclusion de la Grèce dans l’union monétaire et l’inadaptation flagrante de l’euro à son économie devait engager la seule responsabilité des eurocrates.
 
Or la question grecque implique largement les Etats-Unis qui sont le premier actionnaire du FMI, ce qui fait du contribuable américain son plus important contributeur. Il convient ici de préciser que le FMI dispose de 650 milliards de dollars de réserves destinées à « stabiliser » les économies de ses 189 membres et qu’à ce jour 79 d’entre eux connaissent des difficultés financières et lui quémandent des milliards de dollars. Le Fonds a été créé en 1944 sur la suggestion du communiste Dexter White et du socialiste John Maynard Keynes avec pour objectif affiché de devenir la banque centrale de la planète, contrôlant chacun de ses membres par le moyen de prêts impliquant la cession de parts de leur souveraineté. « La Grèce n’en est que le plus flagrant, persistant et criant exemple », raille l’analyste du site Thenewamerican.com, Bob Adelman.
 

Dans le dossier de la dette grecque et l’aide du FMI, Trump favorise la globalisation financière et sape les souverainetés

 
James Roberts, chercheur à l’Heritage Foundation, laboratoire d’idées conservateur qui naguère inspira Ronald Reagan, estime que le refinancement permanent des dettes nationales par le FMI constitue une véritable drogue pour les Etats. « Mais ce qu’il ne dit pas, précise Adelman, c’est que ce n’est pas la Grèce qui est renflouée sans arrêt, ce sont les banques, celles qui ont prêté à la Grèce l’argent qu’elle ne peut pas rembourser alors qu’elles savaient parfaitement que le FMI leur offrira sa garantie quand la Grèce se retrouvera en cessation de paiement ». Pour Adelman, « Roberts passe à côté de l’essentiel : la mission fixée au FMI depuis 73 ans consiste à réunir tous les pays dans un conglomérat global, reléguant les souverainetés nationales au rang de reliques ».
 
Cette globalisation financière forcenée se bâtit autour d’un véritable chantage. Sur ce sujet, James Roberts voit juste. Dans sa contribution à l’Agenda global 2017 pour la liberté économique de l’Heritage Foundation, il écrit : « Il est établi que les taux d’intérêt largement subventionnés des renflouements organisés par le FMI et ses prêts d’ajustement structurels constituent des aides massives aux Etats emprunteurs (tels que la Grèce, NDLR). Les politiques du FMI contraignent ainsi les pays développés (contributeurs nets au budget du FMI, NDLR) à la stagnation économique et à la récession tout en favorisant la dépendance (des pays fragiles) à de nouvelles aides internationales ». Pour Roberts, le FMI, plutôt que de se poser comme prêteur en dernier recours fait aujourd’hui tout ce qui est en son pouvoir pour « devenir prêteur en premier recours afin d’accroître le pouvoir des élites globalistes » qui se voient ainsi promues au rang d’acteurs incontournables des politiques publiques intérieures.
 

Le globaliste James Kirchik vend la mèche : pour l’oligarchie, la Grèce est le laboratoire de la gouvernance mondiale

 
James Kirchik, membre du Foreign Policy Initiative, ONG mondialiste, vend la mèche en expliquant que le cas grec est un laboratoire pour les tenants de la gouvernance mondiale. L’oligarchie financière s’appuie d’abord sur l’attachement sentimental des Grecs à la zone euro, nonobstant leur incapacité à assumer le coût économique de leur appartenance. Ce peuple se voit comme la nation inspiratrice de l’Europe, « mère de toutes les démocraties ». Puis survient la réalité : les contraintes budgétaires qu’exige une union monétaire avec des pays tels que l’Allemagne ou les Pays-Bas, que les Grecs répugnent à accepter. On prête alors à la Grèce des sommes qu’elle ne pourra pas rembourser, puis on organise son renflouement moyennant des transferts de souveraineté. La boucle est bouclée.
 
Illustration. Ce mois-ci, le gouvernement grec va reprendre les négociations avec les eurocrates pour lancer son prochain renflouement, le troisième de la série, pour au moins 86 milliards d’euros. Le pays va probablement parvenir à obtenir une nouvelle tranche de liquidités afin de pouvoir assurer le service de sa dette à hauteur de 7 milliards d’euros au 1er juillet. En contrepartie, Athènes a accepté de ramener les montants des retraites à 1 % du PIB en 2019 et d’augmenter de 1 % l’impôt sur le revenu par extension de l’assiette fiscale. Et c’est le gouvernement dirigé par le parti d’extrême gauche Syriza qui accepte ça, après avoir promis de conserver l’euro tout en renonçant à l’austérité ! Le recul de l’administration Trump, s’il se confirme, interdira d’enrayer cet engrenage délibérément entretenu par l’oligarchie en mal de gouvernance mondiale.
 

Matthieu Lenoir

 
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