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Censure chez Al-Jazeera qui proscrit les mots “djihad”, “islamiste”, “terroriste”, “militant”, “extrémiste”

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La chaîne islamique Al-Jazeera vient d’enjoindre à ses journalistes américains de proscrire de leurs rapports et commentaires les mots “islamiste”, “terroriste”, “militant”, “extrémiste”, “djihad”. Une censure intéressante, puisqu’elle vise manifestement à éviter les jugements de valeur sur des attitudes et des actes violents. Les reporters qui travaillent pour la version anglophone de la chaîne qatarie ont été invités à éviter les mots proscrits qui ont « tendance à faire trébucher », selon un e-mail interne du directeur exécutif d’Al-Jazeera English, Carlos van Meek. Ils ne sont acceptables que s’ils rendent compte des propos de tiers cités.
 

Terroriste au nom du djihad ou combattant de la liberté ?

 
L’e-mail a été rendu public par le National Review Online. Il a été, selon cette source, diffusé aux journalistes d’Al-Jazeera basés à Washington DC et à New York, dans la foulée de l’attentat… islamiste en Libye le 27 janvier. « Le terroriste de l’un est le combattant de la liberté de l’autre », écrit-il. Il faut donc préférer le terme de « combattants » – et réserver celui de « militant » à des particuliers, comme Anders Behring Breivik le Norvégien, ou le responsable de l’attentat d’Oklahoma Timothy McVeigh. On comprend que les musulmans ne sont en aucun cas des « militants ». Ils ne sont pas non plus des « radicaux » ou des « insurgés ».
 

Islamiste, un mot simpliste…

 
« Islamiste » ? C’est un « label simpliste », poursuit l’e-mail du directeur d’Al-Jazeera. Leurs actes parlent pour eux et les téléspectateurs jugeront d’après le contexte, explique le courriel.
 
Quant au « djihad », c’est un terme arabe qu’Al-Jazeera veut en quelque sorte protéger. « N’utilisez pas le terme arabe. Au sens strict, le djihad désigne un combat spirituel intérieur, pas une guerre sainte. Traditionnellement il ne s’agit pas d’un terme négatif. Il désigne également la lutte pour défendre l’islam contre ce qui le menace. »
 
Carlos van Meek fait partie des journalistes débauchés de la grande presse – il a travaillé pour Fox News, ABC, NBC – par la chaîne islamique Al-Jazeera pour lisser son image, naguère perçue comme très anti-américaine, alors que la source qatarie tente de s’imposer dans le monde anglophone comme un média « modéré ».
 

La censure proscrit le réel

 
En choisissant de proscrire un vocabulaire « agressif » pour désigner les responsables d’attentats commis au nom d’Allah, Al-Jazeera semble poursuivre un double objectif qui n’est pas sans contradictions : dédouaner l’islam tout en évitant de froisser une certaine base musulmane qui de plus en plus s’avoue séduite par les opérations terroristes contre des symboles occidentaux.
 
Ce faisant Al-Jazeera rejoint l’auto-censure des politiques – en France notamment – qui refusent de désigner l’islam et même l’islamisme, sa version repoussoir, comme ayant une quelconque responsabilité dans les attentats terroristes et les progrès du djihad.