Une approche chrétienne de l’homosexualité

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La revue Savoir et Servir, publication du MJCF, Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, propose régulièrement des numéros en lien avec les questions d’actualité. Elle effectue des rappels pédagogique de la doctrine catholique, trop peu connue, trop peu enseignée y compris par bien des clercs, et totalement absente du bruit médiatique dominant. On ne répètera jamais assez à quel point les propos régulièrement surprenants du pape François sur la question, déclarant par exemple « ne pas juger les homosexuels » ont semé la confusion, y compris dans les esprits catholiques. Certes le pape ne se prend pas pour le Christ, juge suprême à la fin des temps, soit ; mais ce bavardage non-magistériel a été repris, amplifié par des médias antichrétiens, et assimilé à une licence totale des comportements homosexuels pour les catholiques. Or la doctrine catholique en la matière est restée pourtant inchangée.
 
Qu’est-ce que l’homosexualité ? En fait, elle n’est pas aussi évidente à définir. Le mot serait récent, datant du milieu du XIXème siècle. Avant la chose, au sens physique, était décrite par des périphrases ou, pour l’homosexualité masculine, appelée « pédérastie », confondant certes viol de petits garçons et relations consenties entre adultes mâles. L’homosexualité désigne donc des relations sexuelles d’un homme avec un homme, ou d’une femme avec une femme. Par définition, ces rapports sont stériles, puisque seules les unions d’hommes et de femmes peuvent engendrer des enfants. Au-delà de ces rapports physiques, il y existe désormais toute une culture de l’homosexualité, culture comprise au sens sociologique et gramscien, qui tend à se répandre dans la société bien au-delà des seuls concernés, et qui forme la base notamment de l’idéologie du gender.
 
Ainsi, convient-il en effet de rappeler l’approche chrétienne de l’homosexualité. Le titre « Homme, femme, le mélange des genres » pourrait prêter légèrement à confusion, car il s’agit d’homosexualité en général et non de la seule, absurde et dangereuse théorie du genre. Cette dernière se situe il est vrai au cœur de l’actualité la plus immédiate, dans les discours politique, la législation –avec le « mariage » homosexuel, en France ou aux Etats-Unis – ou dans les programmes de la déséducation inter-nationale. Ce dernier point inquiète particulièrement, puisqu’il s’agit de pourrir les jeunes âmes dès l’enfance, et pourrait aboutir en effet à une explosion de l’homosexualité.
 
Or l’homosexualité, selon la doctrine catholique, en parfaite continuité avec l’Ancien Testament, n’est pas une fantaisie anodine ni un péché véniel, mais véritablement un péché mortel. Et un péché mortel non-absous prive hélas du salut éternel, la pire des perspectives pour le croyant.
 

L’amour humain et le mariage chrétien

 
A notre époque de grandes confusions, parfaitement voulues, provoquées et entretenues, il est devenu nécessaire de rappeler ce qu’est l’amour humain et le mariage chrétien, voulus par Dieu. Notre Créateur dans Son immense Sagesse a souhaité un mode de reproduction de l’humanité par l’union de l’homme et de la femme, d’un homme et d’une femme. Jésus-Christ lui-même a béni le mariage lors des Noces de Cana. Il a précisé, explicitement, les règles strictes de cette union, concernant exclusivement un homme et une femme, et le caractère indissoluble de cette union. Dans l’Ancienne Loi, caduque désormais, un homme pouvait prendre plusieurs femmes, avec parfois inégalité de rangs entre épouses et concubines, et éventuellement les répudier. Certains patriarches ont agi ainsi, dont Abraham et Jacob. Pourtant le Christ a imposé une voie universelle d’une grande exigence certainement, mais s’appliquant à toutes les époques, y compris la nôtre.
 
Ainsi, un divorce civil ne met pas fin à une union religieuse. Tout au plus existe-t-il quelques cas précis de constat de nullité de mariage. Le terme courant « annulation » de mariage prête à confusion, faisant croire à quelque divorce religieux doublant le civil. Rien de plus faux. L’ignorance religieuse terrible de notre époque ne constitue pas une excuse, et impose sur ce sujet comme d’autres le devoir de s’instruire.
 
Le Christ n’a bien sûr jamais mentionné de possibilité d’unions homosexuelles. La condamnation morale était tellement évidente qu’elle n’avait pas eu besoin d’être répétée. Saint Paul a précisé toutefois la vision chrétienne de l’homosexualité : un péché très grave, caractérisant des gens « loin de Dieu », expression terrible dans sa concision et son apparente sobriété. Il y voit une conséquence du manque de foi, de piété.
 

La culture homosexuelle, incompatible avec la foi chrétienne

 
L’acte homosexuel est par définition stérile, soit déjà la négation de la fertilité voulue par Dieu des unions humaines légitimes. A la question difficile de l’origine de l’homosexualité, la publication rappelle au fond la notion de responsabilité de chacun dans ses comportements. Non, elle ne viendrait pas de quelque anomalie génétique, ce qui correspondrait à quelque fatalité plus ou moins insurmontable, mais de causes psychologiques complexes, avec de fortes influences de l’environnement humain.
 
Les familles éclatées, particulièrement celles à père absent, ou la fréquentation précoce d’homosexuels, y compris parmi ses frères ou sœurs et leurs amis, favoriseraient l’éclosion de cette tendance, qui n’est donc innée en aucune manière et pour personne. On ne doutera pas que cet environnement défavorable soit subi plus que choisi. Il reste que chacun, adulte, est responsable de son comportement. Ces points essentiels sont bien présentés. Sont démontées aussi les fausses-statistiques militantes de lobbys homosexuels trop souvent reprises sans aucun recul critique par les médias désinformateurs. Sauf distraction, il manque seulement un chiffre du nombre réel d’homosexuels : certainement pas 10%, ni même 5%, plutôt 1%, soit une petite minorité, sans être un épiphénomène pour autant.
 
Peut-être la revue n’insiste-t-elle pas assez sur la différence entre la tendance au comportement homosexuel, assurément difficile à chasser quand elle est présente, et les actes effectifs. Seuls ces derniers sont péchés, en actions et intentions. Signalons aussi les tentatives de traitement de l’homosexualité, certainement pénibles, connaissant un fort taux d’échecs, pratiquées notamment par des scientifiques authentiques, psychiatres, engagés dans des mouvements chrétiens ou juifs aux Etats-Unis. Toutefois, les thérapies basées sur la seule prière risquent d’être moins efficaces, même si elles ne méritent pas les moqueries haineuses régulières des médias désinformateurs en France.
 
En quoi consiste cette culture homosexuelle ? Elle est fort diverse, souvent contradictoire, comprend ses marges et ses dissidences. Mais elle se distingue toutefois par le refus des données de la nature. Chacun pourrait choisir son sexe de référence. Voire plusieurs pour certains fantaisistes, ou d’étonnantes situations intermédiaires ou extérieures…Beaucoup de leurs textes sont difficiles à suivre et n’ont pas toujours de grand intérêt. Ce refus s’accompagne d’une volonté de détruire l’existant, la famille traditionnelle, et de vouloir parfois, car cette revendication ne concerne réellement qu’une minorité d’une petite minorité, la reconstruire sous forme monstrueuse, dite « famille homoparentale ». Après le « mariage » homosexuel, devenu quasiment une norme internationale pour les pays d’Europe Occidentale et d’Amérique, en attendant peut-être demain l’Inde et la Chine, viendront dans la législation à vue humaine la PMA –Procréation Médicalement Assistée- pour les lesbiennes et la GPA –Gestation Pour Autrui – soit l’usage de mères-porteuses mercenaires, pour les homosexuels masculins. Les dégâts de ces pratiques sont considérables dans la formation psychologique des enfants, comme l’attestent déjà les rares études honnêtes sur ces sujets.
 
Outre cette fausse famille, la culture homosexuelle se caractérise en fait surtout par son hédonisme absolu, pratiquant un vagabondage sexuel fort courant. L’homosexuel masculin est statistiquement très loin d’un « père » homoparental, fidèle en foyer stable. La multiplication des partenaires est chronique, tout comme la consommation de substances illicites. Ces comportements induisent des maladies dangereuses. D’où par exemple le refus jusqu’à maintenant des dons du sang de cette population à risque, qui pourrait être annulée pour de dangereuses raisons idéologiques. Les transfusés risqueraient pourtant d’être contaminés, rappelant le scandale des années 1980. La culture homosexuelle revendique une diffusion maximale de la pornographie promouvant homosexualité, pansexualité, et les pires comportements. Que de dégâts certainement chez les préadolescents désormais confrontés à ces choses fort jeunes !
 

La volonté de créer les conditions de l’explosion de l’homosexualité

 
L’Europe Occidentale et l’Amérique sont le laboratoire depuis le XVIIIème siècle de la mise en œuvre des expériences les plus hasardeuses inventées en loges maçonniques. Rappelons que toutes les loges françaises par exemple s’affirment très officiellement et publiquement à la pointe du combat LGBT – Lesbiennes Gays Bisexuels, Transsexuels, tout un programme dès le titre. Les théories du genre, de plus en plus obligatoires, le terrorisme intellectuel avec la persécution des dissidents – y compris des Chrétiens rappelant des commandements bibliques – sous couleur de lutte contre « l’homophobie », l’éclatement chaque jour favorisé par la législation et les usages – eux-mêmes pour partie façonnés – de la famille authentique, tout ceci reconstitue le terrain idéal, si l’on ose dire, à la formation de profils psychologiques homosexuels. Tant de convergences, pour le pire et vers le pire, ne peuvent décidément pas être fortuites et paraissent relever d’une entreprise satanique.
 
Aussi le catholique doit-il rester ferme dans ses convictions, réviser au besoin le catéchisme – le plus clair reste celui de Saint Pie X – et surtout protéger ses enfants autant que possible de toutes les influences néfastes, des mauvaises écoles aux mauvais médias. La mesure la plus sûre consiste à se comporter soi-même de façon exemplaire. Ainsi trop de familles catholiques éclatent, détruisant le modèle clair de foyer catholique qu’il faudrait d’autant plus transmettre aux enfants que notre époque est corrompue et corruptrice.
 

Octave THIBAULT

 
A lire : « Homme, Femme, le mélange des genres », Savoir et Servir, 2015, 7 Euros.