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La BCE envisage l’achat de dette régionale et municipale

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Pour la BCE, il s’agit d’étendre encore davantage son interventionnisme, après la mise en route de la planche à billets à hauteur de mille milliards d’euros : elle envisagerait de commencer à acheter de la dette régionale et municipale en acquérant des obligations émises – par exemple – par la Ville de Paris ou la région de Bavière. C’est ce que croit savoir l’agence Reuters, qui annonce la mise en place de ce nouveau plan pour les alentours de mars 2016, en attendant d’autres mesures censées relancer la croissance dans la zone euro.
 
La Banque centrale européenne n’a pas voulu faire de commentaires.
 
Mais on la sent aux abois : son programme de « quantitative easing », fondé principalement sur le rachat d’obligations des Etats membres de la zone euro, ne s’accompagne que d’une croissance des plus modestes tandis que les prix stagnent.
 

La BCE cherche à diversifier sa politique d’achat de dettes

 
La décision sera débattue lors de la prochaine réunion, le 3 décembre, sous la présidence de Mario Dragi : selon Reuters, la BCE s’interroge ainsi sur les « grands marchés » que sont les grandes villes espagnoles, allemandes ou françaises. A l’heure actuelle, les régions et grandes villes européennes ont en circulation l’équivalent de près de 500 milliards de dollars d’obligations, dont 76 milliards émis au cours de la dernière année. Paris a ainsi « emprunté » un total de 4 milliards de dollars.
 
L’avantage des obligations municipales ou régionales est qu’elles reposent sur les gouvernements centraux : généralement moins bien notées par les agences, elles ont au moins l’avantage d’être associées à des réalités. « Certaines villes d’Espagne ou d’Italie sont en pleine faillite. Mais elles seront toujours là. Il y aura toujours quelqu’un pour rembourser. Elles ont le soutien des gouvernements et la capacité de lever des taxes », note une source de la BCE citée par Reuters.
 

La dette régionale et municipale de la zone euro garantie par le contribuable

 
L’hypothétique relance de la zone euro sur le dos du contribuable ? C’est bien de cela qu’il s’agit – même si les dettes régionales sont comptabilisées dans l’endettement général des Etats.
 
La Bundesbank allemande, traditionnellement hostile à l’impression de billets ex nihilo, pourrait en tout cas favoriser cette nouvelle forme de financement au niveau de la BCE, à l’heure où l’Allemagne, grande acheteuse des obligations régionales et municipales, est l’une des principales créancières dans ce domaine.
 
Au sein de l’UE, on n’est pas près de cesser de vivre à crédit, sans apparemment se soucier de la puissance colossale ainsi conférée à la BCE.
 

Anne Dolhein