Dans une émission grand public, « le gars de la science » Bill Nye propose de pénaliser les familles nombreuses

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Bill Nye


 
Bill Nye, nœud papillon, sourcils en circonflexe et tête rigolarde est un vulgarisateur scientifique américain connu surtout comme l’animateur de l’émission Bill Nye the Science Guy (le gars de la science) de Walt Disney, diffusée au cours des années 1990. On peut le voir aujourd’hui sur Netflix qui diffuse actuellement les 13 épisodes d’une nouvelle série grand public sous le titre Bill Nye Saves the World (Bill Nye sauve le monde), s’intéressant à des questions susceptibles d’attirer un jeune public : le réchauffement climatique, la montée des robots, l’invasion des Martiens, etc. Le 13e et dernier épisode s’intitule Earth’s People Problem et porte comme son nom l’indique sur le « problème » de la population humaine. Son idée-force ? Punir les habitants du monde développé s’ils ont trop d’enfants (« extra kids »). Ce sont des familles nombreuses qui sont dans la ligne de mire en raison, bien sûr, de leur « empreinte écologique ».
 
Sourire aux lèvres, Nye pose la question à un parterre d’experts : « Faut-il mettre en place des politiques qui pénalisent ceux qui ont des enfants en surnombre dans le monde développé ? », non sans avoir au préalable fait remarquer que l’absence de règles fédérales pour la mise en place d’un congé maternité obligatoire subventionné par l’Etat aux Etats-Unis est le signe du caractère « patriarcal » du gouvernement. Contrairement à celui de la Chine, montré en exemple pour sa politique à cet égard – cette Chine qui surveille et limite sévèrement le nombre d’enfants autorisés pour chaque famille. Et qui le fait notamment par le biais de la stérilisation et de l’avortement forcés
 

Bill Nye, le Monsieur Science de Walt Disney, veut pénaliser les familles nombreuses

 
Le panel interrogé comprend entre autres une partisane de l’avortement, Nerys Benfielf, et la responsable de la branche population et développement du fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), Rachel Snow. Mais c’est le docteur Travis Rieder, spécialiste d’éthique de l’institut Berman à l’université Johns Hopkins qui répond en soulignant que dans les pays développés, les enfants consomment jusqu’à 160 fois plus de ressources que dans les pays non développés. Pour lui, il faut « au moins envisager » une forme de punition pour les enfants en surnombre, à quoi Bill Nye rétorque qu’il faut donc envisager les manières de la mettre en œuvre.
 
Si Benfielf et Snow mettent en garde contre les pressions gouvernementales pour faire augmenter ou diminuer le nombre d’enfants naissant dans les familles, si Benfielf poursuit en dénonçant les campagnes de stérilisations forcées qui ont eu lieu aux Etats-Unis jusqu’aux années 1970, cette dernière ajoute que ces campagnes n’ont pas été abordées du point de vue de la justice, ce qui suppose qu’on pourrait y recourir aujourd’hui en l’incluant.
 

Dans une émission grand public, on suggère de contrôler la population pour lutter contre l’épuisement des ressources

 
Et ainsi l’idée du contrôle de la population progresse avec l’appui d’un vulgarisateur scientifique connu et aimé du public, et des suggestions qu’on fait passer en y ajoutant quelques restrictions critiques.
 
Tout l’épisode, en effet, est axé sur la manière d’obtenir que les couples choisissent eux-mêmes d’avoir moins d’enfants : à travers un meilleur niveau d’éducation des femmes et leurs choix de carrière, ainsi que par l’accès au planning familial. Si le mot avortement ne paraît pas au cours de la discussion, la promotion de la contraception est explicite et c’est Rachel Snow qui la première évoque le besoin de « justice et d’éducation ». Des mots codés volontiers utilisés par le lobby de la contraception et de l’avortement pour parler de l’accès à ce qu’il appelle la « santé reproductive ».
 

Jeanne Smits