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DRAME/DRAME HISTORIQUE Brooklyn ♥


 
Brooklyn est une des grandes parties fondatrices de l’agglomération de New York, situé à l’est de la ville historique, à l’est de la Baie de New York. Brooklyn a été urbanisé de manière intensive et rapide à la fin du XIXème siècle. Il y a quelques décennies, entre les années 1850 et 1950, Brooklyn a accueilli massivement une immigration irlandaise importante. Le film s’intéresse à cette dernière décennie, beaucoup moins connue et abordée par le 7ème Art que celle des années 1850-1860, au contexte beaucoup plus dramatique et au cœur de Gangs of New-York (2002) de Scorsese, pour prendre un exemple des plus réussis. Ce n’est plus la misère que fuient tant d’Irlandais dans ces années 1950, mais l’absence de perspective économique pour une jeunesse alors nombreuse dans un pays, à cette époque, modèle de catholicisme, avec malheureusement trop peu d’emplois sur place. A l’opposé, les Etats-Unis sont alors en pleine croissance ; une très nombreuse communauté irlandaise permet aussi de ne pas quitter complètement un cadre national en traversant l’Atlantique. Les Irlandais sont européens, anglophones et chrétiens, et ne posent donc aucun problème d’intégration.
 

Brooklyn montre le rôle social de l’Eglise

 
L’ambition de Brooklyn est celle de la reconstitution juste, sinon de la fresque historique. La petite histoire racontée paraît d’un intérêt secondaire : une jeune femme irlandaise, sans perspectives professionnelles ou personnelles au pays, émigre à New York. Elle y travaille, reprend des études, qu’elle réussit, et rencontre un fiancé, un Italo-américain, à la fois exotique pour une Irlandaise, mais appartenant à une même religion catholique, donc parfaitement admissible. Toutefois, elle doit brusquement rentrer à la mort de sa sœur unique, afin de revoir au moins une fois sa vieille mère évidemment très éprouvée. Le retour au pays se prolonge plusieurs semaines ; la jeune femme découvre alors une vraie opportunité professionnelle et un beau jeune homme riche fort intéressé par elle… Sans être totalement inintéressante, cette intrigue reste néanmoins un prétexte. Tout n’y est d’ailleurs pas parfait, avec des relations intimes préconjugales, ou l’épisode d’un mariage civil semi-clandestin.
 
Brooklyn concernera certes davantage le public irlandais. Mais la reconstitution soignée émeut à sa manière. Le rôle social de l’Eglise catholique, très positif pour les Irlandais des deux côtés de l’Atlantique est fort bien restitué, rareté au cinéma. Il n’y aura que les marxistes fanatiques, hélas culturellement dominants désormais, pour se plaindre de ce paternalisme bienveillant et somme toute efficace, et pour l’essentiel disparu.
 

Hector Jovien

 
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