Deux prestigieuses écoles catholiques jésuites en Australie soutiennent discrètement le « mariage » homosexuel

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L’archevêque Denis Hart a exhorté les catholiques à voter contre le mariage homosexuel.


 
Le Saint Ignatius College de Sydney et Xavier College à Melbourne ont discrètement pris parti dans l’actuel débat sur la légalisation du mariage des couples de même sexe en Australie en renvoyant l’ensemble de leurs communautés éducatives vers leur « conscience » en la matière, en une démarche qui contredit frontalement – pour le coup – les prises de position de la hiérarchie catholique sur le continent. Les deux prestigieuses écoles catholiques ne préconisent pas ouvertement de voter pour le « mariage » homosexuel, mais leur manière d’en parler est caractéristique.
 
Et elle est d’autant plus lourde de portée que ces des institutions – toutes deux jésuites – ont formé des générations d’hommes politiques australiens. L’ancien Premier ministre Tony Abbott et l’actuel vice-premier ministre Barnaby Joyce sont d’anciens élèves de St Ignatius tandis que le leader de l’opposition, Bill Shorten, fréquentait Xavier College.
 

Deux écoles jésuites soutiennent le mariage homosexuel en Australie

 
Les deux institutions ont adressé des lettres aux parents, à l’équipe éducative et aux élèves, où elles en appellent ouvertement aux enseignements du pape François sur l’amour, la miséricorde et le refus de juger, invitant chacun à agir en conscience, mais conformément à ces valeurs.
 
Le P. Chris Middleton, recteur de Xavier College, a notamment profité de l’occurrence pour appeler l’Eglise à réfléchir à l’écrasant soutien des jeunes à l’égalité devant le mariage, citant un archevêque irlandais qui avait invité la hiérarchie catholique à « redescendre sur terre ».
 
« Selon mon expérience, il y a unanimité quasi totale parmi les jeunes en faveur du mariage homosexuel, et les arguments en sens contraire n’ont quasiment pas d’impact sur eux. Ils sont poussés par un engagement émotionnel fort en faveur de l’égalité, et cela est certainement quelque chose qu’il faut respecter et admirer. Ils sont idéalistes par rapport à la valeur qu’ils attribuent à l’amour, la première des valeurs évangéliques », écrit-il, laissant peu de place au doute quant à son propre avis sur la question.
 

Le mariage homosexuel, c’est comme le mariage tout court, à en croire ces jésuites

 
Le P. Ross Jones, recteur de St Ignatius, a quant à lui insisté sur les droits que possèdent déjà les couples de même sexe en Australie, soulignant que nombre d’entre eux cherchent maintenant à se marier « pour les mêmes raisons que leurs pendants hétérosexuels ». Il est vrai qu’on ne se marie plus pour avoir des enfants, mais pour une satisfaction personnelle…
 
C’est bien ce qu’il pense : le père Ross Jones a mis en avant son avis selon lequel les couples catholiques peuvent « en bonne conscience » s’engager dans des relations sexuelles pour des raisons autres que la procréation, reprenant l’argument de cette variante de l’école de la loi naturelle qui s’appuie sur « l’ordre de la raison » plutôt que sur une vision « physicaliste ».
 
« On peut présumer que les couples de même sexe, qui s’engagent ainsi mutuellement en bonne conscience, le font en réfléchissant à l’expérience et à ce que signifie être humain, en utilisant la raison que Dieu leur a donnée », poursuit sa lettre du 24 août, soulignant au passage que cette affaire de « droit civil » ne devrait pas être marquée par une forte implication de la religion. Si l’Eglise a selon lui le droit de participer aux débats, ceux-ci ne portent pas sur « la signification sacramentelle catholique du mariage », affirme-t-il. En avant la musique, donc, d’autant que l’Eglise ferait bien de faire profil bas sur en matière sexuelle, précise la lettre, alors qu’elle est empêtrée dans des scandales de pédophilie.
 

Des écoles catholiques prestigieuses, supposées former les élites…

 
Les écoles jésuites Saint-Ignace et Xavier n’en reste d’ailleurs pas là. Le principal de la première école, Dr Paul Hine, vient ainsi de publier dans la revue officielle du collège un article où il rejette la mise en garde de l’archevêque de Melbourne, Denis Hart, qui avait affirmé que les couples homosexuels « mariés » – en cas d’adoption de la loi – encourraient leur licenciement dans les écoles et les paroisses catholiques. Hine a pris fait et cause pour les couples gay, affirmant qu’ils sont déjà bien assez attaqués « par les médias et les institutions religieuses ».
 
Bien sûr, tout cela s’est fait en invoquant la célèbre phrase du Pape François : « Qui suis-je pour juger ? »
 
Et quelle qu’ait été son intention, le résultat est là : les institutions chargées de former les élites catholiques de demain font la promotion de l’inversion, et de l’exact contraire de la doctrine catholique.
 

Jeanne Smits