fbpx

La Californie veut durcir sa législation à l’encontre des familles pratiquant l’école à la maison – ou comment paye le cas Turpin

Famille Turpin école maison
 
De l’horrible découverte de la maison des Turpin et de leurs treize enfants malnutris, sales, certains enchaînés à leurs lits, la presse américaine et internationale a fait ses choux gras et n’a retenu finalement qu’un seul élément : c’était une famille qui pratiquait l’école à la maison. Depuis, la machine législative s’est mise en marche, spécialement en Californie où ils résidaient. On en est encore seulement aux projets de loi. Mais tous les éléments sont réunis pour un serrement de vis remarquable et remarqué.
 
Nombre d’associations et de media libres sont déjà montés au créneau. Il en va d’une présomption d’innocence élémentaire et de la sauvegarde des droits parentaux. Ni plus ni moins.
 

L’école à la maison doit être réglementée

 
Comme l’a rapporté le Washington Examiner, les législateurs d’Etat sont au taquet pour introduire des lois durcissant l’accès à l’école à la maison, accès reconnu légal et même protégé par le Premier Amendement de la Constitution, comme en a jugé un tribunal en 1993. Le démocrate Jose Medina, représentant le comté de Riverside (résidence des Turpin), s’est déclaré « extrêmement préoccupé par le manque de surveillance de l’Etat de Californie dans le contrôle des écoles privées à domicile ».
 
Et de proposer illico une inspection annuelle par l’État des résidences où est pratiquée l’éducation à la maison. Ont été évoquées des visites surprise à domicile (fouilles sans mandat ?), des entretiens obligatoires pour les parents et les enfants, ainsi qu’une surveillance globale de la communauté « homeschool » par les agents de plusieurs ministères, y compris les Services de protection de l’enfance.
 
Tout cela, bien sûr, pour « s’assurer de la sécurité et du bien-être des étudiants ». Des mots au sens bien large, soupçonnables à loisir, surtout quand on sait que Jose Medina soutient la California Teachers ‘Association, le puissant syndicat vent debout contre l’école à la maison, qui criminaliserait volontiers les parents qui la pratiquent…
 

La turpitude des Turpin – il faut agir !

 
Tout est parti du cas Turpin, accusés de nuire à leurs treize enfants, âgés de 2 à 26 ans, en les enchaînant, en refusant de les nourrir et en leur infligeant des abus d’une sévérité inadmissible – et ce depuis visiblement plusieurs années. « Une maison de l’horreur » qui montre jusqu’où les hommes peuvent s’abaisser dans leur dignité… Mais où, malheureusement, on pratiquait aussi l’école à domicile (en Californie, les familles qui veulent scolariser leurs enfants à la maison doivent simplement enregistrer leur maison comme une école privée)
 
Là est, bien sûr, la source de tous les maux !
 
Car, comme le disait la porte-parole d’une association pro-réglementation, « Ces mêmes lois qui permettent aux parents de créer ces milieux innovateurs prospères permettent aux parents comme les Turpin de créer des maisons de torture privées parce qu’il n’y a pas de responsabilité ». Il y a une « faille juridique massive », a dénoncé l’historien Jeremy Young ! En tout cas, « un danger écœurant », écrit Damon Linker dans The Week.
 
Et de stigmatiser les associations de défense, telles la Home School Legal Defense Association (HSLDA), un groupe de défense juridique conservateur chrétien qui lutte pour conserver la liberté de ces familles ne souhaitant pas soumettre leurs enfants au programme orienté des écoles publiques. On parle de lobby « puissant » et « effrayant »…
 
La diabolisation est en cours. Le 18 janvier, le sénateur Matt McCoy a présenté un projet de loi exigeant que les familles avisent les surintendants des districts scolaires locaux de leur intention faire l’école à la maison. Des politiques d’Hawaï ont présenté une législation sévère impliquant la vérification d’antécédents de violence potentiels. « Au moins le respect des normes de santé et de sécurité ! » a clamé la Démocrate Susan Eggman dans le New York Times. C’est devenu une certitude : « Les lois laxistes sur l’éducation à la maison protège la maltraitance des enfants ».
 

Le syllogisme est utile en politique

 
Le raccourci est frappant – le syllogisme évident. Indice que les enjeux dépassent largement le cadre de l’affaire Turpin… et sont très nettement politisés. D’abord les arguments laissent à désirer. La fréquentation de l’école publique aurait évité ça ? On leur opposera que l’aîné des Turpin allait à l’Université et que donc le système éducatif n’avait rien vu non plus…
 
Quant aux chiffres donnés par les organisations sur le nombre de cas de négligence grave et mortelle sur les enfants scolarisés à domicile, on opposera aisément les derniers audits fédéraux des bureaucraties publiques de protection de l’enfance en Californie et au Texas révélant les échecs flagrants dans la détection des abus dans les familles. Et que dire des scandales d’abus sexuels dans les écoles des quartiers déshérités, les districts scolaires publics de banlieue et les riches écoles privées ?!
 
Selon les études publiées par l’Organisation mondiale de la santé, l’American Psychological Association, ou la Mayo Clinic, rien n’a jamais indiqué que l’école à la maison soit un facteur de risque de maltraitance et de négligence.
 

Contre la liberté et le droit fondamental des familles

 
Très nettement, donc, et de manière prévisible, les partisans de l’école publique et étatiste se saisissent d’un cas marginal, emblématique, pour mener à bien la reprise d’un système qui leur a, en partie, échappé – et de plus en plus, car le succès de l’école à la maison est croissant (deux millions d’élèves outre-Atlantique). On comprend à quel point il est irritant de voir se développer l’apprentissage personnalisé, le parrainage intellectuel des familles, la transmission des valeurs, loin des idéaux LGBT-istes et laïcards… d’autant plus que ces élèves rentrent davantage à l’Université !
 
Mais introduire une législation hâtive et intrusive porte à considérer comme suspect tout parent qui souhaite pratiquer ce droit légal. Ces individus seraient moins innocents que les autres ! Ce sont les droits des parents que l’on tente de spolier, leurs droits fondamentaux de faire des choix concernant l’éducation de leurs enfants.
 
Cette législation mise en place, elle ne manquera pas de se durcir inexorablement, jusqu’à ce que les parents finissent par céder le contrôle de l’éducation des leurs au gouvernement, comme le notait The NewAmerican. Car le risque sera gros, dès lors, de voir sa progéniture saisie par les Services de Protection de l’Enfance pour tel ou tel motif – on le voit très bien en Suède, ou même en France.
 
Le mal sous apparence de bien… Toujours cette même idée qui se vérifie dans tous les domaines, à savoir que la liberté est nocive par elle-même, puisqu’elle peut conduire à des excès, à de la turpitude (forcément, le péché originel étant passé par là). Sous prétexte de neutraliser le mal potentiel, on impose un sage totalitarisme… qu’on assortira d’idées choisies.
 
Clémentine Jallais