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Le FMI reconnaît que son soutien à l’euro est une catastrophe pour la Grèce

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C’est l’heure des aveux et des excuses pour le Fonds monétaire international (FMI) dirigé par Christine Lagarde. Il reconnaît que le soutien systématique qu’il a donné à l’euro, fondé sur une conviction politique, l’a poussé à transgresser toutes ses règles et a provoqué une catastrophe économique dont la Grèce n’est pas la seule victime.
 
C’est un rapport rédigé par l’organisme de surveillance du FMI lui-même qui reconnaît la chose. Le soutien initial de l’institution à l’euro procède d’un soutien unanime du comité de direction au projet politique de l’Union européenne et de la conviction que l’euro en était un instrument déterminant. Et par la suite, cette conviction s’est maintenue dans les tempêtes économiques et monétaires, en dépit de tout bon sens : la politique du FMI a ainsi souffert d’un biais systématique, de nature politique. Elle a mené la Grèce à la catastrophe, et s’est exercée au détriment de pays d’Asie et d’Afrique qui auraient eu besoin de l’argent du FMI.
 

Le FMI reconnaît  un mauvais fonctionnement interne

 
Le FMI, le rapport le reconnaît, a ainsi transgressé ses règles lors des trois renflouements nécessaires à la survie de l’Euro, celui de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande : dans ces trois cas, le plafond des versements normaux a été multiplié par 2.000 %. Ce qui a mené le FMI a effectué 80 % de ses versements annuels aux canards boiteux de la zone euro, au détriment bien sûr des pays d’Asie et d’Afrique, qui s’en plaignent.
Ce qui est frappant ans le rapport, c’est que les procédures de travail du FMI ont été totalement anormale et aberrantes : « Beaucoup de documents étaient préparés en dehors des canaux habituels. On ne sait même pas qui a pris certaines décisions, quel rôle jouait qui dans la chaîne de commandement ».
 

Le soutien à l’Euro catastrophe pour la Grèce

 
Mais le plus grave était une « pensée de groupe » qui refusait de prendre la réalité en compte, ne voyant que « les avantages d’une monnaie unique ». En particulier le FMI négligeait le risque de gonflement des déficits courants et d’arrêt soudain des flux de capitaux. Jusqu’à mi 2007, concernant la participation de la Grèce à l’Euro, « la possibilité de financement externes n’était pas un problème ». Et de manière générale, le « FMI n’a pas su anticiper ». Quant à la Grèce, un sous rapport reconnaît qu’elle a été forcée à un véritable essorage de son économie, de l’ordre de 11 % du PIB, sur les trois premières années. Tant et si bien que l’ancien ministre de l’économie grecque exige la tête de Poul Thomsen. En particulier la politique fiscale imposée à la Grèce a eu des résultats catastrophiques sur la croissance en raison de la fragilité de son économie. Ce qui amène cette conclusion : « L’ampleur des erreurs d’appréciation sur la croissance grecque est tout à fait extraordinaire ». Et d’ajouter : « Si empêcher la contagion internationale était le premier souci du FMI, le coût de cette prévention aurait dû être soutenu au moins en partie par la communauté internationale. » Dont acte.

Pauline Mille