Alberto Bárcena, spécialiste de la franc-maçonnerie, dénonce le caractère luciférien de ses rites

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Temple maçonnique du Grand Orient de France, rue Cadet, Paris.


 
Professeur d’histoire à l’université CEU San Pablo de Madrid, Alberto Bárcena est aussi un spécialiste de la franc-maçonnerie en Espagne et auteur du livre Iglesia y masonería, las dos ciudades (Eglise et maçonnerie, les deux cités) publié il y a quelques mois. Dans un entretien accordé à Infocatolica, il revient sur une de ses idées force : il importe moins de savoir qui appartient ou non à la franc-maçonnerie, mais de regarder les faits. « A leurs fruits vous les connaîtrez »… A partir de là, Alberto Bárcena affirme que l’ONU et d’autres organisations moins transparentes comme les Bilderberg sont utilisées pour atteindre les objectifs de la maçonnerie qui, passant par l’ingénierie sociale, visent à la destruction de la famille. Et ce au mépris des souverainetés nationales. Son premier constat : les rites maçonniques ont un caractère luciférien.
 
« En voyant les rites maçonniques on finit par comprendre qu’à l’intérieur de la maçonnerie, on adore Lucifer, même si jamais on ne l’y appelle Satan. L’objet de la maçonnerie est cet “objet caché” qu’ils offrent à l’initié pour le rendre supérieur. Et dans ce voyage initiatique, il rencontre Lucifer. Ils peuvent changer son nom ou le camoufler derrière des rites, mais dans certains de ces rites cela est très évident, comme lorsqu’on piétine un crucifix », explique Alberto Bárcena.
 

Les rites lucifériens de la franc-maçonnerie non contestés par un haut maçon

 
Celui-ci raconte comment il a pu échanger avec le petit-fils d’un franc-maçon du 33e° qui voulait l’initier. « Je lui ai parlé des rites et il m’a répondu : “Cette partie, je la connais déjà, Lucifer est celui qui apporte la connaissance à l’homme au paradis et Dieu celui qui expulse les deux.” Pour eux, Lucifer est l’allié de l’homme. Au cours d’une conférence à laquelle j’ai participé en même temps qu’un ancien Grand Maître de la Grande loge d’Espagne, Tom Sarobe, j’ai lu en public, en long et en large, le rituel maçonnique, parce qu’une dame dans le public me l’avait demandé. Lorsque j’eus fini, Sarobe, qui s’était présenté comme maçon, ne dit pas un seul mot. C’est alors que j’ai su que ce que j’avais lu correspondait à la vérité. Il était là en tant que représentant de la maçonnerie et s’il ne m’a rien dit après m’avoir entendu, nous pouvons supposer qu’il approuvait ».
 
Interrogé sur le fait que ces rites évoquent l’adoration du diable et donc la haine de l’Eglise, Bárcena répond :
 
« Il n’y a pas de moyen terme, et d’ailleurs c’est écrit dans l’Evangile : ou avec moi, ou contre moi. On ne peut servir deux maîtres : on ne peut servir Satan, qui se rebelle contre Dieu, et le Christ. La double appartenance n’est pas possible. S’il n’en était pas ainsi, pourquoi piétinent-ils les crucifix ? Pourquoi disent-ils dans ce rituel : “Cette croix, symbole de mort et de destruction, qu’elle sorte du monde ?” Pourquoi ont-ils toujours persécuté l’Eglise catholique ? Pourquoi ont-ils imposé une morale complètement contraire à la doctrine sociale de l’Eglise ? »
 
Et de noter qu’aujourd’hui les maçons se cachent moins : le collège des avocats de Madrid a même convoqué une conférence sous le titre « Catholiques et maçons » où était invité le président du conseil suprême du 33e degré, flanqué d’un jésuite qui soutenait ses thèses maçonniques.
 

Alberto Bárcena voit des infiltrations de la franc-maçonnerie dans l’Eglise

 
Il y a « évidemment » une infiltration maçonnique dans l’Eglise selon Bárcena. « Il est plus facile de démolir l’Eglise de l’intérieur que du dehors. Certains le font de manière consciente et d’autres sont des collaborateurs qui peuvent ne même pas se rendre compte de ce que cela signifie, des gens qui se trompent. Ils ont joué au relativisme et la confusion est tellement grande que cela a servi de bouillon de culture pour que tout cela advienne ».
 
Pour ce qui est de la politique en Espagne, Bárcena est persuadé qu’il s’y déploie aujourd’hui de nombreux maçons, tous partis confondus. Et de souligner que les actes politiques de Zapatero étaient clairement « pro-maçons ». « Il a mis en œuvre une politique laïciste quasiment dictée par la loge du Grand Orient de France. Zapatero reconnaît dans sa biographie autorisée (…) que la seule chose digne d’adoration est l’homme. C’est le révélateur d’une gnose anthropocentrique, la gnose maçonnique ».
 
Bárcena pointe notamment les nouveaux programmes scolaires en Espagne où l’on ne se contente plus de rejeter l’enseignement catholique : de manière beaucoup plus efficace, ils cherchent à former les enfants au « nouveau système de valeurs ». Ainsi Zapatero, s’il a pu dire qu’il n’était pas franc-maçon, a en tout cas réalisé une ingénierie sociale anti-chrétienne et maçonnique « toujours debout aujourd’hui parce que Rajoy l’a consolidée ». Sans vouloir se prononcer sur le fait de savoir si Mariano Rajoy est lui-même franc-maçon, l’auteur signale que le Premier ministre espagnol a peu à peu écarté les membres pro-vie de son gouvernement et de son parti : « Aujourd’hui le PP est un parti tout aussi relativiste que le PSOE » socialiste espagnol, rappelle-t-il.
 
Ambition ou appartenance, il importe moins en effet de savoir qui est maçon ou pas que de constater la promotion d’une politique maçonnique.
 

Le spécialiste Alberto Bárcena constate le caractère maçonnique de la politique de l’ONU

 
A propos de l’ONU, Bárcena évoque la réalité du travail de l’ombre :
 
« Lorsqu’on met en place certaines politiques le langage qu’on utilise à cette fin est très étudiée. Les experts des Nations unies (…) imposent leurs lois sans compter avec les citoyens. Ces experts créent le “consensus” avec les agences de l’ONU elle-même, puis tiennent des sommets en marge des parlements nationaux. Ces mises en œuvre n’ont rien de démocratique ».
 
Et ils font ce travail au moyen de « mots talisman : tolérance, liberté, reconnaissance de droits ». « C’est un discours construit apparemment autour d’un message positif. Ils savent très bien comment envelopper le message pour qu’il ressemble à un pas en avant alors qu’en réalité il s’agit de lois antidémocratiques qui punissent ceux qui ne sont pas d’accord avec elles ».
 
Evoquant de manière plus précise l’histoire d’Espagne, Bárcena rejette comme invraisemblable ce qui est colporté à propos du général Franco, qui aurait demandé par deux fois à faire partie de la maçonnerie. C’est pour le discréditer, assure-t-il. « Qui peut donc croire qu’ils auraient refusé un général de son importance ? » De fait, Franco a créé un tribunal pour réprimer la maçonnerie et le communisme entre 1940 et 1963, refusant que des maçons accèdent aux charges publiques.
 

Le poids luciférien de la franc-maçonnerie

 
Infocatolica demande alors : « N’est-il pas un peu infantile de croire que toutes les attaques contre l’Eglise viennent de la maçonnerie ? »
 
Réponse : « Au moins, la maçonnerie a toujours été impliquée dans ces attaques et à l’occasion elle a même pris des devants. Au XIXe siècle, la maçonnerie demandait déjà le divorce et le mariage civil. Léon XIII a dénoncé cela dans son encyclique Humanum Genus. En France, lorsque l’avortement a été approuvé, la ministre s’est appuyée sur un conseiller maçon, Pierre Simon, Grand Maître du Grand Orient de France, auteur de De la vie avant toute chose, une œuvre qui n’était en rien pro-vie. Celui-ci reconnaît que la loi d’avortement est une victoire de la maçonnerie sur la pensée judéo-chrétienne ».
 
Interrogé sur les liens entre la maçonnerie et le Nouvel ordre mondial, Soros, Rockfeller et Hillary Clinton, Bárcena répond : « Le projet mondialiste fait partie de la maçonnerie depuis toujours. Dans certaines loges, c’est avec davantage d’intensité, mais ils ont toujours été mondialistes et messianiques à leur manière. Cette accumulation de pouvoirs est un projet maçonnique. Ils veulent arriver à une réforme de tout le système de valeurs de l’Occident que pour partie, ils ont déjà démoli au cours des années 1990. A cette fin, ils utilisent les grands sommets de l’ONU sur la population, la femme… Celui du Caire et celui de Pékin montrent le chemin de ce qu’il faut faire pour en finir avec le concept de famille et pour mettre en place de nouveaux modèles : c’est une opération anti-chrétienne ».
 
A propos des Bilderberg, il précise : « Pour comprendre ce club il faut comprendre une autre organisation écran de la maçonnerie : le Conseil sur les relations extérieures, le CFR, lié au Traité de Versailles, qui a mis en place le club Bilderberg au cours des années 1950. Le principal assistant du président Wilson qui était à Paris pour la signature du traité de Versailles en 1919, le colonel Edward Mendel House, maçon maniant par ailleurs un pouvoir énorme, convoqua les représentants des délégations américaines et anglaises présentes lors de la signature du Traité, mais pas tous : il se borna à ceux appartenant à une organisation écran de la maçonnerie appelée “La Table Ronde”. On fonda alors le CFR, en théorie pour améliorer la connaissance du monde aux États-Unis. En réalité, depuis son origine, il s’est agi d’un centre de pouvoir occulte qu’il est essentiel de connaître pour comprendre la politique nord américaine. La moitié de ses membres sont francs-maçons et l’autre moitié suit leur politique au pied de la lettre. Bilderberg, c’est la même chose mais un autre niveau. Au fond, il a davantage de pouvoirs que le CFR. Les deux sont des forums de rencontres où l’on développe des politiques, entre financiers et politiques pro-maçonniques. Mais cela se passe toujours en marge des intérêts nationaux et des parlements. Ce sont des pouvoirs non élus, c’est une gouvernance transnationale même s’ils se déguisent sous des apparences de liberté et de démocratie ».
 
Comment combattre efficacement la maçonnerie, demande pour finir Infocatolica. Bárcena répond : « Mon expérience est que celui qui connaît ces faits, et je le dis à travers mes livres et mes conférences, rejette clairement la maçonnerie. Personne n’aime être manipulé comme une marionnette ni savoir que nous n’avons aucune maîtrise de notre avenir en tant que pays redessiné selon un système de valeurs contraires. Il est fondamental de le faire savoir. Et que celui qui est croyant, prie ».
 

Jeanne Smits