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Le gouvernement lance les salles de shoot

Gouvernement salles shoot

La “salle d’injection supervisée” de Vancouver, au Canada. Une expérience que la gauche veut importer.


 
Le Journal Officiel a publié ce vendredi 25 mars l’arrêté du gouvernement validant l’expérimentation en France de salles de shoot, selon ce que le Parlement avait décidé en validant, en décembre dernier, la loi Santé. Ou plutôt, comme il le dit avec une nuance qui ne changera rien aux résultats, d’« espaces de réduction des risques par usage supervisé, autrement appelés “salles de consommation à moindre risque” »…
 
« Il ne s’agit en aucun cas de banaliser la consommation de drogues. Mais fermer les yeux face à une telle réalité sociale et sanitaire ne fera pas disparaître le problème. La France fait donc le choix d’inclure plutôt que d’exclure. D’accompagner, plutôt que de stigmatiser », affirme, dans un communiqué, le ministre de la Santé Marisol Touraine. Les « salles de shoot » seront réservées aux toxicomanes majeurs qui bénéficieront de « conditions d’injection sécurisée et de matériel stérile », et pourront avoir des contacts avec des professionnels de santé, précise le ministère.
 

Un arrêté pour les salles de shoot

 
« L’arrêté publié aujourd’hui fixe les modalités concrètes (présence du matériel médical, horaires d’ouverture, déroulement de la consultation d’accueil, etc.) que devront respecter les associations porteuses de projets de SCMR (salles de consommation à moindre risque), en lien avec les collectivités locales », ajoute le communiqué.
 
Et de fait, l’arrêté entre dans les détails tant sur l’implantation ou les utilisateurs qu’en ce qui concerne le financement.
 
Des expérimentations d’une durée de six ans doivent ainsi démarrer assez rapidement à Paris et à Strasbourg. A Paris, ce sera dans l’enceinte de l’hôpital Lariboisière, ce qui « doit rassurer », assure le ministre. A Strasbourg également, la structure sera hébergée au sein de l’hôpital, même si elle sera gérée par des associatifs. Avant sans doute de s’étendre à d’autres villes…
 
Le ministère précise que, en de nombreux pays, cette expérience a fait ses preuves : Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse, « induisant ainsi une diminution des comportements à risque, des overdoses mortelles et parfois même l’accompagnement vers des traitements de substitution ».
 

Le gouvernement a-t-il répondu à toutes les questions ?

 
Malgré toutes les précautions annoncées, le gouvernement n’a pu empêcher les riverains de manifester une inquiétude sourde. On veut bien croire que le gouvernement n’entende pas « banaliser la consommation de drogues », comme le dit Marisol Touraine. Mais comment empêcher qu’il y ait, effectivement, concentration de toxicomanes aux abords de ces salles ?
 
Il y a pire. Alors que des voix récurrentes s’élèvent toujours pour demander la dépénalisation de certaines (au moins…) substances illicites, cet accompagnement, même médicalisé, peut être perçu par ceux qui appellent à l’utilisation légale de certaines drogues comme un encouragement. Voire une avancée…
 

François le Luc