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Jean-Claude Juncker ne veut plus de référendums sur l’Union européenne…

Jean Claude Juncker référendums Union européenne
 
Interrogé par Euronews, le président de la Commission européenne ne cache pas son inquiétude par rapport à l’état de l’UE : Jean-Claude Juncker y reconnaît que  « l’Union européenne entre dans une phase de dernière chance puisque le fossé entre les citoyens européens et l’action publique et politique de l’Union européenne se creuse presque chaque jour davantage ». Il a voulu y remédier, mais il faut croire qu’il reste lucide : à propos d’éventuels référendums comme celui sur le Brexit, il a avoué qu’il n’estime « pas sage d’organiser de tels débats ». Le président de la Commission de Bruxelles craindrait-il de nouveaux « Exits » ?
 
C’est ce que comprend, sans trop se forcer, le quotidien britannique Daily Mail, qui titre ce mardi : « Le président européen Jean-Claude Juncker supplie les leaders de l’UE de ne pas organiser des référendums “rester ou partir”, parce que les électeurs choisiront de PARTIR. »
 

Les référendums sur l’UE ne sont « pas sages »…

 
Le trait est quelque peu forcé, car Juncker n’a rien dit d’aussi cru. Isabelle Kumar, d’Euronews, l’interroge sur le nouveau « leader d’extrême droite » qui pourrait bien être élu dans quelque jours en Autriche, Norbert Hofer, et la possibilité que celui-ci convoque un référendum sur l’adhésion à l’Union européenne. « Les choses deviennent très inquiétantes, n’est-ce pas ? » L’eurocrate répond :
 
« Mais on ne peut pas nier, ni enlever leur droit aux peuples d’Europe de s’exprimer par suffrage universel, et donc lors de referenda sur l’appartenance à l’Union européenne. Je crois que ce n’est pas sage d’organiser de tels débats. Non pas parce que je douterais du résultat final mais parce que cela ajouterait des controverses aux controverses déjà nombreuses au sein de l’Union européenne. D’ailleurs je ne crois pas que le prochain président de l’Autriche, qui que ce soit, va se lancer dans une telle aventure. »
 

Jean-Claude Juncker accorde un entretien sur l’Union européenne

 
Tout cela reste assez sybillin mais le fait est que tous les peuples qui ont eu la chance d’être interrogés sur l’Union européenne ont d’emblée dit non – et soit on n’a pas tenu compte de leur choix, comme ce fut le cas pour les Pays-Bas et la France, soit on les a fait revoter, comme les Irlandais.
 
Juncker dénonce ensuite la différence entre les « propos de campagne et les réalisations concrètes » : « C’est tout de même invraisemblable qu’on s’accommode à dire que les propos de campagne sont une chose, que les réalisations après sont autre chose. C’est un déni de démocratie. On ne peut pas dire n’importe quoi pendant les campagnes électorales. » Cela ne manque pas de sel. A quand des candidats qui annonceront que pendant leur mandat, le chômage augmentera, les impôts se multiplieront pour tous, on accueillera des centaines de milliers de « réfugiés »… Toutes ces choses parfaitement prévisibles – et d’ailleurs liées à la mondialisation à laquelle l’UE contribue largement – font partie de ce qu’on occulte. Juncker le premier.
 

Marine Le Pen « ne sera pas » présidente de la France, assure Jean-Claude Juncker

 
Il a fait une autre promesse, ou une prédiction si l’on préfère, en réponse à une question d’internaute – et l’échange est intéressant :
 

Si Marine Le Pen était élue, cela serait-il le dernier clou dans le cercueil du projet européen ?

 
— C’est une hypothèse que je n’envisage pas.
 

Quelle est l’hypothèse que vous n’envisagez pas ?

 
— L’hypothèse que Madame Le Pen serait la présidente future de la République française. Elle ne le sera pas.
 

Après le Brexit, est-ce vraiment réaliste de dire cela avec autant de certitudes ?

 
— Ecoutez, il ne faut tout de même confondre les gens ni les pays. Le Brexit a d’autres causes profondes que ne pourrait l’avoir une improbable victoire de Madame Le Pen en France. Et donc il ne faut pas faire un amalgame que je jugerais être dangereux
 

Les sondages donnent pourtant une victoire de Marine Le Pen comme une sérieuse éventualité…

 
— Continuez à vous fier aux sondages…
 

L’Union européenne pourrait-elle survivre si elle devenait présidente ?

 
— C’est une question qui ne se pose pas.
 
Mais comment peut-il le savoir ?
 
Le reste de l’interview est à regarder et à lire ici.
 

Anne Dolhein