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Lemonaid, une appli pour permettre aux femmes de contourner les difficultés d’accès à la contraception

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C’est pour venir en aide aux plus pauvres… Une nouvelle application vient de voir le jour, qui promet aux femmes américaines ayant des difficultés d’accès à la contraception pour toutes sortes de raisons de pouvoir l’obtenir facilement par Internet ou via un Smartphone. L’appli Lemonaid (un jeu de mots sur lemonade, ce qui veut dire limonade) leur promet de contourner les obstacles médicaux, financiers et de confidentialité qui peuvent les empêcher d’obtenir la pilule et d’autres formes de planning familial.
 
Pour cette génération de femmes, ce sera une vraie révolution, se réjouit la presse féminine.
 

Moins chère, simple, sans visite médicale, la contraception par Lemonaid

 
Lemonaid se propose de simplifier les choses et de réduire les coûts liés à la prescription de contraceptifs. Il s’agit notamment d’éviter la visite obligatoire chez le médecin. Pour la modique somme de 15 dollars américains, les femmes pourront obtenir une consultation en ligne, soit par « chat » soit par vidéo, et se voir proposer les contraceptifs à 9 dollars par mois pour celles n’ayant aucune couverture d’assurance maladie, évitant du même coup les frais d’une visite facturée bien plus cher.
 
Sans assurance, les contraceptifs représentent un budget d’entre 20 et 50 dollars par mois pour les femmes aux Etats-Unis.
 
Avec Lemonaid le « service » s’annonce bon marché et rapide : la prescription de trois mois demandée pourra être communiquée au pharmacien choisie par la patiente dans les deux heures au meilleur des cas, et au pire, dans les 24 heures. Le médecin peut soit établir une nouvelle prescription en ligne ou bien prolonger une prescription existante.
 

Une appli pour promouvoir le planning familial, malgré les risques

 
L’affaire est présentée comme une lutte contre la pauvreté et l’inégalité. Lemonaid invoque les obstacles financiers rencontrés par les femmes à bas revenus dont les options en matière planning familial sont réduites et qui affichent un plus fort taux de grossesses « non désirées ». Il s’agit donc clairement d’éviter ces naissances que les malthusiens présentent comme une charge pour la société. Lemonaid accuse au passage la politique des prix des contraceptifs qui est entre les mains des « hommes politiques conservateurs ».
 
Pour l’heure, l’appli n’est disponible que dans sept Etats : la Californie, la Floride, Michigan, New York, l’Ohio, la Pennsylvanie et Washington. Lemonaid travaille à étendre son domaine d’action, affirmant vouloir continuer de contourner les décisions de législateurs cherchant à limiter ou à empêcher le financement des contraceptifs.
 
Reste la question du risque sanitaire posé par de nombreuses molécules contraceptives. Une consultation en ligne, qui ne comporte pas de contact direct entre la patiente et le médecin, est évidemment une porte ouverte à des prescriptions imprudentes au bénéfice de femmes dont l’état de santé augmente le risque grave de thrombose et autres accidents liées à la contraception chimique par exemple.
 
En dehors de toute question morale, qui sera responsable alors ?
 

Anne Dolhein