Mgr Bialasik, évêque d’Oruro en Bolivie, interdit la communion dans la main

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Les Pèlerins d’Emmaüs (détail), Jean-Baptiste de Champaigne vers 1665.


 
Mgr Krzysztof Janusz Bialasik Wawrowska, missionnaire polonais en Bolivie depuis plus de vingt ans lorsqu’il a été nommé évêque d’Oruro par Benoît XVI, vient d’officialiser sa décision d’interdire la communion dans la main dans l’ensemble de son diocèse. C’est par un décret – le premier de l’année – que le prélat a confirmé et imposé en la fête de l’Epiphanie ce qu’il avait demandé par oral lors de son homélie du 16 août dernier. A ce moment-là, déjà, Mgr Bialasik avait déploré les profanations auxquelles la communion dans la main peut donner lieu : le fait que des fidèles ne consomment pas l’hostie mais l’emportaient à des « fins inconnues ».
 
Il est donc allé plus loin en prenant la décision – courageuse par les temps qui courent – de revenir sur une pratique dont les fidèles en sont venus à penser qu’il s’agit d’un droit, voire d’une norme. Nombreux sont ceux qui se souviennent d’une époque récente où des prêtres refusaient, parfois avec violence, de donner la communion sur la langue.
 

Mgr Bialasik invoque les profanations pour interdire la communion dans la main

 
Le décret de Mgr Biasalik a rappelé que « recevoir la communion dans la main est la loi universelle de l’Eglise », même depuis la réforme liturgique qui a fait suite au Concile, « non seulement parce que cela est fondé sur un usage traditionnel multiséculaire, mais principalement parce que cela exprime la révérence des fidèles à l’égard de l’Eucharistie ».
 
Il souligne également que la communion dans la main n’est autorisée que dans le cadre d’un « indult à cette loi universelle que le Saint-Siège peut accorder au cas par cas à une conférence épiscopale lorsque celle-ci le demande ».
 
« L’ordonnancement de la sainte liturgie dépend exclusivement de l’autorité de l’Eglise, qui dans chaque diocèse est exercée par l’évêque diocésain (…) à qui il appartient de donner des normes obligatoires en matière de liturgie pour tous les fidèles de la portion de l’Eglise qui lui est confiée, en ayant soin des besoins concrets de celle-ci et du bien des âmes », poursuit le décret.
 

A Oruro, en Bolivie, l’évêque interdit la communion dans la main selon les règles de l’Eglise

 
Mgr Bialasik rappelle enfin des documents romains récents pour souligner que « s’il existe un danger de profanation, on ne distribue pas la communion aux fidèles dans la main ».
 
« Vu qu’insister sur la pratique générale de la communion dans la bouche est ce qui convient le mieux à ce diocèse, non seulement pour aider à une réception plus dévote de l’Eucharistie et pour soutenir la foi en la présence réelle et substantielle de Jésus-Christ dans celle-ci, mais aussi pour éviter les profanations du Corps du Christ… », l’évêque « réaffirme pour le diocèse d’Oruro l’obligation de suivre la loi générale de l’Eglise de recevoir la communion dans la bouche, l’indult permettant de communier dans la main ne devant pas être appliqué ».
 

Anne Dolhein