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L’OCDE met en garde contre la bulle : la surchauffe immobilière annonce une chute globale des prix

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L’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) vient d’annoncer que les prix de l’immobilier ont tellement grimpé dans les économies les plus avancées que l’on pourrait bien aller au devant d’un effondrement général de la bulle. La surchauffe immobilière pourrait annoncer une chute globale et « massive » des prix, le marché des actifs se révélant selon l’économiste en chef de l’organisme international, Catherine Mann, d’une grande vulnérabilité alors que l’inflation est partie à la hausse.
 
Parmi les pays épinglés par l’OCDE, on note la présence du Canada et de la Suède, et à un degré moindre, du Royaume-Uni. Aussi la presse suédoise et la presse britannique ont-elles donné une grande place à cette information qui concerne pourtant tout le monde.
 
Mme Mann a signalé que nombre de pays, au premier rang desquels figurent également l’Australie et Nouvelle-Zélande, ont vu les prix de l’immobilier augmenter fortement depuis 2002, une tendance qui ne se maintiendra pas alors que l’on constate déjà un ralentissement des ventes. Ralentissement qui devrait mécaniquement, alors que le nombre des transactions est en baisse, aboutir à une chute des prix.
 

OCDE : la bulle immobilière globale pourrait s’effondrer très vite

 
Pour le Royaume-Uni, Catherine Mann signale cependant que la baisse des prix pourrait avoir des retombées positives. Partiellement liée au vote en faveur du Brexit, elle pourrait profiter aux autochtones dans la mesure où ce seraient en priorité les acquéreurs étrangers qui en supporteraient la charge. Le marché se modifie déjà à Londres, l’une des capitales les plus chères au monde pour ce qui est de l’immobilier.
 
En janvier dernier, 41,5 % des logements à vendre à Londres trouvaient acquéreur à un prix plus élevé que la proposition initiale. En novembre, cette proportion était déjà tombée à 23 %. Pour l’ensemble du pays, ces pourcentages étaient de 29,8 % en mars et de 23,1 % en novembre. Tout cela suggère que le marché britannique a pu atteindre son point d’inflexion alors que les acheteurs potentiels sont en train de l’abandonner en raison des incertitudes autour du Brexit. Tant que l’offre reste modeste comme c’est le cas aujourd’hui, la chute des prix ne sera pas très rapide. Mais cela pourrait changer.
 
Dans le contexte actuel de surchauffe, on note qu’une proportion non négligeable d’étrangers – quelque 40 % – figure parmi les récents acquéreurs dans les quartiers ouest de Londres. Les Chinois, les Emiratis, les Suédois, les résidents de Hong Kong et les citoyens américains représentaient pour chaque groupe aux alentours de 5 % des transactions, et les Européens environ 15 %.
 

La surchauffe permet de prédire une chute globale des prix

 
Selon le Fonds monétaire international, 57 pays ont retrouvé ces derniers temps des prix de l’immobilier quasi équivalents à ceux de la période de surchauffe juste avant la crise de 2008, ce qui semble également annoncer une chute prochaine.
 
Pour l’OCDE, la surévaluation de l’immobilier en de nombreux pays du monde pourrait être suivie d’une chute d’autant plus brutale que des investisseurs chercheront à se défaire très vite de biens dont la valeur risque encore de chuter, après avoir été artificiellement maintenue à la hausse par le biais des politiques monétaires laxistes.
 
C’est pourquoi l’OCDE s’intéresse également à la hausse des taux, notamment celle décidée par la Réserve fédérale américaine – de nouveaux ajustements à la hausse étant prévus – en soulignant son impact sur les économies émergentes dès lors que celles-ci sont fortement endettées en dollars. Le financement de la dette y pèsera de plus en plus lourd sur le budget, ce qui aura également des répercussions globales.
 

Anne Dolhein