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Paroxetine : un antidépresseur inefficace qui provoque des suicides

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Une étude australienne publiée par le British Medical Journal confirme que l’antidépresseur Paroxetine, loin de soigner la dépression – il n’est pas plus efficace qu’un placebo – peut pousser les jeunes à l’automutilation et au suicide. Les recherches menées par le Groupe Critical and Ethical Mental Health Research de l’université d’Adelaïde mettent également en lumière le fait que les effets non désirables graves de la molécule ont été minimisés lors de sa commercialisation.
 
Déjà très populaire chez les médecins au cours des années 1980 et 1990, Paroxetine avait leurs faveurs en raison de sa supposée efficacité et de son absence d’effets secondaires handicapants. Des milliards de pilules ont été écoulées et le médicament continue d’être prescrit en France par exemple, y compris à des personnes très âgées, malgré la violence de certains de ses effets secondaires : angoisse, hallucinations… et dépression.
 
Les chercheurs se sont contentés de revoir et d’évaluer les données sur lesquelles étaient fondées les études d’origine qui laissaient croire que la Paroxetine était moins dangereuse que les antidépresseurs existant sur le marché, notamment pour les jeunes.
 

La Paroxetine liée à 11 comportements suicidaires ou automutilations sur 100 jeunes utilisateurs lors des études d’origine

 
L’équipe estime que la Paroxetine comporte deux fois plus de risques d’effets indésirables graves en tous genres, et quatre fois plus d’effets indésirables psychiatriques qu’annoncé. « Sur un total de 100 personnes ayant pris de la Paroxetine, 11 ont présenté un comportement suicidaire ou des automutilations, contre une seule dans le groupe placebo », affirme le Pr Jon Jureidini, responsable de l’étude.
 
Soulignant que les médecins fondent leur décision de prescrire ou non la molécule sur de fausses données à propos des effets indésirables, il a noté que cela est lié « à la manière dont les résultats de l’étude ont été publiés », invitant les médecins à la « prudence » au moment de choisir la Paroxetine.
 
C’est en analysant des données recueillies entre 1994 et 1998, synthétisées en 2001 dans le cadre d’une étude rassurante publiée par GlaxoSmithKline qui avait alors la propriété de la molécule (le laboratoire l’a vendue depuis), que l’équipe de Jon Jureidini a constaté que les conclusions réelles auraient dû être très différentes.
 

Paroxetine : un antidépresseur inefficace aux effets néfastes

 
Il remet en cause les procédures d’autorisation des nouvelles molécules, soulignant que la vérification des études devrait comporter la possibilité d’accéder aux protocoles d’origine pour constater que les directives ont bien été suivies, ainsi que l’accès aux données individuelles afin de vérifier si les effets adverses constatés ont bien été notés et pris en compte.
 
GlaxoSmithKline affirme avoir volontiers coopéré avec les chercheurs australiens qui, au contraire, disent avoir eu du mal à accéder aux données d’origine. Le laboratoire affirme également que la mise en garde des utilisateurs sur les notices de la molécule est claire « depuis plus d’une décennie », notamment en ce qui concerne la recommandation de ne pas la prescrire aux « enfants ». C’est en effet le cas depuis que la Food and Drug Administration a exigé l’apposition d’un bandeau de mise en garde en 2004…
 
L’utilisation de la Paroxetine, aujourd’hui largement prescrit sous sa forme générique, a provoqué l’ouverture de nombreux procès aux Etats-Unis notamment. Cette nouvelle étude vient jeter une lumière crue sur ce qui était jusqu’alors une « controverse », puisque GlaxoSmithKline n’a cessé d’affirmer que les effets dangereux de la molécule n’étaient pas occultés de son fait.
 

Anne Dolhein