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Plus d’un million et demi de personnes à la manifestation contre l’idéologie du genre au Pérou

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La plupart des régions du Pérou ont accueilli samedi des manifestations géantes contre l’enseignement de l’idéologie du genre dans les écoles. Sous le slogan #ConMisHijosNoTeMetas (« ne touche pas à mes enfants »), plus d’un million et demi de personnes dans ce pays à très grande majorité catholique ont participé à des défilés « massifs » en présence de nombreux élus. L’Eglise n’était pas en reste : le vicaire épiscopal de la commission Famille et vie de l’archidiocèse de Lima a rappelé que « l’éducation est le premier droit des parents vis-à-vis de leurs enfants, ce n’est pas négociable ».
 
« Nous sommes au cœur d’une guerre morale, d’une guerre spirituelle, et le champ de bataille est l’esprit de vos enfants, nous allons le défendre jusqu’à la fin de nos jours », a ainsi déclaré le P. Luis Gaspar, avant d’inviter tous les manifestants à participer également à la Marche pour la vie qui se déroulera à Lima le 25 mars prochain, jour de l’Annonciation et journée pour le respect de la vie humaine dans le continent sud-américain.
 
Une foule immense et pacifique a envahi les places et les boulevards de Lima pour dénoncer les modifications récentes des programmes officiels pour les écoles, un « endoctrinement » dénoncé avec force par les Péruviens qui mettent leur nouveau président, Pedro Pablo Kuczynski, devant ses responsabilités face aux décisions prises par l’ex-ministre de l’éducation Gina Parody. « Le gouvernement veut homosexualiser l’enfance péruvienne », proclamaient certaines banderoles.
 

Au Pérou, la population contre l’idéologie du genre

 
Les reportages de la grande presse sur la marche ressemblent comme des jumeaux à ce qui se faisait en France lors des Manifs pour tous. L’AFP, par exemple, annonçait samedi soir la participation de « centaines de personnes » (sic) à la manifestation de Lima contre l’enseignement de « l’égalité de genre ». Pour autant, le journaliste notait que la « marche massive » comportait plusieurs points de départ dans différents quartiers de la ville pour converger vers la place San Martin, épicentre politique de la capitale. Une marche massive avec des centaines de personnes, cela ne s’invente pas…
 
Et comme en France, le gouvernement affirme que l’idéologie du genre est une pure invention. La nouvelle ministre de l’éducation, Marilu Martens, l’a répété la semaine dernière, assurant que ce concept n’existe pas. Et de préciser : « L’homosexualité ne s’enseigne pas ; mais on apprend l’homophobie… Nous n’enseignons que l’égalité des droits et des devoirs. » Elle a accusé les manifestants de « décontextualiser » les éléments du programme relatif au « genre » – mot déjà chargé puisqu’il vise à éviter de parler de sexe biologique.
 
Le programme évoque l’égalité de genre en ces termes : « Toutes les personnes, indépendamment de leur identité de genre, ont le même potentiel pour apprendre et se développer pleinement ». Faire référence à « l’identité de genre » est déjà une manière d’affirmer l’idéologie du genre. Dans un entretien avec la presse, Mme Martens a affirmé qu’elle était prête à faire enlever ces quelques mots programmes officiels – mais pour l’heure ce n’est pas fait.
 

La lutte contre l’idéologie du genre, une « guerre spirituelle »

 
Dimanche, le ministre de la culture du Pérou, Salvador del Solar, participait par ailleurs à une cérémonie religieuse marquant le 90e anniversaire de la fête de Notre Seigneur de l’Amertume dans le diocèse d’Arequipa. L’archevêque, Mgr Javier del Rio Alba a profité de l’occasion pour demander que l’interdiction de l’enseignement de l’idéologie du genre soit explicitement intégrée dans les programmes scolaires officiels. « Cela ne coûte rien de le faire », a-t-il dit.
 
Le ministre a répondu en invitant les catholiques à réfléchir à propos de ceux que « nous jugeons mauvais ». « Ce que je vois humblement, et avec entier respect, dans Notre Seigneur de l’Amertume, c’est un Christ chargé d’une croix et je me demande qui lui a imposé cette croix. C’est nous qui la lui avons imposée en le jugeant et en le conduisant au calvaire. C’est nous qui le jugeons et qui lui imposons une croix et lui, dans un amour auquel je ne vois pas de frontières, où je ne vois pas de limite, un amour pour tous, se sacrifie pour nos péchés. J’ai l’impression qu’en tant que société nous imposons des croix à ceux qui n’entrent pas dans le moule de notre manière de voir les choses. Je crois que cette réflexion suffit. »
 

Plus d’un million de personnes à la manifestation pour les droits des parents

 
Cette réponse, observe le quotidien péruvien El Comercio, se réfère aux manifestations de haine à l’égard de la population homosexuelle et transgenre qui ont eu lieu au Pérou ces derniers temps. On devine dans la réponse du ministre Salvador del Solar les accents de beaucoup de déclarations faites en ce sens par le pape François, à commencer par celle-ci : « Qui suis-je pour juger ? » Comme souvent, elles sont utilisées pour dénoncer le « pharisaïsme » de ceux qui demandent une affirmation claire de la vérité.
 

Jeanne Smits