Une planète habitable à quelques années-lumière ? La belle affaire !

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La planète Proxima b imaginée par un artiste.


 
Toute la presse reprend l’information : « près de la Terre », faisant le tour de l’étoile la plus proche de notre Soleil, Proxima du Centaure, une planète « potentiellement habitable » vient d’être découverte grâce à l’étude des micro-oscillations inattendues de son astre. On la présente comme « habitable », et on laisse miroiter l’idée qu’un jour, une fois l’homme doté des technologies adéquates, celui-ci pourrait aller y voir de plus près. Y a-t-il de la vie à quelques années-lumière d’ici ? Tel est le message véhiculé par les médias qui aiment suggérer une réponse positive.
 
Rendant compte de l’article scientifique publié par Nature mercredi, l’Agence France presse donne de nombreux détails sur cette planète que personne n’a jamais vue. Sa masse a été calculée : elle est voisine de celle de la Terre. Elle est « vraisemblablement rocheuse », sans qu’on puisse en être sûr. Comme elle se situe dans une zone « habitable » ou « tempérée », elle pourrait bien en théorie posséder de l’eau liquide à sa surface, condition nécessaire à la vie nous dit-on. Car les scientifiques qui sont prêts à tout imaginer n’imaginent pas que la vie puisse être différente de celle qu’on connaît sur la Terre.
 

Proxima b du Centaure, une exoplanète à quelques années-lumière de la Terre

 
La particularité de cette exoplanète, dont on sait finalement si peu de choses avec certitude, est d’être proche : 4,2 années-lumière seulement, ce qui fait tout de même 40 milliards de kilomètres.
 
Peut-elle vraiment abriter la vie ? La pression est forte aujourd’hui dans la presse, notamment en raison de la manière dont les instituts de recherche présentent leurs informations, pour rendre plausible l’existence d’une vie, et même d’une vie intelligente, loin dans l’univers, ce qui est aussi une manière de relativiser le caractère unique de l’être humain, dans la logique d’un évolutionnisme qui tente d’éliminer la spécificité de l’homme, à la fois corps et esprit.
 
Un examen un tant soit peu approfondi des caractéristiques de la planète Proxima b du Centaure (c’est son nom), permet vite de comprendre que l’enthousiasme des médias est probablement exagéré. D’abord, l’existence de la planète résulte de calculs statistiques : même s’ils ne permettent « pas de doute » comme l’a indiqué l’astronome Guillem Anglada-Escudé de l’Université Queen Mary de Londres, cela reste maigre.
 

Une planète « habitable » ? Pas si vite !

 
Les calculs permettent d’évaluer à 11,2 jours la durée d’une révolution de Proxima b autour de son étoile, distante de seulement 7 millions de kilomètres. Mais Proxima est aussi 700 fois moins lumineuse et moins chaude. A priori, il fait quelque 30° au « soleil » sur l’exoplanète – et encore, si elle dispose d’une atmosphère protectrice, ce qui est loin d’être certain. Comme elle se trouve très proche de son astre il est bien possible que, telle la Lune par rapport à la Terre, elle lui présente toujours la même face. Auquel cas sa face froide ne dépasserait jamais les – 30°…
 
Les astronomes reconnaissent donc qu’elle se trouve dans un environnement plutôt « exotique » par rapport à la Terre, avec une difficulté supplémentaire puisqu’elle est bombardée de rayons X et de rayons ultraviolets extrêmes cent fois plus nombreux que ceux qui frappent la Terre. Celle-ci en est protégée, comme des particules solaires, par son atmosphère et la présence d’un champ magnétique lié à son noyau de fer. Rien ne dit que Proxima b soit dotée des mêmes protections, à vrai dire tellement complexes dans leurs caractéristiques et leur interaction pour rendre véritablement extraordinaire qu’un être aussi fragile que l’homme puisse survivre dans l’univers hostile – à moins que la Terre n’ait été taillée sur mesure pour lui.
 
Ce sont ces questions, ces exigences faramineuses pour que la vie telle que nous la connaissons puisse exister dans son harmonie, dans des conditions incroyablement difficiles à réunir, qui devraient interpeller des scientifiques. Il est vrai que cela poserait la question du Créateur et du « dessein intelligent ». Pour les scientifiques, c’est une terra incognita que nombre d’entre eux refusent d’explorer, et dont ils préfèrent même nier l’existence en faisant appel au seul hasard pour expliquer les mystères de la création.
 

Anne Dolhein