Galilée à l’envers : Mgr Sanchez Sorondo de l’Académie pontificale des sciences, veut qu’on accepte le « réchauffement climatique » comme un fait scientifique

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Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des Sciences.


 
Le prélat argentin Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, président de l’Académie pontificale des sciences, a déclaré dans un entretien publié par la version allemande de Radio Vaticana que « Du point de vue scientifique, la phrase selon laquelle la Terre est réchauffée par activités humaines est aussi vraie que la phrase : la terre est ronde ! » Fait scientifique, vérité scientifique… en attendant de devenir vérité de foi ?
 
C’est sous le titre « Vatican : le changement climatique est un fait » que le site germanophone est revenu sur la réception de l’éco-encyclique du pape François, Laudato si’, deux ans après sa parution. Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, un très proche du souverain pontife, y cherche à présenter le discours sur le « réchauffement climatique » d’origine anthropogénique comme une affaire non négociable au sein même de l’Eglise, de la même manière que Laudato si’ appelle à la « conversion écologique », faisant entrer la lutte contre le dit réchauffement dans le domaine moral.
 

Sanchez Sorondo : interdit de contester le réchauffement au nom de la juridiction éthique du pape François

 
En invoquant la rotondité de la Terre, Sanchez Sorondo renvoie évidemment vers l’affaire Galilée, dans laquelle on reproche à l’Eglise d’avoir voulu imposer l’idée que la Terre est plate. La condamnation de Galileo Galilei ne saurait pourtant se résumer à quelque chose d’aussi simpliste : Galilée n’était pas, loin s’en faut, le premier à affirmer que la Terre est ronde – en revanche, il en tirait des conclusions philosophiques avec d’évidentes répercussions théologiques qui pouvaient justifier la mise en cause du raisonnement.
 
Avec Sanchez Sorondo, sous le prétexte apparemment d’éviter à l’Eglise de commettre une erreur scientifique, on a affaire à quelque chose de semblable : une confusion des domaines. Il n’appartient certes pas à l’Eglise de définir les causes d’un réchauffement climatique, à supposer d’ailleurs que celui-ci ait lieu – les faits démontrent en effet que depuis une petite vingtaine d’années, malgré l’augmentation des émissions de CO2 par l’homme, la température de la planète reste stable. Quant à la réponse à apporter à cette situation, elle est elle aussi d’ordre temporelle et prudentielle. Faudrait-il donc que l’Eglise s’en mêle ?
 

De Galilée à Sanchez Sorondo : cherchez l’erreur

 
En outre, la rotondité de la Terre était, du temps de Galilée, une réalité susceptible de démonstration ; le réchauffement climatique est à l’état de théorie avancée sur la foi de modélisations informatiques qui peuvent être erronées, tandis que, s’il existe en effet, son origine anthropique est une deuxième théorie qui se superpose à la première. En faire une vérité à croire relève d’un dogmatisme particulièrement mal placé.
 
Pour le président de l’Académie pontificale des sciences (il est également président de l’Académie pontificale des sciences sociales, c’est dire le crédit dont il jouit auprès du Saint-Père), le pape François a parfaitement « le droit de s’appuyer sur les sciences naturelles et pas seulement sur la doctrine de l’Eglise et la philosophie » pour rechercher la vérité – c’est même un « devoir » selon lui.
 

Pour l’Académie pontificale des sciences, le changement climatique est un fait scientifique

 
Si le pape s’exprime sur un tel sujet, cela ne comporte aucun arbitraire, a déclaré Mgr Sorondo Sanchez, dans la mesure où les paroles du pape ne se limitent pas au domaine de « la doctrine de la foi et de la morale ». Le pape utilise les vérités de la science ou de la philosophie non seulement pour expliquer à l’homme comment atteindre le Ciel mais également pour lui dire ce qu’il doit faire sur la terre, toute activité humaine étant liée à l’éthique et donc déjà « sous la juridiction du pape », a-t-il dit, citant Boniface VIII.
 
Double et même triple problème. D’une part, nous l’avons déjà évoqué, il y a la question de la véracité de ce qui est avancé à propos du « réchauffement » ou du « changement » climatique. De l’autre, il y a l’évidente dérive théocratique (ou plutôt, et plus exactement, « cléricaliste ») dans la volonté de tout soumettre à la juridiction du pape sous prétexte d’éthique mal placée. Une remise en cause sans état d’âme de la distinction entre le spirituel et le temporel ? Au-delà de tout cela, on constate le passage sous silence des principaux objectifs des alarmistes du climat : une gouvernance globale, un relativisme religieux absolu, une mise en cause de la fécondité et de l’activité humaines, voire, au bout du bout, une spiritualité panthéiste avec la « Terre-Mère » pour idole.
 

Jeanne Smits