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Censure d’une publicité à Londres : le maire Sadiq Khan impose la charia au nom du féminisme

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Le maire récemment élu de Londres, le musulman Sadiq Khan, va établir la censure de l’islam sur la publicité dans les transports de la ville, en interdisant les images de femmes en maillot de bain. Pour ne pas « humilier » celles qui les regardent. Une nouvelle avancée de la charia, au nom du féminisme. Fait significatif : il rencontre la soumission des professionnels concernés.
 
Cachez ces femmes que l’islam ne saurait voir. Sûrement, mais non lentement, la soumission de la plus grande capitale d’Europe à l’islam s’opère, et la charia, la loi musulmane, s’y installe, sans remous apparents. L’élection de l’immigré pakistanais Sadiq Khan au siège de maire de Londres le mois dernier devait accélérer le mouvement, et il l’accélère en effet. Parmi les premières décisions symboliques du nouvel élu figure donc un acte de censure manifeste et assumé, caractéristique d’une démarche et d’un moment historique : voilà quelques temps encore, il était interdit d’interdire, la pornographie débordait des murs, maintenant, un maire de gauche et issu des minorités défavorisées peut interdire toute publicité qui montre une femme vêtue d’un bikini.
 

Sadiq Khan utilise les arguments du féminisme

 
Dans un communiqué, le maire de Londres a expliqué sa décision : « Père de deux adolescentes, je suis très préoccupé par ce type de publicité, elle peut humilier les gens, surtout les femmes, et leur faire honte de leur propre corps. Il est temps d’en finir. (..) Personne ne doit se sentir agressé, lorsqu’il voyage dans le bus ou le métro, par une pression exercée par une image irréaliste de ce qu’il peut attendre de son propre corps, et je veux à cet égard adresser un message clair à l’industrie de la publicité. » C’est donc, officiellement, pour que la ménagère obèse pleine de frites et de bière ne soit pas humiliée par les images de belles naïades court vêtues que Sadiq Khan censure la publicité des transports de Londres.
 
La rhétorique compassionnelle du féminisme est ainsi utilisée pour justifier ce qui se présente comme une décision progressiste, une censure vertueuse. Il est significatif que le ministre socialiste de la justice allemande, Heiko Maas, ait récemment promis d’interdire lui aussi la publicité qui « réduit les femmes ou les hommes à des objets sexuels », afin de tenter de créer enfin une « image moderne du genre », après les attaques sexuelles massives commises la nuit de la Saint Sylvestre à Cologne par des migrants majoritairement musulmans. L’idéologie du genre, la lutte prétendue contre la femme objet et la soumission à l’islam marchent ici d’un même pas.
 

La charia s’infiltre par les trous du droit anglais

 
Car c’est bien à la charia que mène en l’espèce la rhétorique du féminisme.
 
La décision du maire de Londres s’inscrit en effet dans un processus où le légal et l’illégal se succèdent pour faire advenir un même but. Il y a cinq ans, des musulmans recouvraient une publicité montrant des femmes en bikini à Tower Hamlets dans l’est de Londres, l’an dernier, un commando féministe se livrait à la même besogne dans le métro.
 
Le mouvement a commencé tout à la fin des années deux mille. C’est alors que sont entrés en fonction un peu partout au Royaume-Uni, mais particulièrement dans ce qu’on nomme le « Londonistan » des tribunaux religieux qui appliquent la charia. Ils traitent la plupart du temps de cas de divorces et d’autres litiges familiaux, et le principal objet de leur attention est la femme musulmane. Un organisme regroupe ces tribunaux (une centaine), le conseil de la charia islamique. Il admet ne pas être encore officiellement reconnu mais « s’efforce de gagner la confiance » du système judiciaire britannique. Selon un professeur de droit anglais, il y réussit, en marge, à cause de la nature du droit anglais : « L’application de la loi de la charia n’est pas reconnue par l’état britannique, mais elle n’est pas interdite non plus. »
 

Londres, sa finance, son maire, sous la loi islamique

 
La difficulté, prévisible, vient du fait qu’une part croissante des couples musulmans prétend se dispenser à cause de cela du mariage civil, se plaçant exclusivement dans le cadre du conseil de la charia islamique, ce qui les met de plus en plus à l’écart de leurs homologues anglais de souche. D’une manière générale le recours à la charia s’étend et de grands cabinets juridiques, tels que Russel Jones and Walker, ouvrent des départements spécialisés en loi islamique. Cela répond à un mouvement général, qu’on mesure aussi dans la banque. Le 28 octobre 2013, le quotidien la Tribune notait que « Londres veut devenir la championne de la finance islamique à l’Ouest » et annonçait le lancement par la City d’une « obligation charia compatible », Sukuk. C’est en 2013 aussi qu’une « patrouille musulmane » se faisait arrêter à Londres après avoir pourchassé dans les rues « pédés, buveurs de bière et femmes en minijupes » pour nettoyer « une terre musulmane », une « charia controlled zone ».
 
Dans ce dernier cas, Scotland Yard avait enquêté, ce qui est caractéristique de l’alternance d’insurrection et de complicité que provoque la conquête progressive de l’espace occidental par l’islam. Au printemps 2014, la Law Society, l’équivalent du barreau de Londres, a recommandé aux avocats qui dépendent d’elle de rédiger des testaments compatibles avec la charia. En expliquant notamment que, selon la charia, la femme n’étant pas l’égale de l’homme devant l’héritage, elle a droit à la moitié des parts prévues pour lui. Ici, il y avait opposition manifeste entre islam et féminisme. La baronne Caroline Cox, membre de la chambre des Lords, s’est écriée « Les suffragettes se retourneraient dans leur tombe » et a proposé une loi interdisant la charia en Grande Bretagne. Celle-ci attend toujours d’être discutée.
 

Le milieu de la publicité participe à la censure

 
Sans doute la Lawyers Secular Society (société des avocats laïcs) condamne-t-elle une recommandation qui légitimise un système « fondamentalement discriminatoire », mais beaucoup de juristes anglo-saxons s’en amusent. Ainsi William Healing, avocat spécialiste de la famille au cabinet Kinglsey Napley estime-t-il que : « Nous vivons dans un pays où le multiculturalisme fait partie du cadre politico-social et c’est dans cet esprit que la Law Society a publié des recommandations afin de répondre à la demande d’une clientèle qui respecte les préceptes d’une religion. » Cela n’est pas contraire au droit britannique puisque celui-ci permet de déshériter qui l’on veut dans une succession, et de tester « même pour son chat ». C’est même ce qui a permis à l’aristocratie anglaise de garder ses domaines intacts aux mains de ses fils aînés au détriment des filles.
 
Ici l’on constate que l’islam fait feu de tout bois et que la charia profite aussi bien du traditionalisme anglais que du féminisme, ou, en d’autres termes, que la soumission cherche n’importe quel prétexte pour justifier sa veulerie. Cette course obséquieuse au devant des demandes musulmanes est particulièrement ostensible dans un milieu qui manifeste d’ordinaire un besoin de liberté d’expression bruyant, celui de la publicité : il court en l’espèce au devant de la censure avec une sorte de masochisme. Le directeur du développement commercial des transports de Londres, Graeme Craig, justifie ainsi la décision du maire Sadiq Khan, laquelle diminuera pourtant ses budgets : « Faire de la publicité sur nos réseaux c’est différent de la télé, du net ou de l’imprimé. Nos clients ne peuvent pas tourner le bouton ou la page si une publicité les blesse ou les bouleverse, et nous devons pour cela nous assurer que ce que nous proposons correspond à cette situation unique. »
 

La soumission à la charia, révolution morale et politique

 
Une prosternation qui rejoint l’annonce en avril de cette année d’une enquête par l’ASA (Advertising Standards Authority), l’organisme de vérification et de régulation de la publicité britannique. Cette enquête portera sur « la chosification et la sexualisation de la femme dans la publicité ». Selon l’ASA, cette enquête est indispensable à cause du « débat politique et public croissant » que mènent les réseaux sociaux et les féministes « offensés » (en anglais offended). Sans attendre les résultats de cette enquête, l’ASA a déjà commencé à interdire toute publicité contenant une image de femme attirante qui pourrait « offenser ou blesser. » La censure a ici pour objet de « changer les attitudes et les comportements ».
 
L’aveu est capital. Nous assistons à une révolution morale. Depuis la fin des années soixante, la propagande de masse s’est exercée pour détruire ce qu’elle a appelé suivant les moments « l’ordre moral », « la morale bourgeoise », la « morale judéo-chrétienne ». Il s’agissait de se débarrasser d’un socle de préceptes et des croyances héritées du christianisme, qui furent réputés tantôt ringards, tantôt oppressifs et intégristes. Le féminisme dominant prêchait, avec les athées et les païens, la libération contre le catholicisme, au nom du progrès. Aujourd’hui, toujours au nom du progrès, nouvelle phase, et convergence d’un certain féminisme avec l’islam.
 

De Londres à Orlando, une dialectique maçonne antichrétienne

 
Cela ne veut pas dire cependant que le conflit entre l’humanisme maçon et l’islam n’existe plus. Au contraire. On le voit par la tuerie d’Orlando, quel que soit le motif exact de l’attentat : le rigorisme sexuel de l’islam ne s’accommode pas de l’idéologie du vagabondage intégral et du plaisir à tout va dont les homosexuels sont les malheureux porte-drapeaux. Il y a un choc de non civilisations entre l’oumma maçonnique et l’oumma islamique.
 
Mais il faut relever que le seul véritable ennemi de la maçonnerie est le christianisme. Le « patriotisme de terrasse » ou de boîte gay, les slogans Je suis Charlie, ou Bataclan, ou Orlando, en sont la marque : ce n’est pas l’islam que stigmatisent les médias, mais l’intégrisme, l’inquisition, le rigorisme maladif. On mobilise la « bonne santé » païenne contre les « fous de Dieu », et ces fous ne sont pas à débusquer dans l’islam, mais dans les frustrations que l’Occident post-chrétien impose aux immigrés !
 
Pourtant, la censure décidée par le maire de Londres Sadiq Khan devrait ouvrir les yeux à cet égard : il fut décrit à son élection comme non pratiquant acquis aux valeurs laïques. C’est dire que, à l’image de la plupart des hommes politiques d’Occident, ses convictions affichées n’entrent pour rien dans ses décisions, lesquelles sont établies par les forces politiques et religieuses qui l’ont mis là où il est. L’islam, la charia qui s’installe à Londres, sont bien l’ennemi de la civilisation chrétienne qui a permis à l’Europe d’être ce qu’elle est, mais ils ne sont pas celui du mondialisme maçon, qui, à travers une dialectique patiente, entend réduire l’Europe et le christianisme à néant.
 

Pauline Mille