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Théories du complot : bientôt un cours au lycée ?

Théories du complot : bientôt un cours au lycée ?
 
Les médias parlent d’un « spectacle navrant », quand elles sont le fait d’adultes. Ils s’inquiètent davantage quand elles touchent les enfants. Les théories du complot ont vu un boulevard d’expression s’ouvrir devant elles avec l’arrivée de l’internet. Les jeunes, attirés par le non conformisme et mus par la fascination de l’interdit, les voient, les lisent, les transmettent. Et ça n’est pas du goût de l’Éducation Nationale. Au lycée Paul-Eluard à Saint-Denis, deux professeurs ont eu l’idée d’un nouveau cours… Ils parlent d’« un enjeu de citoyenneté majeur ».
 

Les théories du complot dans le collimateur

 
Ces deux enseignants de région parisienne, professeurs d’histoire-géographie et de français, ont été confrontés aux doutes de leurs élèves sur la réalité des attentats du 7 janvier contre Charlie Hebdo. D’un commun accord, ils ont décidé de décortiquer, à deux, les théories relayées par les adolescents de cette classe de seconde.
 
« On a eu des confusions à cause d’Internet qui transmettait de mauvaises informations ou qui donnait d’autres idées, qui nous faisait douter en fait… Il y en a qui disent que c’était un complot, que le policier à l’entrée de Charlie Hebdo, il n’a pas été tué » dit l’un d’entre eux.
 
Les professeurs leur ont fait visionner certaines vidéos incriminées, analysant leur « logique », démontrant leur flou et prouvant leur nocivité : « A quoi a-t-on affaire ? Allez, je vous aide : c’est comme au théâtre. Une mise en scène, exactement. Que remarquez-vous d’autre ? Quel est le temps utilisé ? Le conditionnel. Et quelle expression est répétée souvent ? “ Soi-disant ”. Quel est le but ? Quel est l’intérêt de poser une série de questions sans donner la réponse ? » Et les vidéos-exemples de 20 minutes sont l’occasion d’expliquer en quoi consiste le vrai travail des journalistes, « le croisement des sources, la vérification »
 

Pour demain : des cours au lycée et à l’université ?

 
« Travailler l’esprit critique » et « responsabiliser » les élèves sur la diffusion d’informations sur Internet ! Selon Najat Vallaud-Belkacem, notre ministre de l’Éducation nationale, « un jeune sur cinq adhère aux théories du complot ». Et depuis la mi-janvier, s’est mise en branle dans les écoles, collèges, lycées, une machine étatique impressionnante. Éditions spéciales des journaux lycéens, expositions de dessins, émissions webradiophoniques, blogs réalisés par les élèves… Tout est bon au dire – surtout pas au laisser dire.
 
Le portail web « eduscol.education » de l’éducation nationale fournit une pleine page de documents, de références, de pistes de travail, pour « traiter » – avant même de parler de « complot » – ce sujet houleux. Les items sont attendus : accueil de l’émotion de l’élève, fondements de la République, laïcité, droits de l’homme… Et, bien évidemment, la liberté de la presse à la française, immense, la liberté d’expression sacralisée – pas du tout écornée par les lois Pleven, Gayssot et Perben qui au contraire l’auréolent. Des associations sont proposées dans cette éducation aux media, cette éducation à la citoyenneté : parmi cette toute petite dizaine, le MRAP, SOS Racisme, la LICRA.
 
Il y a un affolement réel de ces enseignants élevés au biberon du discours humaniste-républicain, devant la tranquillité de certains enfants disant regretter que les tueurs n’aient pas d’abord coupé les mains de leurs victimes… Il y a aussi la volonté de clore toute autre source d’informations que celle de ce discours officiel. Aux États-Unis, dans certains lycées et universités, est déjà proposé un cours, régulier celui-là, sur les théories du complot. Un démontage systématique et systémique qui va « des extraterrestres en passant par la musique et la culture pop jusqu’au 11 septembre ». La paranoïa n’est peut-être du côté que l’on croit.