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Le pape François a reçu un homme “transgenre” au Vatican – et légitimé le “mariage” des LGBT ?

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La « communauté LGBT » y voit une victoire et un signe d’espérance : le pape François a reçu, fin janvier à la Maison Sainte-Marthe, un Espagnol qui a changé de sexe voici huit ans en subissant traitements et opérations. Diego Neria Lejárraga, 48 ans, avait écrit au pape en novembre pour lui faire part de sa « souffrance » devant le rejet dont il faisait l’objet de la part des catholiques de sa ville natale, qui est aussi le lieu où il vit : Plasencia, en Estrémadoure. Un prêtre croisé dans la rue lui avait dit – racontait-il – « Tu es la fille du diable. » Catholique, croyant, désireux de pratiquer, il a raconté ses « larmes » au pape François, demandant si « aujourd’hui, après sa réassignation de genre, il y a un petit coin pour lui dans la maison de Dieu ». Le pape l’avait appelé par surprise une première fois, le jour de l’Immaculée Conception, puis le 20 décembre, pour fixer le rendez-vous à Rome.
 
Le geste du pape, qui a abouti à une rencontre discrète, « hors agenda », que le Vatican n’a ni confirmée ni infirmée, est interprété par les militants pour les droits « lesbiennes, bi, gay et trans » comme un événement hautement symbolique. Francis DeBernardo, directeur exécutif de l’association pro-LGBT New Ways Ministry, qui vise spécifiquement les catholiques, y voit une manifestation de la volonté du pape Français de rapprocher l’Eglise des « périphéries ». Sans s’attendre à des changements rapides à l’enseignement de l’Eglise sur les droits LGBT, il a noté que « la méthode du pape semble favoriser un changement lent et graduel, son exemple va encourager d’autres leaders de l’Eglise à aller chercher et à avoir des conversations avec des individus transgenre et d’autres qui font partie de la communauté LGBT ».
 

La communauté LGBT se réjouit

 
Cet « exemple personnel » donné par le pape, plus que des affirmations doctrinales, sera d’une grande « puissance » et peut « vraiment aider à l’avènement de beaucoup de bien », a ajouté DeBernardo. Quel qu’ait été l’objectif du pape François, le fait d’avoir reçu une femme devenue « homme » aura cette retombée dans l’opinion : on a le droit d’être « transgenre », de changer de sexe.
 
Cela n’enlève rien à la réalité des souffrances subies par Diego Neria Lejárraga qui raconte à son journal local Hoy combien il s’est détesté tant qu’il était fille, haïssant son propre corps, refusant de se regarder dans la glace. Soutenue par ses parents, catholiques et généreux, elle avait promis à sa mère de ne pas changer de sexe tant que celle-ci vivrait. Un an après sa mort, elle subissait les opérations esthétiques et traitements qui allaient la transformer extérieurement en homme. Sans pour autant modifier la réalité de son ADN et la vérité de son corps. Le désordre psychique dont cette personne a souffert a été gommé par ce qui constitue au fond un mensonge.
 

“Transgenre” et mutilation

 
L’opération de changement de sexe est en soi une mutilation qui n’aboutit pas à faire du « transgenre » un homme ou une femme véritable, ni la capacité de procréer. La « dysphorie de genre » – se sentir prisonnier d’un corps au sexe opposé au « sien » – n’est pas une maladie biologique qui se soigne, mais une perception de l’esprit qui requiert une aide psychiatrique qui aide à retrouver l’unité intérieure. La plupart des transsexuels opérés ont besoin – outre les dangereuses hormones qu’ils doivent avaler chaque jour – d’une psychothérapie d’accompagnement : c’est révélateur.
 

Transsexuel, transgenre et les rites de l’Eglise

 
En tout état de cause, le transsexuel ou « transgenre » ne peut prétendre se marier validement selon les rites de l’Eglise. Il reste homme ou femme, tel qu’il l’était à la naissance, et il ne peut consommer le mariage selon son nouveau sexe, ni être ouvert à la vie.
 
Que ces personnes aient besoin d’aide et de compassion, c’est l’évidence même, et elles doivent, comme chacun, se savoir aimées de Dieu et créées à son image et ressemblance. En ce sens, l’accueil discret par le pape régnant d’un « homme » transgenre n’est pas en soi choquant : l’Eglise a des choses à lui dire, et à lui dire avec bonté et compassion, dans la vérité.
 

Le pape François sème de nouveau la confusion

 
Mais deux éléments brouillent le tableau. D’abord, même si l’on ne saura jamais ce qui s’est dit lors de cette rencontre, aux yeux du monde et des médias elle est une consécration du choix de Diego Neria Lejárraga et alimente ainsi l’idée selon laquelle l’Eglise peut changer son enseignement et sa doctrine par compassion « pastorale ». C’était une conséquence prévisible. Hoy évoquait « la rencontre bénie entre François et Diego ».
 
Deuxièmement, et de manière encore plus grave, le pape a invité Diego à venir avec « sa femme », raconte l’intéressé à Hoy. De fait, les deux ont été reçus le 24 janvier par le pape François, qui a ainsi accrédité, au moins en public, l’idée de la légitimité de l’union qu’entend contracter « Diego ». Union pourtant impossible. L’article de Hoy assure qu’il « formera bientôt avec elle une famille ». Qu’est-ce à dire ? Quelle famille, puisqu’il y a une impossibilité radicale de transmettre la vie – qui n’a rien à voir, rappelons-le, avec la stérilité qui peut affecter douloureusement un couple légitime ?
 

Le mariage sous les coups des LGBT

 
Au nom de la marche vers les « périphéries » chère au pape François, on se trouve ici devant un double scandale public (qui ne préjuge pas de ce qui s’est dit, en réalité, au Vatican, entre « François et Diego ») : l’apparente approbation de l’opération de changement de sexe, et l’apparente approbation d’un mariage qui sera nécessairement frappé de nullité.
 
Une autre question se pose. Le transgenre Diego Neria Lejárraga a reçu, dans ses démarches auprès du pape, le soutien de l’évêque de Plasencia, Amadeo Rodriguez Magro, qui l’a aidé à faire parvenir sa lettre à François. Cet évêque n’a pourtant pas fait mystère de son opposition au « mariage » des couples de même sexe et a participé l’été dernier à l’édition d’un nouveau catéchisme pour adultes qui rejette l’idéologie du genre et le discours de « l’orientation sexuelle ». Entre souci pastoral et manipulation par un lobby qui sait se saisir des cas particuliers pour susciter la sympathie, les réponses sont ouvertes.