Au Vatican, “Caritas” s’engage pour l’acceptation des migrants à travers la campagne « Partagez le voyage »

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Michel Roy, secrétaire général de « Caritas Internationalis », parle de « Partage du voyage », une campagne qui débutera fin septembre pour encourager les gens à rencontrer et à écouter les migrants et les réfugiés. Roy a été interviewé le 27 juillet dans son bureau du Vatican.


 
Se mettre dans la peau d’un migrant. Il n’y a pas de moyen plus efficace pour promouvoir l’acceptation de l’étranger, estime le Vatican. L’organisation caritative catholique Caritas Internationalis s’engage dans cette démarche en mettant en place un nouveau programme mondial destiné à promouvoir la rencontre avec « l’autre ». Il sera officiellement lancé fin septembre par le pape François et consistera en une série de rencontres organisées sur 24 mois entre des personnes habitant les lieux de départ, de passage ou arrivée des migrants, et ces derniers. Le programme a reçu le nom de « Partagez le voyage ».
 
Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis, s’en est expliqué auprès de l’agence américaine Catholic News Service, soulignant qu’il s’agit de « faire tomber les murs » érigés dans les cœurs et les esprits à travers la prise de conscience des histoires de ceux qui ont été contraints à partir, qu’ils soient simples migrants ou réfugiés.
 

Partagez le voyage d’un migrant ! Caritas s’engage en vue de « l’acceptation »

 
« On peut avoir peur des migrants lorsqu’un grand groupe de personnes arrive, mais lorsqu’on rencontre un migrant, alors, on a une vision différente », explique-t-il. Écouter leurs histoires fait comprendre « qu’il s’agit d’êtres humains, des êtres humains qui ont beaucoup souffert : ils ont quitté une situation où ils ne pouvaient continuer de vivre en raison de la violence de la misère ». « Une fois que l’on comprend l’histoire de la personne, alors on aura une attitude différente », a-t-il ajouté.
 
Ce n’est pas faux, évidemment. L’empathie à l’égard des personnes relève des sentiments individuels et du sens, pour ne pas dire du devoir personnel de charité. Mais en l’occurrence, il ne s’agit pas tant d’appeler les catholiques à la charité individuelle et encore moins – horresco referens ! – à la participation aux efforts d’évangélisation de ces populations déplacées, que d’agir sur un rejet politique aujourd’hui bien ancré dans de nombreux pays hôtes.
 
Or la politique d’immigration est (ou devrait être) dictée par les besoins du bien commun au sein des nations souveraines et relève de la charité politique, précisément.
 

Sous François, le Vatican fait campagne pour l’accueil des migrants

 
Michel Roy dit cela assez clairement en soulignant que la plupart des gens qui votent pour des partis qui « épousent » les sentiments anti-immigrés, « n’ont jamais rencontré un migrant », ce qui fait d’eux les proies faciles des politiques qui parviennent à les persuader qu’il y a des raisons d’en avoir peur. C’est cette peur qu’il s’agit de faire reculer à la faveur de ce nouveau programme.
 
L’idée a été lancée par le cardinal Luis Antonio Tagle, évêque de Manille aux Philippines et président de Caritas Internationalis, qui a sollicité en juin l’ensemble des membres de la fédération pour participer à la campagne. « Une des questions les plus importantes que nous pouvons nous poser en tant qu’individus, communautés et pays en ces heures de mouvements de population massifs et de doutes global est celle-ci : “Est-ce que je laisse la peur dominer dans mon cœur, ou est-ce que je permets à l’espérance de régner ?” »
 

“Caritas Internationalis” : l’action caritative au service d’une politique

 
Plusieurs conférences épiscopales à travers le monde entendent participer à l’initiative « Partagez le voyage » qui s’appuie sur la volonté du pape François, manifestée à travers ses paroles et « ses gestes, surtout », d’« inviter chaque personne sur terre à devenir accueillante », à protéger les migrants et à les aider à s’intégrer dans la société de leur pays de destination. L’initiative de Caritas constitue une réponse à cet appel, a indiqué le secrétaire général : « Les catholiques ne sont pas tous convaincus de ce que nous devons accueillir volontiers les migrants, alors je pense que nous devons faire ce travail au sein de l’Eglise elle-même », tandis que les catholiques en tant qu’individus devraient s’engager personnellement à « rencontrer un migrant ou un réfugié ».
 
C’est évidemment une vision très irénique du problème de la migration massive, des problèmes culturels – et pas seulement – qui en résultent, et de la réalité de l’expansion islamique au sein des pays de vieille civilisation chrétienne. Ou l’art de passer délibérément à côté de la vraie nature d’un programme mondial de brassage des populations et des religions, voire de destruction délibérée de la chrétienté.
 

Anne Dolhein