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La banque Goldman Sachs accusée de soutenir la dictature de Maduro en rachetant des obligations à la banque centrale du Venezuela

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La banque américaine Goldman Sachs est sous le feu des critiques depuis la divulgation lundi soir par leWall Street Journal (WSJ) d’une bien vilaine transaction : le rachat à 31 % de leur valeur nominale d’obligations de la compagnie pétrolière publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA) arrivant à échéance en 2022. Cette transaction avec la banque centrale du Venezuela a été passée par l’entremise d’intermédiaires dont on ne connaît pas l’identité, et elle a permis à Goldman Sachs d’obtenir pour 865 millions de dollars environ un paquet d’obligations dont la valeur faciale est de 2,8 milliards. D’après les sources du WSJ, la banque américaine parierait sur une chute prochaine du régime de Maduro suivie d’un doublement de la valeur de ces obligations, et elle aurait aussi été attirée par la rémunération élevée de ces obligations face au risque de faillite du pays. Le prix payé par Goldman Sachs est par ailleurs de 30 % inférieur au prix du marché actuel pour les obligations de PDVSA.
 

Des obligations bradées par le régime de Nicolas Maduro : l’opposition menace de ne pas rembourser Goldman Sachs

 
Néanmoins, en faisant une bonne affaire, Goldman Sachs apporte aussi une injection de liquidités au gouvernement du président Maduro et l’opposition vénézuélienne reproche à la banque de financer la poursuite des répressions qui ont déjà fait une soixantaine de morts en deux mois. Julio Borges, le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne largement dominée par cette opposition depuis la défaite cuisante du parti socialiste de Nicolas Maduro aux élections législatives de décembre 2015, a réagi par une lettre au PDG de Goldman Sachs. HENRIQUECAPRILESLLL Dans cette lettre, il se dit atterré par la décision de Goldman Sachs de financer un régime dont les violations des droits de l’homme sont reconnues par de nombreux gouvernements et organisations internationales alors que le Code éthique de la banque stipule l’importance du respect des droits de l’homme dans la conduite de ses affaires. Julio Borges prévient aussi qu’un futur gouvernement démocratique du Venezuela pourra refuser de payer ces obligations. Le journal espagnol El Confidencial fait remarquer que Goldman Sachs n’est pas la seule banque d’investissement américaine à financer le régime de Maduro puisque JP Morgan a toujours des bons du trésor vénézuéliens dans son indice de référence de la dette souveraine des pays émergents.
 

Goldman Sachs accusé de soutenir la répression du régime socialiste du Venezuela

 
D’après les sources proches de l’opération  de Goldman Sachs, la banque américaine n’est pas motivée politiquement : elle a simplement flairé la bonne affaire à un moment ou le gouvernement de Nicolas Maduro est contraint de brader les avoirs du pays. Depuis la crise des subprimes en 2008-09, tout le monde sait que la banque Goldman Sachs ne s’embarrasse pas de scrupules pour gagner de l’argent sur le dos des gens.
 

Olivier Bault