Fils d’un esclave d’origine africaine, sans doute éthiopienne, et converti au christianisme, né à San Fratello, en Sicile, vers 1526, il travailla aux champs pour le maître de ses parents jusqu’à l’âge de 18 ans ; il fut affranchi soit à cet âge, soit dès sa naissance. Il acheta alors deux bœufs et commença de travailler pour son propre compte ; il partageait son temps libre entre la prière et le soin des malades et des pauvres.
Quelques années plus tard, et après avoir subi un certain nombre de moqueries en raison de sa couleur de peau, il abandonna ses biens et se fit ermite à la suite de Jérôme Lanza qui, dans les environs de Messine, avait fondé une petite communauté placée sous le patronage de saint François d’Assise. La communauté se déplaça peu après non loin de Palerme et Benoît, qui accomplissait des guérisons miraculeuses et attirait les foules, en fut nommé supérieur après la mort de Lanza.
En 1562, le pape Pie IV prononça la dissolution de la communauté pour la réunir formellement à l’ordre franciscain. Benoît fit alors ses vœux au couvent Sainte-Marie-de-Jésus à Palerme et fut nommé, pour sa plus grande joie, aux tâches les plus humbles : il fut notamment cuisinier, et on raconte que la nourriture se multipliait miraculeusement entre ses mains. Sa réputation de sainteté était telle qu’il attirait des foules nombreuses et qu’il devait se déplacer en cachant son visage.
Par la suite, Benoît fut nommé vicaire du couvent et maître des novices ; sa science théologique impressionna les érudits, lui qui n’avait reçu qu’une formation sommaire et qui ne savait même pas lire. A la fin de sa vie, il fut à sa demande relevé de ses fonctions et retrouva sa place en cuisine, où il attirait toujours de très nombreux pèlerins. Il mourut à Palerme le 4 avril 1589 et fut canonisé par Pie VII le 24 mai 1807.