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  Le livre blanc de Theresa May sur le Brexit aggrave la rébellion dans son parti, Donald Trump enfonce le clou  

 
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Quand Theresa May, cherchant à calmer la rébellion au sein de son parti, vantait jeudi sa vision du Brexit, dévoilée sous la forme d’un livre blanc de 98 pages, en assurant que la sortie de l’UE donnerait la possibilité de « faire tomber les barrières bureaucratiques qui frustrent les entrepreneurs des deux côtés de l’Atlantique », elle ne savait pas que Donald Trump avait déjà apporté un démenti à cette affirmation dans un entretien avec le Sun.
 

Donald Trump critique l’immigration de masse et le faux Brexit

 
Avant son élection et depuis son accession à la présidence des Etats-Unis, le « populiste » Trump avait essuyé des critiques violentes de la part des dirigeants européens, y compris de la part de Mme May. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à l’occasion du sommet de l’OTAN à Bruxelles puis de sa visite d’État de quatre jours au Royaume-Uni entamée jeudi, en attendant sa rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki lundi, le président américain a rendu à ses homologues européens la monnaie de leur pièce. Après avoir mis en garde l’UE contre l’immigration-invasion devant les journalistes à Bruxelles, Donald Trump a prévenu que la Grande-Bretagne était « en train de perdre sa culture » à cause de l’immigration. Sur le Brexit, il a remarqué non sans une certaine ironie que le Brexit proposé par May aux Britanniques « n’est pas ce pour quoi ils ont voté ». Quant à la possibilité d’un accord commercial entre les deux pays anglo-saxons, le président américain a affirmé dans son entretien avec le Sun que si le Royaume-Uni choisit de rester soumis aux règles européennes, il préférera négocier directement avec Bruxelles. Toutes ces remarques venaient d’un président qui, il y a quelques jours, confiait que selon lui le ministre démissionnaire Boris Johnson ferait un excellent Premier ministre.
 

La rébellion en cours chez les Tories pourrait faire tomber le gouvernement de Theresa May avant la pause estivale

 

 
Il faut 48 lettres de députés pour obtenir un vote de défiance contre le gouvernement en place et ce nombre semblait près d’être atteint ce vendredi. Parmi les concessions vis-à-vis de l’UE contenues dans le livre blanc de Theresa May, la promesse de respecter les règles européennes de la concurrence empêcherait Jeremy Corbyn, le chef de parti travailliste, de mettre en œuvre son programme socialisant. Selon l’éditorialiste Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, cela augmente grandement les chances de voir au moins une partie des Travaillistes joindre leurs voix à un vote de défiance convoqué par les Conservateurs pro-Brexit.
 

 

Le livre blanc sur les conditions du Brexit publié par le gouvernement de Theresa May, une trahison des promesses faites aux Britanniques

 

 
Dans son livre blanc, le gouvernement britannique a également abdiqué sur les clauses de « non-régression » voulues par le négociateur de l’UE Michel Barnier à propos des règles relatives à l’environnement, à l’emploi et aux politiques sociales. Du point de vue européen, cela empêchera tout dumping économique, social ou environnemental de la part des Britanniques, mais du point de vue britannique, cela empêchera au pays de regagner en compétitivité. Pas de clause de « non-régression » en revanche en ce qui concerne les positions de Theresa May sur les conditions de la sortie de l’UE, qui ont fortement régressé ainsi que le démontre cet article du Telegraph énumérant les cinq grands points sur lesquels le premier ministre ne respecte pas les promesses faites aux Britanniques : les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE seront sous la juridiction de la Cour de Justice de l’UE, le Royaume-Uni conservera « l’acquis » communautaire et devra accepter toutes les règles futures de l’UE, le Royaume-Uni aura de ce fait les mains liées et ne pourra pas signer librement des accords commerciaux avec d’autres pays ou blocs, et enfin le Royaume-Uni formera avec l’UE un « territoire douanier associé » ressemblant fort à une sorte d’union douanière.
 
Ce livre blanc n’est donc pas de nature à calmer la rébellion au sein du Parti conservateur ni la colère prévisible des électeurs, bien au contraire, et Donald Trump a raison de dire que ce n’est pas ce pour quoi les Britanniques ont voté lors du référendum de 2016.
 

Olivier Bault