Enfants de moins de trois ans : rien de pire que la crèche !

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Il n’y a rien de pire pour les enfants de moins de trois ans qu’une crèche collective : tel est le résultat d’études longitudinales évaluant l’état psychologique des jeunes à l’âge de 20 ans, selon la psychanalyste et travailleuse sociale clinique Erica Komisar. Elle a été interrogée en marge de la deuxième édition, à Londres, du forum ARC (Alliance for Responsible Citizenship) fondé à l’initiative du psychologue anti-woke Jordan Peterson, par Andreas Wailzer, qui lui a demandé des conseils pour les parents au sujet de la petite enfance. Les petits enfants « ont besoin de la présence physique et émotionnelle de leur mère », affirme-t-elle. Il y a des solutions plus ou moins bonnes quand celle-ci est impossible, mais la crèche est celle qu’il faut rejeter au risque d’exposer les enfants à des conséquences négatives tout au long de leur vie.

La raison ? C’est au cours des trois premières années principalement que se développe le cerveau droit, celui des émotions, et ce alors que les tout-petits sont à cette époque particulièrement fragiles et doivent apprendre progressivement à faire face aux difficultés de la vie.

 

Enfants de moins de trois : « neurologiquement et émotionnellement fragiles »

« Les bébés ne naissent pas résilients ; ils naissent neurologiquement et émotionnellement fragiles », note Erica Komisar. « Ils ont besoin de la présence physique et émotionnelle de leur mère ou de leurs principales figures d’attachement au cours des trois premières années pour leur procurer un sentiment de sécurité et de confiance. »

Il s’agit de ne pas rompre brusquement l’environnement protecteur créé par la grossesse, puis la période d’allaitement : après la naissance, la proximité de leur mère qui les porte en quelque sorte sur son corps, et ils « restent très proches physiquement et émotionnellement de leur mère » : « Cela les aide à apprendre progressivement à tolérer le stress. »

Se voir confiés subitement à des étrangers et pour de longues durées fait augmenter leur taux de cortisol en provoquant un énorme stress délétère pour le cerveau : « Nous savons donc que lorsque nous augmentons ces niveaux de cortisol, les bébés entrent dans une sorte d’état de stress hypervigilant, et ils demeurent dans cet état », a-t-elle poursuivi. « Cela conduit à différents troubles tels que l’anxiété, les premiers signes d’agressivité, le TDAH et la dépression, plus tard, au cours de la scolarité. »

 

La crèche fait des tout-petits en manque de sécurité

Ce sont des données qui résultent de « décennies de recherche » sur les phénomènes d’attachement, à travers les neurosciences et l’épigénétique, a-t-elle précisé, évoquant des études longitudinales selon lesquelles la plupart des enfants qui ne sont pas correctement attachés à leurs parents lorsqu’ils ont un an font preuve d’insécurité vingt ans plus tard, avec un taux plus élevé d’anxiété, de dépression, de TDAH et de problèmes de comportement.

En passant, Erica Komisar a souligné le mensonge du discours sur la socialisation des enfants avant trois ans : les tout-petits ne jouent pas ensemble à cet âge-là, contrairement à ce qu’on raconte, dit-elle, mais « en parallèle ». Ce n’est que vers 4 ou 5 ans que cela se met en place, aussi estime-t-elle que l’école maternelle n’est en rien un besoin pour les enfants, et que les parents peuvent aussi avoir recours à des groupes de jeu ou d’autres activités pour habituer les enfants à une séparation progressive avant l’entrée à l’école.

Elle explique aussi que lorsque ce maintien de l’enfant auprès de sa mère n’est pas possible, il y a une hiérarchie des solutions. La première est d’avoir recours à un proche familial : le père, puis les grands-parents, une tante… Ou à défaut, confier l’enfant à quelqu’un qui officie dans cette logique : une voisine ou une nounou, l’important étant que ce soit la même personne. Si des raisons économiques l’imposent, elle suggère de partager une nounou avec une autre famille, l’important étant toujours que le tout-petit puisse compter sur la proximité de la même personne.

 

Ne pas « jeter » des enfants de moins de trois ans

Interrogée sur ce que les parents devraient faire s’ils doivent tous les deux travailler, Erica Komisar a proposé une métaphore pour souligner où devraient se situer les priorités :

« Si vous êtes dans un avion et que l’avion ne peut pas supporter le poids à bord, et qu’il descend, que serez-vous prêt à jeter par-dessus bord de l’avion ou de l’hélicoptère pour le maintenir en vol ? … Les bagages, les objets matériels. Vous ne voudrez pas jeter les gens par-dessus bord. Donc, vous serez prêt à tout jeter matériellement, sauf les personnes. Dans la société, nous avons appris aux jeunes à jeter les personnes en premier… Donc, quand vous dites que vous n’avez pas les moyens, demandez-vous d’abord si vous avez jeté toutes les chaussures, tous les bagages, toutes les vacances, le budget vestimentaire dont vous disposez, tous les dîners au restaurant, tout ce qui est matériel, demandez-vous si vous avez jeté tout cela avant de jeter votre bébé. »

Bien sûr, en France, tout va à l’encontre de la proximité entre la mère et son tout-petit au cours de ses trois premières années : le coût de la vie, du logement, de toutes ces choses qui font partie des premières nécessités. Et s’il y a des aides publiques, elles sont orientées vers la garde des enfants pour maintenir les femmes au travail – une garde qu’il faut donc organiser de manière à minimiser le stress du tout-petit.

C’est le prix à payer pour son équilibre durable… et celui de la société, puisque la socialisation précoce entraîne des problèmes sociaux plus tard – et toujours plus de socialisme, alors que leur règlement est collectivisé.

 

Jeanne Smits