Il naquit à La Ferté-Saint-Cyr, au sud-ouest d’Orléans, le 7 septembre 1876. Eduqué chrétiennement, il s’orienta très tôt vers la prêtrise et entra au petit séminaire à Blois dès 1887. Ordonné prêtre le 22 octobre 1899, et malgré une maladie qui le suivrait tout sa vie, il entra bientôt dans la congrégation du Saint-Esprit pour devenir missionnaire.
En 1903, il fut nommé vicaire à la paroisse de Saint-Louis-du-Sénégal ; il s’occupa là-bas particulièrement de l’éducation. Mais, en 1904, suite aux lois Combes, les religieux furent exclus de l’enseignement. Daniel Brottier fonda alors plusieurs œuvres afin de poursuivre sa mission auprès des enfants.
Toujours malade, il dut faire un séjour en métropole en 1906, avant de retourner au Sénégal en janvier 1907. Après quatre années à travailler pour faire fleurir ses œuvres, il dut à nouveau rentrer en France en raison de ses problèmes de santé. Là, après un bref essai chez les trappistes de Lérins, il fut nommé vicaire général de Mgr Jalabert, évêque de Dakar, avec pour mission, en demeurant en France, de lever des fonds pour construire la cathédrale du Souvenir-Africain à Dakar.
En 1914, Daniel Brottier se porta volontaire comme aumônier militaire et fut attaché à la 26e division d’infanterie. Il servit sur plusieurs champs de bataille meurtriers, comme dans la Somme ou à Verdun. Placé par son évêque sous la protection de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, pour laquelle il développa une dévotion toute particulière, il ne fut jamais blessé. Pour son courage et son dévouement, il reçut la Croix de guerre et Légion d’honneur.
Après la guerre, en 1923, il fut nommé à la direction de la fondation des orphelins apprentis d’Auteuil, qui, réunissant 70 enfants, croulait sous les dettes. Plaçant la fondation sous le patronage de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, il parvint à rétablir ses finances et à la développer à grande échelle : en 1935, la fondation s’occupait de plus de 4.200 enfants.
Encore et toujours poursuivi par sa maladie, le père Daniel Brottier mourut à Paris, le 28 février 1936. Il fut béatifié par Jean-Paul II le 25 novembre 1984 : « Prêtre, religieux, sa grande activité “découlait de son amour de Dieu” comme l’a dit un témoin. A la fois humble et vrai, actif jusqu’aux limites du possible, serviteur désintéressé, Daniel Brottier avançait avec audace et simplicité car il travaillait “comme si tout dépendait de lui, mais aussi sachant que tout dépend de Dieu”. »