L’évêque auxiliaire de Bois-le-Duc, au Pays-Bas, Mgr Robert Mutsaerts a publié un article sur son blog pour dénoncer la théologie libérale comme un « danger qui vient de l’intérieur », citant Hilaire Belloc qui « n’avait pas peur des “barbares qui secouent les portes”, mais du danger qui vient de l’intérieur ».
Mgr Mutsaerts écrit : « Je voudrais maintenant m’adresser aux théologiens et croyants libéraux. Non pas pour les accuser, mais pour les inviter à reconsidérer leur position. Car si Belloc avait raison, et s’il s’adressait à nous aujourd’hui, il dirait peut-être : le christianisme en Europe est menacé non seulement par la sécularisation, mais aussi par une théologie qui ne fait plus confiance à ses propres fondements. »
Citant l’exemple allemand, l’évêque écrit : « Le point essentiel est le suivant : en théologie catholique, l’action pastorale est indissociable de la vérité. (…) L’Eglise peut se montrer indulgente envers la culpabilité, offrir un accompagnement dans la formation de la conscience et guider les fidèles pas à pas, mais elle ne peut déclarer moralement bon ce qu’elle a toujours considéré comme intrinsèquement désordonné. »
Il ajoute que « la grande tragédie est que lorsque le péché disparaît, le pardon perd également tout son sens. Et sans pardon, la grâce devient un mot vide de sens. Tout comme la bénédiction. Il ne reste alors qu’un christianisme qui ne sauve plus les hommes, mais se contente de les accompagner. Vers l’abîme ». Et : « Le Christ n’est pas un symbole de valeurs universelles, mais une présence historique, concrète et perturbatrice de Dieu lui-même. Une théologie qui rend le Christ “sûr” pour l’homme moderne le rend méconnaissable pour l’Evangile. »
« Belloc ne craignait pas les barbares aux portes, mais la civilisation qui avait oublié son âme. Il ne craignait pas la raison, mais la raison sans foi. Il ne craignait pas la modernité, mais l’homme qui avait oublié qu’il avait besoin de pardon. La seule chose que nous ayons à craindre, c’est une théologie qui n’ose plus croire ce qu’elle a autrefois proclamé », conclut-il.











